Le O Mile-Ex: une transaction payante

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Novembre 2019

Le O Mile-Ex: une transaction payante

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Édition du 23 Novembre 2019

Par Claudine Hébert

O Mile Ex, un immeuble entièrement converti par TGTA (Photo: courtoisie)

LES GRANDS DE L'IMMOBILIER. La transaction qui implique le complexe O Mile-Ex, sis au 6650-6666, rue Saint-Urbain, à Montréal, est une autre démonstration de l'effervescence du marché immobilier commercial de la ville. Le complexe, qui appartenait entre autres au promoteur montréalais TGTA (propriété de Bernard Thibault, Guy Trudeau et Martin Galarneau), a été vendu au groupe d'investisseurs californiens Spear Street Capital pour la somme de 153 millions de dollars.

Ce qui retient particulièrement l'attention concernant la sixième plus importante transaction de notre classement 2019 est le prix payé pour l'ensemble des quelque 370 000 pieds carrés de ce complexe, devenu en moins de cinq ans une des principales plaques tournantes de l'intelligence artificielle de Montréal.

«Ce prix, qui représente plus de 410 $ le pied carré, est comparable à ceux payés pour acquérir des gratte-ciel de catégorie A au centre-ville», souligne M. Galarneau, associé chez TGTA et développeur du projet. La transaction, ajoute-t-il, a été conclue en septembre 2019, moins de six mois après l'annonce de la mise en vente du complexe. Près d'une trentaine d'investisseurs, dont près d'une dizaine lors du sprint final, dit-il, se sont montrés intéressés par l'achat de cette adresse qui héberge entre autres Mila, l'Institut québécois de l'intelligence artificielle, Element AI et l'Institut de valorisation des données (IVADO).

Notons que Spear Street Capital, un tout nouvel investisseur dans le paysage montréalais en 2019, s'est également porté acquéreur du 6750, avenue de L'Esplanade, pour la somme de 23 M$. Il s'agit d'un autre immeuble constitué de bureaux lofts semblables à ceux du O Mile-Ex.

Une transformation gagnante

TGTA et les trois autres ex-propriétaires du O Mile-Ex (Fondaction, les régimes de retraite de la Ville de Québec et un fonds de pension qui souhaite demeurer anonyme) avaient acheté, en 2014, cette ancienne usine textile de la société Tricots Main - fermée depuis 2008 - au coût de 17 M$. Depuis, ils ont injecté près de 50 M$ afin de transformer l'endroit en milieu de vie pour attirer des entreprises du secteur créatif. En plus de renouveler complètement la structure, les promoteurs ont ajouté un gymnase, une aire de jeux de table, une garderie, un café exploité par le chef Martin Juneau, ainsi que des enclos à vélos aménagés directement dans le hall d'entrée.

«Nous avons également sacrifié 40 aires de stationnement pour aménager un parc extérieur», signale M. Galarneau. Le complexe affichait déjà complet en janvier 2018, alors que les travaux n'étaient même pas encore terminés, insiste-t-il.

Signalons que l'an dernier, une transaction similaire avait eu lieu dans le même secteur. Les 7250 et 7450, rue du Mile End, avaient été acquis au coût de 155,5 M$ par Sun Life. C'était d'ailleurs la plus importante transaction de notre classement 2018. Ces deux anciennes usines totalisant 400 000 pieds carrés avaient fait l'objet de travaux de réfection d'une quarantaine de millions de dollars après avoir été achetées en 2012 au coût de 16 M$ par la Corporation immobilière Kevric et des investisseurs privés. Finalement, les deux immeubles ont été vendus pour plus de trois fois le coût d'investissement.

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