En 1965, «donnez une dinde» à vos employés

Publié le 17/12/2018 à 12:03

En 1965, «donnez une dinde» à vos employés

Publié le 17/12/2018 à 12:03

Par Marie-Pier Frappier

Les employés ne croient plus au Père Noël, mais certains espèrent parfois recevoir quelque chose de leur employeur. Les cadeaux peuvent prendre diverses formes, allant des bonis aux surprises données durant le party de bureau, en passant par la carte-cadeau ou le congé. 


Chose certaine, un de ces cadeaux a marqué les esprits plus que les autres. On l'annonce dans Les Affaires du 29 novembre 1965, et c'est la fameuse dinde de Noël. 


La poule d'Inde 


«C'est seulement au 18e siècle que la poule d'Inde, venue d'Amérique, commence à concurrencer l'oie» dans les repas de Noël, selon Patrick Rambourg, historien et chercheur français, spécialiste de la cuisine et de la gastronomie, cité dans la revue Historia. Les oiseaux sont baptisés « poules d'Inde » par les Espagnols qui pensaient revenir de l'Inde. 


La dinde représentait un volatile «exotique» qui, du fait de sa rareté en Europe, était dégusté en temps de grandes fêtes. Elle fut de plus en plus mangée dans la haute société et dans les grands restaurants, puis elle prit progressivement place sur les tables plus modestes. Au Québec, les familles nombreuses se réjouissent de partager ce gallinacé, plus gros que le poulet. Elle cuit lentement aussi, permettant d'aller à la messe de minuit. 


La popularité de la dinde atteint son paroxysme avec la standardisation du menu de Noël dans les années 1950. 


«Nos débuts ont été très modestes. Je me souviens d’ailleurs que les premières reconnaissances que nous avons données à nos employés étaient des dindes pour Noël. À cette époque, nous n’avions pas les moyens d’offrir les meilleurs salaires», se souvient l'entreprise Cascades sur son site web.


Bon pour une dinde


Sur le site du gouvernement canadien, on peut lire ces «conseils»: «Un employeur peut donner une dinde à chacun de ses employés pour Noël. Plutôt que d’apporter les dindes au bureau, ce qui causerait des problèmes de réfrigération et d’entreposage, l’employeur peut faire des arrangements avec une épicerie et remettre à ses employés des bons d’échange contre une dinde dont la valeur est inférieure à un certain montant. Les employés ne peuvent pas utiliser le bon d’échange pour acheter d’autres produits à l’épicerie. Le bon d’échange leur donne uniquement droit à une dinde.» 


Et vous, avez-vous déjà reçu ou donné une dinde en cadeau à Noël? Sinon, quel est le cadeau le plus original avez-vous reçu de votre employeur? Écrivez-nous et nous mettrons le texte à jour!


Voici quelques réponses de nos lecteurs:


Claudine nous a écrit: «Au sujet de la dinde en cadeau de Noël de la part de l'employeur je suis fière de la recevoir depuis 13 années de suite. C'est toujours un plaisir à chaque fois en plus de bien garnir  la table au Réveillon.» 


«À 22 ans,j’ai été transféré à l’usine de GE à Peterboro en Ontario le 15 novembre 1965 ou je suis allé demeurer en chambre et pension. Le 15 décembre, j’ai reçu une dinde de 20 livres en cadeau de GE. Quoi faire avec cet oiseau quand on vit en pension? Je l’ai donné à ma logeuse alcoolique qui a certainement bu le profit que ça lui apportait», raconte Michel


«Dans les années soixante on recevait une dinde à chaque Noël de l’employeur de mon père... n’étant pas riche quelle ne fut pas notre déception l’année 69 ou mon père a reçu une plume fontaine gravée à son nom... déception, nous comptions énormément sur cette dinde pour avoir un bon repas du temps des fêtes», nous écrit Jean-Luc


Viviane se «souvient très bien de ce cadeau qui était devenu traditionnel et que tous les employés attendaient et appréciaient.  Ce cadeau était toujours accompagné d’une bouteille de vin et d’autres gâteries.  Ces dindes étaient gardées au froid dans les frigos de la cafétéria. C’était au début des années 1990.  L’entreprise était une PME qui fabriquait des circuits imprimés et qui employait environ 150 personnes.  Tous donc recevaient leur dinde ainsi que des accompagnements du plus important au moins important. C’est un super souvenir.» 


De son côté, Maxime nous raconte que son ancien employeur de Trois-Rivières (Three Rivers Knit Printers) donnait un bon pour une dinde chaque année. L'entreprise est fermée depuis environ 15 ans.


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