Zéro déchet: même les épiceries embarquent

Offert par Les Affaires


Édition du 15 Juin 2019

Zéro déchet: même les épiceries embarquent

Offert par Les Affaires


Édition du 15 Juin 2019

Par Claudine Hébert

Le Circuit ­Zéro ­Déchet, créé en 2017, compte plus de 300 entreprises situées un peu partout au ­Québec. Près d’une dizaine de municipalités figurent parmi les partenaires de ce circuit. (Photo: 123RF)

INDUSTRIE DE L'EMBALLAGE. Depuis déjà 2006 que les épiceries encouragent les consommateurs à utiliser leurs sacs réutilisables pour transporter leurs achats à la maison. Voilà qu'elles les invitent maintenant à apporter leur contenant.

Depuis le 22 avril, les épiceries Metro acceptent les contenants des clients pour les achats de pain, de viande, de charcuterie, de fromage, de poisson et de fruits de mer, de salades et autres aliments vendus dans ses comptoirs de services. Combien l'ont utilisé jusqu'ici ? «Le concept demeure, pour l'instant, marginal», se contente de répondre Geneviève Grégoire, chef des communications chez Metro.

La porte-parole de l'entreprise tient à préciser que les contenants en verre sont refusés. Même chose pour les contenants de plastique qui affichent le code-barre d'un autre produit (pot de margarine, par exemple). Le contenant ne doit pas non plus avoir été abîmé par la chaleur d'un aliment, du four micro-ondes ou du lave-vaisselle.

Cette initiative, dit-elle, s'inscrit dans la nouvelle politique de gestion des emballages et des imprimés de Metro, la première du genre au Québec dans le secteur alimentaire. L'entreprise compte notamment réduire le nombre de sacs d'emplettes de plastique à usage unique de 50 % dans les enseignes d'alimentation et de pharmacie de Metro d'ici la fin 2023. Elle veut également diminuer de 10 % le poids total du papier utilisé dans les circulaires d'enseignes d'alimentation et de pharmacie de Metro d'ici la fin de 2022.

Sans en être officiellement parmi les signataires, l'entreprise adopte certaines mesures proposées par l'engagement mondial de la Fondation Ellen MacArthur. D'ici 2025, tous les emballages des produits d'alimentation de marques privées seront ainsi entièrement recyclables ou compostables. L'entreprise veut aussi augmenter à 45 % la part des matériaux postconsommation dans ses emballages de marques privées. «On souhaite éliminer, ou à tout le moins limiter tout emballage dont les matières n'auront pas de débouchés dans une économie circulaire.»

Metro, ajoute-t-elle, compte aussi impliquer ses fournisseurs de marques nationales dans son mouvement. «Nous pourrions éventuellement, dans nos magasins, privilégier les marques qui se distinguent par des emballages écoresponsables», soulève Mme Grégoire.

Moins de contenants, moins de déchets

Combien coûte ce virage à Metro ? Motus et bouche cousue, la chaîne d'épicerie refuse pour le moment de dévoiler les montants liés à cette nouvelle politique. En fait, répond la porte-parole de Metro, c'est davantage une prise de position qu'un exercice financier ou économique qu'effectue actuellement Metro.

Certains organismes ont toutefois déjà commencé à calculer l'impact du contenant réutilisable. Le Circuit Zéro Déchet a procédé à une étude maison auprès de trois boutiques (l'épicerie bio Les 3 Fougères, à Joliette, l'épicerie écologique VracÉco, à Mont-Laurier, et la boutique de produits de beauté Vert Essentiel, à Vaudreuil-Dorion). L'exercice a permis d'évaluer à près de 135 000 le nombre de contenants qui ont pu être évités pendant un an. «Ce chiffre est considérable quand on sait que la majorité des contenants se retrouvent dans un bac à recyclage ou dans un site d'enfouissement. Non seulement les entreprises économisent sur les frais d'emballage, mais les municipalités sortent également gagnantes de ce processus en réduisant leur coût de tonnage de matières à recycler ou à enfouir», explique Cindy Trottier, fondatrice et gestionnaire du Circuit Zéro Déchet au Québec. Créé en 2017, le Circuit compte aujourd'hui plus de 300 entreprises situées un peu partout au Québec. Près d'une dizaine de municipalités figurent parmi les partenaires de ce circuit.

Mme Trottier tient à souligner que seulement une trentaine de ces boutiques sont réellement 100 % zéro déchet. La grande majorité, dit-elle, offre en partie des options zéro déchet pour accommoder les clients qui le demandent. «L'objectif de ce circuit, insiste-t-elle, est d'éliminer les barrières pour toutes ces entreprises qui veulent oser le zéro déchet, mais sans avoir à l'imposer à l'ensemble de leurs consommateurs.» À ce propos, Mme Trottier invite les épiceries qui acceptent les contenants de leurs clients à se joindre au circuit.

Outre les épiciers Metro, IGA propose également une formule «apportez vos contenants» depuis le 29 avril, dans un cadre toutefois dans un cadre plus limité. Pour le moment, seulement une douzaine d'établissements dans les secteurs de Sherbrooke, Longueuil, Lévis, Lachute et Montréal participent à un projet pilote. «Si la formule se présente bien, nous pourrions d'ici quelques mois l'étendre à tous nos magasins au Québec», indique Anne-Hélène Lavoie, conseillère principale des communications chez Sobeys.

À suivre dans cette section

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

À la une: le point sur les recrues de Wall Street

Édition du 23 Novembre 2019 | Les Affaires

En manchette cette semaine, retour sur la performance des entreprises faisant leurs premiers pas sur le parquet.

À la une: dix entrepreneurs venus d’ailleurs

05/11/2019 | Les Affaires

En manchette cette semaine, découvrez 10 chefs d’entreprise qui ont franchi les frontières pour se lancer en affaires.

À la une

La crise climatique pose un risque au système financier, dit Poloz

La BdC développe des modèles pour mieux comprendre leurs conséquences.

Guy Cormier veut instaurer une identité numérique

C'est ce qui est sorti de la consultation parlementaire qui se penche sur le vol massif de données personnelles.

Bourse: Wall Street termine en baisse, préoccupée le commerce

Mis à jour le 21/11/2019 | LesAffaires.com et AFP

REVUE DES MARCHÉS. Mercredi, elle était lestée par un regain de pessimisme sur le front commercial.