L'apport décisif des grands acteurs

Publié le 13/02/2013 à 15:34, mis à jour le 21/02/2013 à 12:53

L'apport décisif des grands acteurs

Publié le 13/02/2013 à 15:34, mis à jour le 21/02/2013 à 12:53

Par Les Affaires

Caisse de dépôt et autres poids lourds

Créée le 6 juillet 1962, la SGF joue aussi un rôle important. Ses premiers placements en 1963 sont très diversifiés : construction mécanique, alimentation, textile, produits forestiers, matériel électrique, meubles, propriétés mobilières, sidérurgie, etc. C'est une figure de proue au Québec, Gérard Filion, l'ancien directeur du Devoir, qui va en assumer la présidence.

À la fin des années 60, la SGF décide d'orienter ses investissements dans le développement technologique. Il y aura une autre remise en question au début des années 70, avec le choc pétrolier, alors que la société d'État décide de se concentrer dans trois secteurs : l'industrie lourde, l'appareillage électromécanique et l'industrie du papier journal.

En 1998, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard restructure la SGF. Elle intègre alors quatre autres sociétés d'État à caractère industriel : Rexfor, Soquem, Soquip et Soquia. La même année, la SGF annonce aussi un ambitieux plan quinquennal pour réaliser des investissements de 10 milliards de dollars (G$) en cinq ans au Québec. La SGF a cependant connu des ennuis avec certains de ses projets les plus ambitieux (Technodôme, usine de semi-conducteurs de Mosel Vitelic) et des voix s'élèvent pour remettre maintenant son rôle en question.

Encore plus importante aura été toutefois la création de la Caisse de dépôt, en juillet 1965, également sous Jean Lesage. Ce dernier dira d'ailleurs en 1970 que la création de la Caisse "a été le plus grand service que j'ai rendu au Québec. Elle a littéralement sauvé la province de la banqueroute".

Son impact est majeur. Elle stabilise le marché de la dette publique en réduisant l'écart de taux d'intérêt entre les emprunts du Québec et ceux de l'Ontario. La création de la Caisse a aussi permis à l'État québécois de se libérer de l'emprise du syndicat financier de la rue Saint-Jacques, à Montréal, qui faisait à l'époque la pluie et le beau temps.

Enfin, en plus de pouvoir canaliser des fonds importants dans l'économie québécoise, la Caisse a permis à de nombreux financiers francophones de travailler dans la haute finance. Dans les années 60, le milieu était encore dominé par les anglophones. Pour les francophones, les possibilités de carrière y étaient plutôt limitées.

Depuis les années 60, la Caisse joue un rôle important dans l'émergence du Québec inc. Elle contribue à la croissance de plusieurs entreprises québécoises comme Provigo, Vidéotron, Domtar, Gaz Métropolitain, Cascades, Tembec ou Canam Manac.

Sous la direction de Jean Campeau (1980-1990), elle devient plus active dans le secteur privé, pour le meilleur et pour le pire, comme avec Steinberg. Sous la direction de Jean-Claude Scraire (1995-2002), la Caisse prend de l'expansion en créant entre autres des filiales qui prennent des participations dans des entreprises et en ouvrant des bureaux à l'étranger.

Pendant cette période, l'actif de la Caisse augmente de façon marquée au point d'atteindre près de 140 G$ en 2002. Toutefois, l'éclatement de la bulle techno fait très mal à la Caisse, principalement à cause du controversé investissement dans Quebecor Media pour l'achat de Vidéotron. Le nouveau patron, Henri-Paul Rousseau, compte d'ailleurs recentrer la Caisse sur son rôle de fiduciaire.

Officiellement créée en 1998, Investissement Québec est devenue une véritable banque d'affaires, un peu à l'image de la Banque de développement du Canada (BDC), dont le siège social se trouve également à Montréal. Et comme la BDC, Investissement Québec s'intéresse essentiellement aux PME. Mais son histoire remonte en fait à plus de 30 ans.

En 1971, le gouvernement Bourassa lançait la Société de développement industriel, ou SDI, lui demandant d'agir comme "prêteur de choc" pour les entreprises québécoises. Après avoir souvent accordé des subventions, à ses débuts, la SDI allait par la suite inventer ses fameuses garanties de prêts, par lesquelles elle cautionnait auprès des banques une partie de l'emprunt consenti à des entrepreneurs. En 1998, 27 ans après sa naissance, la SDI avait investi 7 G$ dans le développement des entreprises québécoises. Pour l'exercice financier 2001-2002, la nouvelle entité, Investissement Québec, a accepté des projets de financement de plus d'un milliard de dollars pour ainsi soutenir des projets d'investissement de 4,5 G$.

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