L'affinité avantageuse de Heyday et Décathlon

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Septembre 2019

L'affinité avantageuse de Heyday et Décathlon

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Édition du 14 Septembre 2019

Heyday a implanté un agent conversationnel sur le site web du détaillant d’articles de sports de Brossard pour indiquer aux clients si les produits recherchés sont en magasin. (Photo: 123rf)

INNOVATION.  La destinée d'une start-up dépend parfois d'une rencontre. Steve Desjarlais, cofondateur et président de Heyday, une solution de robot conversationnel basé sur l'intelligence artificielle, se souvient très bien de celle avec Alexandre Toulemonde, directeur technique de l'enseigne d'articles de sports Décathlon Canada. «On a eu d'emblée une très bonne connexion», se remémore-t-il.

Dans la foulée, la start-up montréalaise collabore avec le détaillant lors de l'ouverture de son premier point de vente au Canada, à Brossard, en avril 2018. Victime de son succès, le magasin est rapidement confronté à des ruptures de stock. Heyday implante donc son agent conversationnel sur le site web de Décathlon afin d'indiquer aux clients si les produits recherchés sont en magasin, ou alors quand ils le seront. «Nous n'avions pas prévu de faire un chatbot à l'origine, mais Heyday s'est présenté et nous avons saisi l'occasion de grandir ensemble», confie M. Toulemonde.

Grandir ensemble

Depuis, ce partenariat a pris de l'ampleur. Au lancement de la deuxième succursale de l'enseigne française, en avril dernier, à Boisbriand, plus de 40 % des personnes qui ont interagi avec le robot conversationnel sont ensuite devenues membres Décathlon et 10 % ont visité le magasin lors de sa journée d'ouverture. Ces bons résultats ont eu un écho au sein du groupe, qui compte plus de 1 400 magasins dans le monde. Quant à Heyday, qui vient de souffler sa deuxième bougie, elle travaille aujourd'hui avec les enseignes Décathlon à Singapour, en Indonésie, en Angleterre et au Mexique.

«Nous sommes passés par deux accélérateurs d'entreprises à nos débuts et Décathlon est de toute évidence devenu notre troisième accélérateur, plaisante M. Desjarlais. Il a vraiment changé la donne pour nous.» Heyday vient d'ailleurs de déménager à deux pas des locaux de son partenaire. Les équipes des deux entreprises jouent même régulièrement au hockey ensemble.

«Nous avons le souci d'être dans une démarche de partenariat local et de faire grossir l'écosystème sur place», explique M. Toulemonde. Ce dernier était ainsi présent avec Heyday à une conférence à Toronto en début d'année pour présenter leur étude de cas. «Ils n'étaient pas obligés de faire ça. Au final, cependant, plus j'ai de clients, plus vite je peux développer ma plateforme, mieux c'est pour eux», souligne le président de Heyday. La start-up a justement bouclé une ronde de financement de deux millions de dollars en avril dernier, en plus de doubler ses effectifs depuis le début de l'année. Elle compte maintenant plus d'une trentaine de salariés.

Diversification

La dépendance à une grande entreprise peut tout de même constituer un risque pour une start-up. Ainsi, le groupe Décathlon est le plus important, mais pas l'unique client de l'entreprise montréalaise, qui travaille aussi avec David's Tea, Danone et Make Up For Ever (propriété du groupe LVMH), notamment. «Nous ne devons pas faire un produit trop centré sur Décathlon, fait valoir M. Desjarlais. Il est important de garder notre propre vision et de recueillir des avis différents. Cela fait un meilleur produit pour tout le monde... y compris pour Décathlon.»

Ce dernier assure d'ailleurs que la fonctionnalité développée pour l'enseigne sportive au début de leur partenariat faisait partie de la feuille de route initiale de Heyday. Elle est seulement devenue plus prioritaire, compte tenu de la demande de son client.

«Je pense que les start-up doivent fonctionner comme ça ; 80 % de nos fonctionnalités sont priorisées en fonction de nos clients. Et il n'y a pas une ligne de code ajoutée sans qu'il y ait un client qui y soit associé, assure cet ancien directeur produit et gestionnaire d'une soixantaine de développeurs chez Ubisoft. Tes chances de succès sont beaucoup plus fortes si tu réussis à t'arrimer avec les besoins de tes clients.»

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