Les firmes en croissance malgré la pénurie de main-d'oeuvre


Édition du 23 Février 2019

Les firmes en croissance malgré la pénurie de main-d'oeuvre


Édition du 23 Février 2019

LES GRANDS DE LA COMPTABILITÉ – La croissance se poursuit dans les grands cabinets comptables au Québec, alimentée en bonne partie par le virage numérique. Ce dernier crée beaucoup de demandes de la part des entreprises québécoises pour du conseil, notamment en cybersécurité et en protection de données.

Pas moins de 21 firmes comptables parmi les 25 plus grandes du Québec comptaient davantage d'employés en 2018 que l'année précédente. Au total, les 25 firmes ont ajouté 641 employés à leur personnel en un an, soit une augmentation de 5,3 %.

Deloitte domine le classement avec ses 2 642 employés (1 % de plus qu'en 2017). Du côté d'EY, on observe une progression de 13,7 % en un an. L'entreprise qui a ajouté plus de 130 employés en 2018 obtient la quatrième position au classement. À elle seule, l'acquisition de Nexia Friedman, spécialisée en services aux entreprises à capital fermé, annoncée le 14 septembre dernier, a ajouté plus de 70 professionnels chez EY.

La croissance d'EY au Québec résulte aussi du recrutement de jeunes et de travailleurs expérimentés. «Nous sommes très fiers de la croissance obtenue dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre généralisée au Canada et au Québec, souligne Anne-Marie Hubert, associée directrice pour le Québec. Cela montre notre grande attractivité auprès des candidats.»

Ils grimpent au classement

La plus forte augmentation de personnel en pourcentage se voit chez BCGO. La firme a ajouté 32 travailleurs, ce qui représente une hausse de 33 %. Elle pointe désormais au 18e rang du classement, un gain de quatre positions. Il s'agit de la plus forte montée au classement cette année. Cette croissance a notamment été le fruit des fusions avec Bourgeois Marsolais & Associés et Labelle & Racicot, annoncées respectivement les 1er juillet et 30 novembre 2018.

«Nous maintenons notre stratégie de croissance par acquisitions, en nous assurant toujours que nos nouveaux partenaires partagent nos valeurs», explique l'associé Réjean Lévesque. Il souligne que son cabinet a su développer une belle relève au fil des ans, afin d'assurer sa pérennité. Comme ce n'est pas le cas partout, plusieurs petits cabinets aux prises avec plus de difficultés du côté de la relève se montrent ouverts à fusionner. BCGO a maintenant atteint une taille qui le rend attractif, puisqu'il offre tout un tas de services auxiliaires, comme la fiscalité, les fusions et acquisitions, le financement d'entreprise ou le contrôle de la qualité.

Le top 5 des plus fortes augmentations en pourcentage est composé de BCGO (33,0 %), Lemieux Nolet (28,7 %), Blain, Joyal, Charbonneau (21,8 %), Amyot Gélinas (16,7 %) et EY (13,7 %). Une augmentation de 41 employés permet d'ailleurs à Lemieux Nolet de gravir trois positions au classement, pour se retrouver au douzième échelon.

Pour maintenir sa croissance organique, Lemieux Nolet a développé une démarche de collaboration avec de plus petites firmes en région. Elle leur offre de répondre aux besoins spécialisés de leurs clients dans des domaines comme la fiscalité, l'évaluation d'entreprise ou l'insolvabilité. «L'idée n'est pas du tout de leur voler des clients, mais plutôt de les accompagner dans certains mandats concernant des services qu'ils n'offrent pas eux-mêmes», précise l'associé Christian Guay.

Parfois, ces partenariats débouchent sur une fusion, comme ce fut le cas cette année avec Huard, Renaud, Lachance, Demers, Dostie, un cabinet avec lequel Lemieux Nolet collaborait depuis plus de 20 ans. Cette fusion, rendue publique le 29 octobre dernier, a agrandi l'équipe de Lemieux Nolet de 24 personnes.

«L'objectif de ce regroupement était d'augmenter notre masse critique de professionnels à Québec et d'acquérir l'expertise de ce cabinet en immobilier», explique M. Guay. Il ajoute que la vision stratégique de Lemieux Nolet ne repose pas sur l'achat de clientèle, mais plutôt sur le regroupement avec des partenaires qui partagent leurs valeurs. C'est la voie que prendra le cabinet pour intensifier sa présence dans différentes régions du Québec.

Un «big four» vénérable

Certaines entreprises ont franchi des caps importants en 2018. C'est le cas de Mallette, qui compte maintenant plus de 1 000 employés. Sa croissance en taille de 12,5 % est la deuxième plus forte du top 10, devant celle du cabinet FBL (+ 10 %). Mallette conserve donc sa cinquième position devant KPMG, dont les effectifs ont augmenté de 6,3 % entre 2017 et 2018.

Le «big four» reste toutefois solidement ancré sur le plan mondial. Deloitte demeure le plus important cabinet du monde, avec 286 000 employés, suivi d'EY (277 440), de PwC (250 000) et de KPMG (200 000). BDO ferme le top 5 avec 80 087 employés. Trois des quatre plus grandes firmes font remonter leurs origines au 19e siècle, soit Deloitte (1858), EY (1864) et KPMG (1869). La plus jeune firme à trouver sa place dans le top 25 au Québec est Blain, Joyal, Charbonneau, créée en 1996. Elle pointe en 23e position.

Deloitte demeure le plus important cabinet du monde, avec 286 000 employés. Sur notre photo, les bureaux de l’entreprise à Montréal. [Photo : James Brittain]

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