Objectif pour cette saison: se pratiquer à maintenir l'engouement

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mars 2021

Objectif pour cette saison: se pratiquer à maintenir l'engouement

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Édition du 10 Mars 2021

Dominic Racine

Dominic Racine, directeur général de la PGA du Québec (Photo: courtoisie)

INDUSTRIE DU GOLF. Les clubs de golf travaillent fort depuis plusieurs années pour attirer de nouveaux joueurs, et en 2020, ils ont réussi. Maintenant que leurs efforts de séduction ont porté leurs fruits, l’industrie se prépare pour son prochain défi : retenir ces nouveaux golfeurs. En effet, si la saison 2021 s’annonce bonne, rien n’est gagné d’avance. 

Selon l’Association des clubs de golf du Québec (ACGQ), la saison à venir sera « explosive ». Après la fermeture des terrains, les joueurs se sont rués en masse dans les centres de golf intérieur. Ces derniers fonctionnaient au maximum de leur capacité tant que les règles sanitaires l’ont permis. Génération Golf, à Mirabel, a par exemple été débordé, et ses installations étaient occupées du matin au soir.

Pour l’ACGQ, il ne fait aucun doute que cette effervescence est le signe d’une autre bonne saison à venir.

Dominic Racine, directeur général de l’Association des golfeurs professionnels du Canada zone Québec (PGA du Québec), est lui aussi confiant. « Je pense que l’engouement va continuer en 2021. Pour l’instant, les règles sanitaires sont encore strictes, mais on croit et on espère qu’elles s’assoupliront au printemps, note-t-il. On s’attend à un autre début de saison très occupé. »

Une chose est sûre, explique Dominic Racine — qui est également président de la Table de concertation de l’industrie du golf du Québec —, c’est que personne ne tient pour acquis les golfeurs qui ont embrassé le sport en 2020. Pour les retenir, l’industrie est prête à leur dérouler le tapis rouge. « Tous nos membres et nos professionnels, à la PGA, sont des ambassadeurs pour le golf, fait-il remarquer. Ils travaillent tous très fort pour accueillir les joueurs et les encourager dans leur cheminement. »

Une majorité des clubs a entre autres ajouté des groupes à leurs camps d’entraînement junior, alors qu’un certain nombre d’entre eux ont offert des programmes d’initiation pour les dames. Ces dernières forment d’ailleurs une clientèle que les clubs tenteront plus particulièrement d’attirer et de retenir en 2021. 

Les femmes ne représentent que 30 % de la clientèle en matière de rondes jouées, illustre François Roy, directeur général adjoint de Golf Québec. Pour soutenir la popularité du sport auprès des golfeuses, il explique que l’industrie explore différentes avenues. « Pour s’assurer qu’elles ont envie de venir jouer, certaines initiatives seront mises en place, mais il est encore tôt pour révéler les détails, souligne-t-il. Les femmes aiment qu’il y ait un accent mis sur l’aspect social du jeu, et les paramètres des projets vont dépendre des règles sanitaires. »

 

François Roy

François Roy, directeur général adjoint de Golf Québec

Par ailleurs, le programme junior Premiers élans, de Golf Québec, qui vise à aider les jeunes à s’améliorer, sera cette année progressivement remplacé par le programme bonifié First Tee — Premier départ, annoncé l’été dernier. Celui-ci mettra plus spécifiquement l’accent sur le développement des jeunes dans les écoles et les établissements de golf.

Golf Québec ramènera aussi sa carte Sortez, golfez lancée en 2020. Le concept est simple : la carte permet de jouer une partie, à un prix avantageux, dans différents clubs de la province. L’an dernier, 10 d’entre eux ont participé à l’initiative. Cette année, bien que les détails restent à confirmer, Golf Québec aimerait que l’offre de terrains soit répartie dans un plus grand nombre de régions touristiques du Québec.

« Le but était de démocratiser le golf, d’attirer des clients de 20 à 35 ans, voire de 40 ans, rappelle François Roy. On ramène ça cette année, et ça nous aidera à accrocher, à retenir ces joueurs-là en leur faisant découvrir de nouveaux parcours. »

 

Le vent dans les ventes

Les clubs de golf ne sont pas les seuls à profiter de l’engouement. Les fabricants ont eux aussi tiré leur épingle du jeu. « On n’a pas compilé de statistiques, mais les fabricants nous le disent, la saison a été très, très bonne pour eux, rapporte François Roy. Et quand les gens s’équipent, ce n’est pas pour laisser leurs bâtons dans le garage la saison suivante. »

Même son de cloche dans les boutiques spécialisées : les ventes ont été bonnes. Le copropriétaire des Liquidagolf de Québec et de Sherbrooke, Pierre-Karl Béliveau, avoue toucher du bois. Il a vu ses ventes augmenter même si la pandémie a occasionné des problèmes d’approvisionnement et des retards de livraison.

« Si on parle des ensembles complets qu’achètent les nouveaux golfeurs, pour 300 $ ou 400 $, nous les avions déjà tous vendus en juin, alors que l’on peut normalement passer l’été et même l’hiver avec notre stock », raconte-t-il. 

Son pronostic pour 2021 ? « On s’attend à une année qui se rapproche sensiblement de l’année dernière, mais avec des ventes plus réparties durant la saison, avance Pierre-Karl Béliveau. En conséquence, on a augmenté nos achats substantiellement pour certains produits. Pour les voiturettes électriques, par exemple, on parle d’une augmentation de 20 % à 30 %. »

L’industrie est donc prête pour son coup de départ. « Fore » !

 

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