Nouveau souffle chez Meubles Pavar

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Octobre 2017

Nouveau souffle chez Meubles Pavar

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Édition du 21 Octobre 2017

Michael ­Di ­Paolo a repris l’entreprise de fabrication de chaises que son père ­Nicola avait fondée, ­Meubles ­Pavar.

DOSSIER LES 300 PME - Michael Di Paolo a racheté en 2004 l'entreprise de fabrication de chaises que son père Nicola avait fondée en 1983, Meubles Pavar. Ce n'est toutefois pas à ce moment-là que la famille a fait face aux plus grands défis de son transfert, mais bien un peu plus de 10 ans plus tôt.

En 1991, Michael Di Paolo étudie en mathématiques à l'Université Concordia. Un beau jour, alors qu'il vient de terminer ses études et d'accepter un emploi à Toronto, il reçoit un appel de son père. Les affaires sont tranquilles. Nicola est incapable de vendre ou de prendre de l'expansion. Il demande donc à son fils de venir l'aider, mais seulement pour six mois. «J'y suis allé, et je ne suis jamais reparti», raconte Michael Di Paolo.

À ce moment-là, il est déjà à l'aise dans l'entreprise puisqu'il y a travaillé dès l'ouverture. Sauf que là, plutôt que de travailler comme ouvrier sur les machines de l'usine comme auparavant, il se retrouve dans les bureaux. Il tente d'améliorer le marketing en réinventant l'image de marque de l'entreprise, et fait la tournée des foires commerciales. Il communique avec des architectes et des designers, construit même un site web pour l'entreprise. Il met aussi sur pied une salle de montre. Son but : raviver les ventes, qui ont souffert en raison de la concurrence des chaises à bas prix importées d'Europe. Il décide aussi de moderniser l'entreprise. Il met en avant sa volonté de commencer à utiliser des ordinateurs et des machines plus efficaces, mais le comptable part parce qu'il ne connaît rien à l'informatique.

Racheter ou ne pas racheter ?

«Ces deux ou trois années-là ont été les plus difficiles. Une dispute éclatait chaque semaine entre mon père et moi. On avait du mal à communiquer. On avait chacun notre vision du monde et de son évolution», dit Michael Di Paolo. Certains jours, il pense même quitter le bateau. Après quelques années, le climat s'adoucit quand la famille constate que l'approche de Michael attire les clients et que les revenus nouvellement engrangés ont permis à Pavar de rembourser ses dettes.

Le choix de la relève, suivi du transfert de l'entreprise, en 2004, s'est montré plus banal. Le frère de Michael travaillait dans le domaine de la santé, alors que sa soeur n'était pas intéressée à reprendre Pavar. Vendre l'entreprise aurait par ailleurs été très difficile parce qu'elle exerce ses activités dans un marché niché : contrairement aux autres fabricants de chaises de Montréal, Pavar ne manufacture pas ses produits à partir de carcasses préfabriquées. Elle les fait en entier, sur mesure. Un acheteur ayant peu d'expertise dans le domaine de la chaise aurait donc eu de la difficulté à bien gérer l'entreprise. Il restait Michael.

«Mon père disait souvent : "Si un jour tu veux reprendre l'entreprise..." J'y ai réfléchi. Je disais : "Peut-être." En 2004, j'ai senti que j'étais prêt. Je gérais Pavar depuis longtemps déjà. Je l'ai donc rachetée», dit-il.

Expert et fier

Aujourd'hui, l'entreprise fabrique 200 000 chaises par année dans son usine de Saint-Laurent, dont la superficie est de 50 000 pi2, soit cinq fois la surface du bâtiment où elle était installée de 1983 à 2004. Pavar réalise des ventes annuelles de 5 à 10 millions de dollars, dont les trois quarts sont faites aux États-Unis. Sa clientèle - des écoles, des hôtels et des restaurants - comprend notamment Disney et Hard Rock Cafe. Le prochain défi de l'entreprise : se lancer dans la fabrication robotisée d'ici trois à cinq ans.

Nicola, fondateur de Pavar et père de Michael, âgé de 83 ans, continue de visiter l'entreprise une fois par semaine, habituellement le lundi ou le mardi, entre 10 h et midi. Son expertise est toujours précieuse.

«Sa connaissance du bois est considérable, dit Michael. Quand j'ai un problème, c'est lui que j'appelle en premier. Mon père est un homme de peu de mots, mais notre volume de vente est de 20 à 30 fois ce qu'il était avant, alors je crois qu'il est fier de ce qu'on a accompli.»


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