L'agriculture et le tourisme font bon ménage

Publié le 30/05/2013 à 11:31, mis à jour le 02/07/2013 à 10:42

L'agriculture et le tourisme font bon ménage

Publié le 30/05/2013 à 11:31, mis à jour le 02/07/2013 à 10:42

Le secteur de l’agrotourisme est en effervescence au Québec. Partout à travers la province, et encore davantage à proximité des grands bassins de population comme Montréal et Québec, le nombre d’exploitations qui se lancent dans ce créneau se multiplie.

« Nous sommes passés de 534 producteurs exerçant une activité touristique complémentaire à la production agricole en 2005, à 837 en 2010 », constate Alyne Savary, coordinatrice à la mise en marché, à l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Ce phénomène est à relier directement à l’intérêt des consommateurs pour les produits du terroir. « Les gens ont envie d’aller à la ferme, de goûter des produits locaux et régionaux comme des vins ou des fromages d’ici », constate Odette Chaput, directrice générale de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand (AATGQ).

La clientèle québécoise connaît un regain d‘intérêt pour le tourisme gourmand et culinaire ainsi que pour les produits locaux et biologiques. La grande tendance est aux excursions d’une journée pour partir à la découverte d’un terroir.

« Les routes et les circuits thématiques se développent un peu partout en fonction des différents produits régionaux. Car le Québec, ce n’est pas que l’érable !», rappelle Mme Chaput.

Producteurs de pommes ou de petits fruits, vignerons, fromagers, boulangers artisanaux fleurissent le long de circuits comme la Route des vins de Brome-Missisquoi, le Circuit du paysan en Montérégie ou encore les Chemins de campagne dans Lanaudière.

« On ne vend plus seulement de l’hébergement à la ferme, mais aussi des dégustations, des visites, des produits distinctifs, comme des cidres, des fromages fins et des produits transformés », résume Odette Chaput.

Un produit d’appel
Pour tirer profit de cet engouement, l’enjeu du secteur consiste désormais à mieux structurer son offre afin de favoriser les synergies entre les différents types de producteurs, mais également entre les régions.

« On doit renforcer l’offre agrotouristique en la mettant en lien avec d’autres produits touristiques comme le tourisme gourmand, les parcs nationaux ou les croisières », cite Karine Pouliot, conseillère en aménagement du territoire et développement rural au MAPAQ.

Le grand défi : se distinguer avec un produit d’appel, une destination qui se démarque, sur le modèle de la vallée du Niagara, de la route de l’Okanagan en Colombie Britannique ou des vignobles français.

Pour y parvenir, à la suite du diagnostic de l’agrotourisme publié par gouvernement du Québec en 2012, les acteurs du secteur ont décidé de doter d’un plan d’action commun.
La première étape : réaliser une étude afin de mesurer les retombées de l’agrotourisme. Car pour l’instant, les chiffres compilés par le ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) concernent surtout l’industrie touristique au Québec, qui représentait en 2010 près de 400 000 emplois.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les agriculteurs, qui sont de plus en plus nombreux à proposer des produits agrotouristiques afin de faire vivre leur exploitation tout au long de l’année selon de multiples formules : hébergements, vente de produits, restauration, visites pédagogiques, etc.

«Nous devons travailler à davantage de concertation entre les différents acteurs afin de développer des produits porteurs pour attirer la clientèle internationale, qui a aujourd’hui le choix entre une multitude de destinations », résume Mme Chaput.

Améliorer la qualité de l’offre
Mettre en valeur les productions du Québec pour en faire un produit distinctif et exportable à l’international, c’est justement l’objectif du Groupe de concertation sur l’agrotourisme au Québec (GCAQ) qui regroupe les principaux acteurs du milieu, dont l’UPA, le Ministère du Tourisme, ainsi que plusieurs associations touristiques régionales.

Parmi les principales pistes évoquées, le GCAQ souhaite également travailler sur le développement de meilleures pratiques d’affaires.
«Lorsqu’on lance une entreprise, c’est souvent la partie touristique qui n’est pas toujours bien comprise par les entrepreneurs. Nous devons donc travailler à développer des formations, des ateliers, ainsi qu’au développement de certifications afin d’améliorer la qualité des produits », explique Odette Chaput.

Car bien souvent, le tourisme n’est pas la mission première des producteurs agricoles qui ont souvent peu de temps à consacrer au volet touristique et à la formation, ainsi qu’à la recherche de financement.

Pour donner un coup de pouce aux entreprises du secteur, le Ministère du Tourisme vient d’annoncer la mise en place d’un nouveau fond, Tourisme PME, doté d'une capitalisation de 5 M$ (dont 1,7 M$ proviennent du gouvernement du Québec et 3,3 M$ de Filaction).

«Ce fonds répond particulièrement au secteur de l’agrotourisme, puisqu’il permettra d’offrir la possibilité aux petites et moyennes entreprises touristiques de financer des projets sous forme de prêt jusqu'à une hauteur de 250 000 $ », précise Guy Simard, directeur des communications à Tourisme Québec.

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