Du raisin mais pas de vin au Vignoble du Vent Maudit

Publié le 30/05/2013 à 14:15, mis à jour le 30/05/2013 à 15:42

Du raisin mais pas de vin au Vignoble du Vent Maudit

Publié le 30/05/2013 à 14:15, mis à jour le 30/05/2013 à 15:42

Spécialisé dans la production de raisins de table, Jean-François Chaussé, propriétaire du Vignoble du Vent Maudit, s’est positionné dans un créneau porteur et pourtant méconnu qui lui a permis de développer de l’autocueillette ainsi que des visites pédagogiques dans la région de Lanaudière.

C’est en voulant reprendre une partie de l’exploitation familiale que Jean-François Chaussé a eu l’idée de développer son projet. « Au départ, mes parents étaient dans la culture céréalière. Comme je voulais avoir mon propre domaine, je suis allé étudié la production des vignes au Cégep de Joliette avant d’ouvrir mon propre vignoble en 2010 », raconte-t-il.

L'exploitant a choisi de se spécialiser dans la culture de raisins de table, un produit pourtant méconnu au Québec. «  Il m’a fallu faire pas mal de recherches pour connaître les différentes variétés de raisins et m’apercevoir qu’il n’existait quasiment pas de concurrence sur ce créneau au Québec. Il s’agit de raisins très différents des raisins de cuves que l’on utilise pour le vin », explique le jeune homme de 27 ans.

Son produit phare ? Le raisin de table sans pépins, qu’il soit rouge, vert ou bleu. « Les fruits sont cueillis et s’en vont à l’épicerie le jour-même ou le lendemain», rapporte-il. Cette fraîcheur inégalée par les grands distributeurs confère un avantage concurrentiel à ses produits, sans compter qu’il devrait très prochainement compter une nouvelle corde à son arc : une pré-certification biologique, une démarche qu'il a débutée l’an dernier.

Un moment de partage
En choisissant un créneau où il existe très peu de concurrence, Jean-François Chaussé a pu rapidement gagner de nouveaux marchés. Il vend désormais ses produits sur les marchés, ainsi que dans un réseau de 7  à 8 épiceries locales ainsi que chez de grands distributeurs comme IGA ou Métro.

« Comme je suis le seul à Lanaudière à vendre ce type de raisins, je rentre facilement dans toutes les épiceries. Mes concurrents les plus proches se situent plutôt en Ontario », résume-t-il.

Afin de diversifier son activité et de partager sa passion, Jean-François a développé un volet agrotouristique, dans lequel il propose de l’autoceuillette ainsi que des visites de son exploitation.

« Grâce à un partenariat avec le Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière, trois grands panneaux d’interprétation seront installés cette année afin que les gens qui viennent pique-niquer puissent connaître l’histoire et le fonctionnement du vignoble », précise-t-il.

Ouvert du jeudi au lundi, son vignoble accueille le grand public, qu’il s’agisse d’excursionnistes ou de familles à la recherche d’un retour aux sources.

« Les gens sont habitués à aller dans les vergers, mais ils n’ont souvent jamais vu un plan de vigne ! Je suis donc toujours là pour leur expliquer comment faire, comment couper la grappe ou faire attention au pied qui est fragile », relate-t-il.

Pour lui, l’un des défis se résume à attirer les visiteurs dans la région : « Attirer les gens à la campagne n’est pas évident, surtout lorsqu’il faut les faire sortir des grandes villes comme Montréal », résume-t-il.


Défier la nature
Mais ce n’est rien face aux défis techniques que doivent relever les producteurs de fruits et de légumes comme Jean-François. Tributaire d’une production saisonnière, le fonctionnement de son vignoble comporte plusieurs défis. À commencer par des températures pas toujours clémentes.

« Cette nuit, je n’ai pas dormi car j’ai passé toute la nuit à arroser et surveiller mes bourgeons pour éviter qu’ils ne gèlent. C’est un peu ma façon de défier la nature », révèle-t-il en souriant.

Sans compter que la période de cueillette, courte, se concentre exclusivement entre le mois de septembre et octobre. « Durant cette période, j’emploie 3 à 4 saisonniers pour la cueillette. Le reste du temps, ce sont les gens qui viennent eux-mêmes faire de l’autocueillette », précise l'agriculteur, qui complète lui-même son activité en travaillant parfois à mi-temps dans la ferme voisine de ses parents.

« Au départ, la création d’un vignoble représente un très gros investissement, à hauteur de 10$ par pied environ, sans compter l'équipement », assure-t-il. Avec près de 3000 pieds de vignes, Jean-François a déjà investi 75 000 $  et s’apprête à replanter 2000 pieds cette année pour accroître sa production.

« L’une des difficultés, c’est qu’un vignoble met entre 3 et 5 ans avant de commencer à produire. Il faut pouvoir prévoir à l’avance ! », rappelle-t-il. Ainsi, cette année, Jean-François s’attend à engranger un chiffre d’affaires de 20 000$ pour l’équivalent de 2 000 pieds. Mais il a aussi bien d’autres projets en tête pour compléter encore son activité.

Son ambition ? Utiliser ses installations et son matériel pour continuer à développer des productions encore sous-exploitées au Québec, mais qui ont du potentiel. À commencer par de nouvelles plantations à développer : « Je veux montrer que faire de la poire au Québec, c’est possible, même s’il y en a encore peu. Il existe beaucoup de productions que l’on ne connaît pas mais qui gagneraient à être développées, comme le sureau. »

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