Savoir prendre des risques au bon moment

Publié le 11/02/2014 à 06:00

Savoir prendre des risques au bon moment

Publié le 11/02/2014 à 06:00

Dans un secteur qui évolue à grande vitesse, les leaders en TI doivent savoir à quel moment miser sur une nouvelle technologie. Car, pour réussir à mettre en marché un nouveau produit, ils doivent être capables de saisir le bon moment, mais aussi la bonne technologie. Le tout, en s’assurant que le marché soit prêt à l’accueillir…

« Dans notre secteur, le principal enjeu est lié aux coûts et au temps nécessaire avant qu’une entreprise ne soit en mesure de commercialiser un nouveau produit », explique Gilles Létourneau, PDG d’Accéo Solutions.

Car pour se lancer sur le marché, les défis sont à la fois financiers et technologiques. « Les entrepreneurs doivent prendre en compte plusieurs paramètres tels que le choix des technologies, la portabilité, l’assurance qualité et la sécurité, ainsi que les enjeux d’exportation de leurs nouvelles technologies», précise Nathalie Gosselin, vice-présidente au développement des affaires du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM).

Mais ce ne sont pas les seuls critères ! Dans un marché des TI en perpétuelle évolution, il est aussi primordial d’être sans cesse en avant des besoins du marché.

« L’un des principaux enjeux est de choisir la bonne plateforme, qui ne deviendra pas obsolète au bout de quelques mois. Pour cela, les entreprises en TI doivent s’entourer d’experts qui joueront pour eux un rôle de vigie et qui pourront les prévenir et leur permettre de se retourner si jamais un grand manufacturier décidait de délaisser une technologie clé», ajoute M. Létourneau.

Afin d’éviter les mauvaises surprises et de partir sur des bases solides, Gilles Létourneau conseille aux petites entreprises de se tourner de préférence vers les systèmes développés par les grands manufacturiers, considérés comme des valeurs sûres. « Cela ne vous empêche pas de développer ensuite des solutions innovantes, adaptées à ces plateformes», rappelle-t-il.

Des erreurs à ne pas commettre

Si l’on considère souvent que les leaders en TI doivent être des visionnaires, arriver le premier sur le marché est loin d’être suffisant ! Car avant de prendre des risques, il convient d’abord de savoir bien les maîtriser. « Les entrepreneurs doivent être à l’écoute des besoins du marché. Car il y a trois ans seulement par exemple, le développement de l’infonuagique aurait peut-être paru trop farfelu », glisse Patrice-Guy Martin, PDG d’Action TI.

C’est pourquoi les entrepreneurs qui réussissent sont souvent ceux qui sont prêts à recevoir du feedback et à se remettre en question. « En TI, les premiers produits à arriver sur le marché ne sont pas toujours un succès. C’est souvent en les adaptant aux attentes du marché que les leaders en TI parviennent à innover », avance M. Martin.

Grâce à leur petite taille et à leur réactivité, les start-ups peuvent ainsi tirer leur épingle du jeu, « car elles sont capables d’adapter plus facilement leurs développements aux besoins du marché », analyse Caroline De Guire, directrice générale de l’Association québécoise ses informaticiens et informaticiennes (AQIII).

Dans cet environnement ultra-concurrentiel, pas étonnant que certaines erreurs puissent s’avérer déterminantes pour la survie des start-ups. «Sous prétexte de faire le plus vite possible, il ne faut pas négliger des paramètres comme la qualité, la sécurité ou encore la portabilité d’une technologie, car cela pourrait nuire à votre réputation et à votre capacité de gagner de nouveaux marchés », rappelle Nathalie Gosselin.

Les entrepreneurs doivent aussi prendre garde à ne pas sous-estimer le coût de la commercialisation, qui reste le nerf de la guerre, sous peine de ne pas réussir le lancement de leurs nouveaux produits…

« Dans les TI, un logiciel peut rarement vivre sur un territoire aussi petit que le Québec. Il doit trouver des débouchés et des revendeurs à l’extérieur, et c’est souvent là que le bât blesse si les entrepreneurs ne prévoient pas ces coûts», rappelle Gilles Létourneau.

La méthode Agile des cycles plus rapides

Pour pallier ces risques, les entreprises des TI ont adopté depuis quelques années une nouvelle stratégie de développement : la méthode Agile.

« Autrefois, les entreprises fonctionnaient avec l’approche Water Fall, en déployant de grands systèmes pour répondre aux besoins. Aujourd’hui, grâce à la méthode Agile, les entreprises arrivent à développer des systèmes avec des cycles d’implantation plus courts », résume Patrice-Guy Martin.

Le principe ? En travaillant à partir de prototypes successifs, les entreprises impliquent désormais les usagers dès les premières étapes de développement.

« Cela permet de tester des morceaux du système et d’avoir les retours des utilisateurs avant d’accéder au produit final », ajoute M. Martin. Si cette méthodologie s’applique surtout aux projets d’envergure, c’est devenu, depuis quelques années, un état d’esprit appliqué à la plupart des projets en TI.

« En misant sur des sprints de 3 semaines pour développer chaque partie d’un système, cette méthode permet de s’assurer que l’on ne s’est pas trompés et s’apercevoir des enjeux technologiques avant la fin du projet », souligne Gilles Létourneau.

C’est aussi une manière de livrer un produit en plusieurs versions, afin de ne pas se couper de différents types de clientèles… Mais comme tout processus organisationnel qui modifie profondément les façons de faire, il est nécessaire de faire appel à un consultant spécialisé pour implanter cette méthode au sein des entreprises.

« Elle pourra ensuite s’appliquer à tout type de projet, que ce soit l’élaboration d’un document ou d’une campagne marketing », ajoute M. Létourneau.

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