Nous devons valoriser les partenaires de la prospérité de nos régions

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Juin 2018

Nous devons valoriser les partenaires de la prospérité de nos régions

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Juin 2018

Alexandre ­Cusson est président de l’Union des municipalités du ­Québec depuis novembre 2017. Maire de ­Drummondville depuis novembre 2013, il a auparavant été directeur général et enseignant du ­Collège ­Saint-Bernard durant près de 25 ans.

Le rôle des municipalités s'est accru en 2014, alors qu'elles ont hérité de nouveaux pouvoirs en matière de développement économique à l'échelle locale et régionale, à la suite de l'abolition des Centres locaux de développement et des conférences régionales des élus. Elles veillent ainsi au déploiement d'une vision stratégique du développement durable du territoire et assurent le développement efficient des parcs industriels. Elles créent également des milieux de vie attractifs pour la main-d'oeuvre en mettant en place des infrastructures performantes qui contribuent à accroître la productivité et la mobilité des travailleurs et des marchandises. Autrement dit, elles s'assurent de mettre en place les conditions favorables à la création de richesse.

Les municipalités constituent par ailleurs la première porte à laquelle les gens d'affaires vont frapper pour développer leur projet d'entreprise, qu'elles soutiennent dans les phases de démarrage, d'expansion et d'exportation. Elles font même de plus en plus la promotion du potentiel de leur territoire dans la recherche de nouveaux investissements. Elles sont par ailleurs responsables de près de 60 % des infrastructures publiques au Québec, investissant annuellement près de 19 milliards de dollars dans l'économie québécoise, et offrent 80 000 emplois directs.

En somme, les gouvernements de proximité constituent les alliés naturels des entrepreneurs, des gens d'affaires et des créateurs de richesse, et ce, dans chacune de nos régions.

Pour des régions dynamiques

Or, pour assurer leur développement et l'occupation de leur territoire, les collectivités doivent avoir les outils économiques nécessaires. S'il y a bien un enjeu sur lequel les gouvernements de proximité et les entreprises peuvent travailler conjointement, c'est bien celui-ci.

Cessons collectivement de dire qu'il nous faut occuper notre territoire et faisons-le concrètement, en misant entre autres sur le développement économique local et régional ainsi que sur le vaste potentiel de nos collectivités et de nos entreprises, partout au Québec.

Travaillons ensemble en faveur, par exemple, d'un accès à des infrastructures numériques, Internet et cellulaire, sur l'ensemble du territoire québécois, d'une consolidation et d'une augmentation d'emplois gouvernementaux de qualité et bien rémunérés en région, ou encore du déploiement de mesures régionales pour soutenir les besoins de nos entreprises en main-d'oeuvre.

Pour une justice fiscale

Par ailleurs, la transformation de l'économie et la venue de multinationales du numérique telles qu'Amazon, Airbnb ou Netflix touchent non seulement nos entreprises locales, mais également les municipalités. Le capital immobilier n'a en effet plus l'importance qu'il avait en raison des mutations de l'économie, et les municipalités du Québec sont toujours plus dépendantes de la taxe foncière, un modèle fiscal du 19e siècle qui représente près de 70 % de leurs revenus, soit beaucoup plus qu'ailleurs au Canada. Pire encore, si les municipalités participent à la croissance économique sur leur territoire, elles ne perçoivent pas les effets de cette croissance.

Il est urgent d'instaurer une justice fiscale au bénéfice des citoyennes et des citoyens et de doter le Québec d'un régime fiscal municipal digne du 21e siècle.

Rappelons que les chefs des principales formations politiques se sont déjà tous engagés à transférer un point de la taxe de vente du Québec aux municipalités, soit l'équivalent de 1,6 G$, ce qui leur permettrait de capter une partie de la croissance économique sans alourdir le fardeau fiscal des contribuables. Le premier ministre du Québec est allé encore plus loin en signifiant son intention de réformer en profondeur la fiscalité municipale, en payant notamment la totalité des compensations tenant lieu de taxes foncières sur les immeubles gouvernementaux et en révisant le partage des redevances sur les ressources naturelles.

Bref, 2018 est une année propice pour mettre en lumière les enjeux prioritaires de nos collectivités afin de trouver des solutions adaptées pour relever les défis du 21e siècle, qu'ils soient économiques, démographiques ou climatiques.

Les gouvernements de proximité et les décideurs économiques doivent faire entendre haut et fort leur voix quant à leurs priorités communes, dans toutes les régions du Québec. C'est l'ensemble des citoyennes et des citoyens qui en sortiront gagnants !

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