La recette des clubs rentables

Offert par Les Affaires


Édition du 09 Mars 2022

La recette des clubs rentables

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Édition du 09 Mars 2022

Par Claudine Hébert

Le Québec a enregistré les plus fortes hausses de fréquentation. (Photo: courtoisie)

INDUSTRIE DU GOLF. D’après l’Association nationale des propriétaires de terrains de golf (ANPTG), il s’est joué, au cours des deux dernières années, 30 % plus de rondes de golf dans tout le Canada. Ce sont les terrains du Québec qui ont enregistré les plus fortes hausses de fréquentation. «Une hausse exceptionnelle dans une industrie qu’il convenait d’appeler en déclin, ou stable, avant le début de la COVID-19», reconnaît David Bérubé, directeur régional de la section du Québec à l’ANPTG.

Plusieurs entreprises parvenaient néanmoins déjà à flirter avec la profitabilité avant même le retour de la fièvre du golf. «Une rentabilité qui a toujours reposé sur la fidélité des membres et des bénévoles», soutient Jean-Bernard Paquet, directeur général du Club de golf de Lorette, en banlieue de Québec. Il précise que plus d’une cinquantaine des 490 membres de ce club centenaire le sont depuis plus de 20 ans.

Justement, combien de membres un club doit-il avoir pour assurer sa profitabilité ? Ce n’est pas tant le nombre de membres que le nombre de rondes qui reflète la bonne santé d’un club, répond Nadia Di Menna, directrice générale et propriétaire du Centre de golf Le Versant, à Terrebonne. Selon elle, un parcours de 18 trous accessible au public (ce qui est le cas de 90 % des terrains au Québec, avance-t-elle) devrait cumuler entre 35 000 et 40 000 rondes par saison pour couvrir les frais d’exploitation.

«Le nombre de membres, les catégories d’adhésion et leurs coûts ainsi que le montant des droits de jeu doivent donc être établis en fonction du budget des opérations», explique la propriétaire d’un complexe de 72 trous. Au sein de son club, par exemple, les cotisations des quelque 750 membres représentent à peine 10 % des revenus annuels.

Les propriétaires du club de golf Waterville, un parcours public de neuf trous en Estrie, ont pour leur part fixé leur nombre d’adhérents à 260, l’été dernier. «Avoir des membres constitue une importante source de revenus: les cotisations de ces joueurs réguliers permettent de couvrir les dépenses d’entretien et de gestion en début de saison, explique Donald Saint-Pierre, copropriétaire depuis 2001. Avoir trop de membres entraînerait un déséquilibre.»

Certains clubs publics ont effectivement constaté l’été dernier qu’un nombre trop élevé de membres les privait de revenus substantiels provenant des golfeurs visiteurs. Selon Donald Saint-Pierre, le ratio gagnant d’un club public comme le sien doit correspondre, en matière de parties jouées, à 55 % de membres et 45 % de visiteurs. «Cela permet de générer une importante source de revenus au cours de la saison. En 2021, la vente de ces droits de jeu additionnels s’est traduite par près de un quart de millions de dollars, soit 25 % des revenus annuels du club», signale-t-il. Son parcours note-t-il, a enregistré plus de 42 000 rondes.

 

Du côté des clubs privés

«Les clubs privés détenant un parcours de 18 trous vont généralement limiter leur liste à 500 membres. Ce qui permet de générer entre 24 000 et 26 000 rondes», fait savoir le gestionnaire d’un de ces clubs sélects, qui a accepté de partager des informations sous le couvert de l’anonymat. «Grâce à une cotisation moyenne qui avoisine les 5000 $ par membre, ce nombre permet d’assurer un revenu fixe de 2,5 millions de dollars au club.»

Ce montant, affirme-t-il, permet d’assurer l’entre-tien du parcours et des infrastructures ainsi que le salaire des employés.

Afin de couvrir leur service de restauration, les clubs privés exigent habituellement un montant additionnel de 800 $ à 1100 $ par année à chacun de leurs membres. «Pour de nombreux clubs, ce montant représente toutefois moins de 75 % de ce que coûtent les frais d’exploitation de ce poste de dépense majeur», soutient notre source.

Parce qu’il n’y a pas eu de tournois et que le nombre d’invités a été limité dans plusieurs clubs, la plupart des parcours privés n’ont donc pas profité de l’essor du golf qui se produit depuis deux ans, affirme ce gestionnaire qui cumule plus de trois décennies d’expérience dans l’industrie. «En fait, seuls les clubs privés dont les capacités d’abonnement n’affichaient pas encore complet ont réellement profité de cet engouement.»

 

L’indispensable qualité du parcours

La qualité du parcours contribue à la rentabilité d’un club de golf, insistent la dizaine de gestionnaires que Les Affaires a joint pour ce dossier. «L’aménagement paysager, les coupes de gazon régulières sur les allées et les verts, l’entretien des fosses de sable, l’utilisation d’engrais et autres produits représentent aisément plus du tiers des dépenses annuelles des opérations d’un club de golf», soulève Bertrand Collins, gestionnaire de Golf & ski Vieux-Lennox. «Des dépenses, redoute-t-il, qui seront fortement touchées par la hausse du prix de l’essence et des engrais en 2022.» Il craint ainsi de devoir modifier le nombre de coupes de gazon hebdomadaires à deux plutôt qu’à trois.

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