De l'aide pour embaucher des jeunes

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Juin 2016

De l'aide pour embaucher des jeunes

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Juin 2016

[Photo : 123RF / Igor Yaruta]

Dans l'industrie aérospatiale comme dans bien d'autres domaines, les employeurs ont un faible pour les travailleurs armés d'un peu d'expérience. Cela complique parfois la vie des recrues fraîchement diplômées. C'est justement pour aider les entreprises à intégrer ces nouveaux travailleurs que le Comité sectoriel de main-d'oeuvre en aérospatiale du Québec (CAMAQ) présentait tout récemment le programme Ton premier emploi en aérospatiale.

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Offert dans le cadre de la Stratégie emploi jeunesse, cet investissement de 4 millions de dollars permet d'octroyer une subvention salariale aux employeurs admissibles qui embaucheront de nouveaux diplômés du 2 mai 2016 au 20 avril 2018. Les PME sont limitées à trois financements par année, alors que les grandes entreprises ne pourront en utiliser plus de cinq en trois ans.

«Il faut de 9 à 12 mois pour rendre une recrue entièrement fonctionnelle et autonome dans une entreprise, souligne Nathalie Paré, directrice générale du CAMAQ. Pendant ce temps, le nouveau travailleur est accompagné par un employé d'expérience qui lui transfère ses connaissances, mais il n'est pas productif durant cette période. Pour les entreprises, notamment les PME, c'est lourd. Le nouveau programme constitue un incitatif intéressant.»

Depuis l'annonce du programme le 29 avril 2016, le CAMAQ a déjà signé des ententes avec 16 entreprises, ce qui dépasse ses attentes. Signe que le besoin est bien là.

8 000 recrues en 10 ans

Malgré les difficultés de Bombardier ou de Bell Helicopter, qui a supprimé 800 emplois à Mirabel de 2014 à 2016 avant d'annoncer en mai qu'elle en embauchera 100, l'aérospatiale a toujours besoin de bras et de cerveaux.

«Au cours des 10 prochaines années, nous aurons besoin de 8 000 nouveaux employés au Québec, affirme Kevin Smith, vice-président, ressources humaines, de Pratt & Whitney Canada (P&WC). La moyenne d'âge de nos salariés est de 48,6 ans, donc plusieurs partiront à la retraite. Nos nouveaux moteurs pour les Gulf Stream 500 et 600, de nouvelles plateformes de moteurs d'hélicoptère et le travail sur les moteurs des avions CSeries de Bombardier susciteront aussi des efforts de recrutement.»

Kevin Smith ne se contente pas d'attendre que les recrues se pointent chez P&WC. Il s'efforce de parfaire la formation et même de susciter des vocations, en tant que président du Chantier Relève et main-d'oeuvre d'Aéro Montréal. De concert avec le gouvernement et les établissements scolaires de niveaux secondaire, collégial et universitaire, il s'assure que les programmes forment des diplômés capables de travailler avec les technologies de pointe.

Mais il s'agit également de lutter contre le décrochage scolaire, en particulier chez les garçons, et d'intéresser les jeunes à des carrières dans les sciences et en aérospatiale, surtout les filles. Cela commence dès le primaire, avec des initiatives comme la tournée d'animation scientifique Ça plane pour moi, ou encore les ateliers en classe Passion pour l'aviation, de Bombardier. La Stratégie québécoise de l'aérospatiale consacre 600 000 $ à de tels projets.

Kevin Smith souligne aussi l'instauration de passerelles entre les établissements offrant des programmes de différents niveaux en aérospatiale, à laquelle il a contribué. Il est maintenant plus facile pour un étudiant de passer de l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal à l'École nationale d'aérotechnique, ou de cette dernière à une université, grâce à la reconnaissance des compétences acquises.

Mais il faut aussi former les travailleurs au sein des entreprises, entre autres pour qu'ils suivent le virage numérique. L'industrie 4.0 ne pourra pas se faire sans les employés. P&WC consacre 4 % de sa masse salariale à la formation à l'interne. «C'est un gros investissement, mais ça rapporte», souligne Kevin Smith.

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