Une collaboration étroite avec la NASA

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Juin 2016

Une collaboration étroite avec la NASA

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Édition du 11 Juin 2016

« Ma plus grande satisfaction, c’est de voir les étudiants qui ont été formés ici être embauchés dans l’industrie, à Montréal », dit Ruxandra Botez, professeure à l’École de technologie supérieure (ÉTS).

Arrivée de Roumanie en 1987, Ruxandra Botez est depuis 1998 un élément important de l'expertise développée en aérospatiale à l'École de technologie supérieure (ÉTS). Depuis 20 ans, de nombreuses collaborations avec la NASA ont marqué sa carrière.

«Quand j'étais jeune, j'aimais beaucoup les avions, mais pour être honnête, je rêvais plus d'être pilote qu'ingénieure, lance en rigolant Ruxandra Botez, professeure à l'ÉTS.

Malgré deux cours de pilotage suivis lors de ses études en génie à l'Université de Bucarest, en Roumanie, d'où elle est originaire, ce sont surtout des simulateurs qu'elle pilote aujourd'hui. Notamment le simulateur de recherche en vol de CAE pour l'aéronef d'affaires le plus rapide du monde, le Cessna Citation X. Cet outil très prisé se trouve dans les locaux du Laboratoire de recherche en commande active, avionique et aéroservoélasticité (LARCASE) qu'elle a fondé à l'ÉTS, où elle enseigne depuis 1998. On y retrouve aussi le système autonome de vol UAS-S4 et la soufflerie subsonique Price-Païdoussis.

Partenaire de longue date

La spécialité de Ruxandra Botez depuis les trois ans qu'elle a passés chez Bombardier de 1995 à 1997, c'est l'aéroservoélasticité. Il s'agit de l'interaction entre l'aérodynamique, le contrôle et la structure.

«Dans les avions traditionnels équipés de contrôles mécaniques, il y a peu d'interaction entre ces domaines. Mais dans les avions modernes dotés de commandes de vols électriques [fly-by-wire] et de systèmes de contrôle actif, par exemple pour réduire le bruit ou augmenter la stabilité d'un avion, il devient crucial de pouvoir intégrer tous les logiciels de ces trois disciplines.»

En 1996, Ruxandra Botez entre en contact une première fois avec la NASA. Jusqu'en 2004, elle collaborera avec l'équipe en structure du Dryden Flight Research Center, grand spécialiste de ce domaine.

Puis, de 2005 à 2011, elle mènera d'autres projets, cette fois avec une équipe se consacrant aux systèmes de contrôle. Ruxandra Botez contribuera entre autres au programme sur l'aile aéroélastique active de l'avion de combat F/A-18.

La collaboration avec la NASA se poursuit toujours aujourd'hui. Encore récemment, en avril, la chercheuse s'est déplacée dans la Silicon Valley pour présenter les plus récents résultats de son laboratoire devant une trentaine d'experts de l'agence spatiale américaine. De son côté, elle bénéficie des tonnes de données que la NASA produit et qui sont loin d'être accessibles à tout le monde. Une relation gagnant-gagnant, en somme.

Préparer l'avenir

Mais sa plus grande passion, c'est l'enseignement et la formation. Présentement, une cinquantaine d'étudiants gravitent autour du LACARSE, dont la moitié sont en maîtrise ou au doctorat. «C'est ce qui me motive le plus, dit la professeure. Ma plus grande satisfaction, c'est de voir les étudiants qui ont été formés ici être embauchés dans l'industrie, à Montréal. C'est important pour l'industrie de pouvoir compter sur cette relève, et leur travail dans le privé fait avancer mon champ de recherche.»

Elle souligne que le rôle d'un laboratoire comme le sien est important pour les entreprises. Elle donne l'exemple de CAE, un leader mondial dans la vente de simulateurs et de services de formation établi à Montréal, comptant 8 000 employés dans 35 pays. «Les diplômés qui ont travaillé au laboratoire sont déjà formés, puisque nous avons un simulateur de CAE ici, indique-t-elle. Ils sont fonctionnels dès le début.»

Elle déplore toutefois que les Québécois d'origine semblent moins nombreux à persévérer jusqu'à la maîtrise ou au doctorat que les étudiants étrangers. Beaucoup d'étudiants se font offrir des emplois dès la fin de leur baccalauréat, voire avant, et ont de la difficulté à résister, en partie pour des raisons financières.

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