Trois jeunes associés, trois parcours de relève

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Avril 2016

Trois jeunes associés, trois parcours de relève

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Édition du 30 Avril 2016

[Photo : Shutterstock]

La profession de comptable suit la courbe du vieillissement de la société québécoise. L’âge moyen de l’effectif est de 47 ans, et celui des associés des firmes comptables, encore plus élevé, et les cabinets sont confrontés à un fort enjeu de relève. Processus informel ou programme très encadré, chacun a sa méthode pour cultiver les talents, dans une période où la concurrence est serrée sur le marché de l’emploi en comptabilité.

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De nombreuses firmes, conscientes de l’importance des transferts de compétence avant le départ à la retraite des baby-boomers, ont conçu des plans de relève, comme Richter. Tout est bon pour attirer les jeunes professionnels avant même qu’ils aient réussi l’examen d’entrée dans la profession. Les firmes rivalisent donc d’initiatives pour leur plaire. Ainsi, BCGO a mis en place du coaching auprès des stagiaires, notamment des examens blancs et des études de cas, afin de les aider à réussir l’examen professionnel. « C’est souvent offert dans les grandes firmes, mais moins dans celles de notre taille », dit Réjean Lévesque, associé directeur de BCGO.

Raymond Chabot Grand Thornton (RCGT) a mis sur pied un comité auquel chaque bureau régional doit régulièrement envoyer ses prévisions de départs à la retraite et son programme de relève. « Nous avons aussi un programme d’identification de la relève stratégique et de montée en compétence. Ça se fait par bureau, par service et par industrie », précise Emilio Imbriglio, président et chef de la direction.

Parmi les principaux enjeux de l’heure, toutes les firmes comptables citent la relève. « Il faut attirer les meilleurs et bien les faire évoluer pour les garder chez nous et faire en sorte qu’ils deviennent les associés de demain », note Jacques Filion, associé directeur du bureau de Montréal de BDO.

Jean DesRochers, 38 ans, Richter : un parcours du combattant

Jean DesRochers, 38 ans, nommé associé au groupe audit de Richter l’année dernière, a suivi un parcours du combattant pour arriver jusque-là. « J’ai été reconnu comme relève stratégique il y a environ sept ans déjà, et je suis un programme précis de développement depuis cinq ans », précise-t-il. Il a d’abord fait partie d’un groupe d’une quinzaine de professionnels prometteurs comme lui, qui ont reçu des formations de type comportemental (communication, leadership, etc.) et sur des enjeux généraux de l’industrie.

Ensuite, il a suivi un plan de carrière sur mesure, qui comprenait de multiples objectifs à atteindre sur des horizons divers (1 an, 5 ans, 10 ans). Mais en contrepartie, un objectif le motivait : celui d’être nommé associé dans un délai relativement court. Pour cela, outre le développement de ses compétences professionnelles et de ses qualités personnelles, il fallait qu’il se fasse connaître des différents associés québécois du cabinet. Lui, le jeune francophone... Qu’à cela ne tienne, Jean DesRochers a pris son bâton de pèlerin et est allé frapper à la porte des bonzes du cabinet. Finalement, il a été élu l’année dernière. Il avait été si bien préparé que la transition entre son ancien statut et le nouveau a quasiment été une promenade de santé. « Je me considère comme un entrepreneur. Maintenant, mon travail est de faire croître la firme. »

Jo-Ann Lempert, 40 ans, MNP : première femme et plus jeune associée

Chez MNP, Jo-Ann Lempert, 40 ans, a été nommée associée et chef du contrôle qualité en 2011, puis leader du groupe des sociétés publiques en janvier dernier. Lorsqu’elle est devenue associée, elle n’avait que 35 ans, ce qui a fait d’elle non seulement la plus jeune recrue de MNP, mais aussi la première femme associée du cabinet.

Depuis, quatre autres femmes ont joint la firme, qui compte actuellement 37 associés. Jo-Ann Lempert a dû prendre sa place dans un monde d’hommes plus âgés qu’elle. « Ça m’a pris du temps pour établir des relations, car on me regardait en se demandant ce que je savais à mon âge. C’était tout nouveau pour tout le monde. »

Reconnue comme une spécialiste des normes internationales et des sociétés publiques, engagée dans le jury de l’examen d’entrée dans la profession de l’Ordre des CPA, elle a su s’affirmer grâce ses compétences et son leadership.

Valérie Ménard, 36 ans, Hardy Normand : un cheminement informel

Le parcours est exigeant pour les futurs associés qui doivent faire leurs preuves avant d’atteindre le Graal. Valérie Ménard, 36 ans, a été nommée associée à l’âge de 32 ans au cabinet Hardy Normand.

« Je n’ai pas suivi un parcours encadré, c’était plutôt informel. On m’a dit que je deviendrais associée quand j’accomplirais les tâches d’un associé ; alors j’ai tout fait pour y arriver », raconte la jeune femme. Elle a géré une clientèle, aidé à la formation de l’équipe, est devenue une personne ressource dans son domaine professionnel. Ses efforts ont été récompensés en 2012, huit ans après qu’elle est entrée chez Hardy Normand. Elle était alors la deuxième femme à y être nommée associée.

« Je vais me concentrer sur le bien-être des employés, car l’enjeu de la relève est important et on doit donc s’assurer de conserver nos talents », affirme-t-elle.

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