La pression des consommateurs pour des emballages plus verts


Édition du 15 Juin 2022

La pression des consommateurs pour des emballages plus verts


Édition du 15 Juin 2022

Par Claudine Hébert

Ces entreprises ont choisi de se mettre à l'écoute des pressions exprimées par les consommateurs. (Photo: 123RF)

INDUSTRIE DE L'EMBALLAGE. En réponse à la pression des consommateurs, qui exigent désormais des emballages plus verts, des entreprises passent à l’action. Qu’il s’agisse d’éliminer le plastique, de réduire l’utilisation des matières ou de mieux communiquer les façons de revaloriser les emballages, de plus en plus de nouvelles solutions voient le jour.

Après plus d’une décennie à se servir de plastique à usage unique pour ses emballages de six cannettes de bière, Les Brasseries Labatt du Canada renouent ces jours-ci avec le carton. Un investissement de plus de 40 millions de dollars (M$) dans ses installations de Montréal l’automne dernier a entre autres permis à l’entreprise d’adopter le tout nouveau système d’emballage KeelClip, du fabricant américain Graphic Packaging.

Unique en Amérique du Nord, cette méthode utilise une fixation faite de carton totalement recyclable qui remplace les anneaux de plastique, les couvercles et les pellicules de plastique rétractables. « Cette nouvelle formule permettra à notre usine de Montréal de réduire son utilisation de plastique de près de 100 000 kg par année », fait savoir la directrice des communications des Brasseries Labatt, Jennifer Damiani.

Jusqu’à présent, ce sont les produits les plus populaires, dont la Budweiser, la Bud Light, la Michelob Ultra et la famille des Bud Light Seltzers, qui bénéficient de cette option verte. « D’autres marques sont en voie d’adopter la formule, comme les produits prêts à boire Palm Bay Tropix, Nütrl et Beach Day Every Day », ajoute la porte-parole de l’entreprise brassicole qui célèbre cette année son 175e anniversaire.

 

Bye bye barquette en plastique

Savoura troque, elle aussi, le plastique de certains emballages pour le carton. Depuis le début de l’année, l’entreprise de Mirabel a ainsi dit adieu aux barquettes de plastique pour le conditionnement des fraises produites dans ses serres. « Entièrement fabriqué au Québec, le nouvel emballage est composé de carton et d’un film de plastique en guise de fenêtre, ce qui permet aux consommateurs de voir le produit dans la boîte et de préserver l’humidité des fruits durant leur transport », explique Suzie Dubé, conseillère principale en mise en marché et en commercialisation à Agro Québec.

Au cours des 18 derniers mois, Suzie Dubé a accompagné la direction de Savoura tout au long du processus qui a permis la création de la nouvelle boîte faite de carton plat. L’investissement lié à cet exercice demeure confidentiel, précise-t-elle.

Cette transition n’a cependant pas été aussi simple qu’il n’y paraît, prévient cette professionnelle qui a guidé depuis plus de 20 ans des dizaines d’entreprises agroalimentaires dans leur choix d’emballage. «Dans ce domaine, le défi est de privilégier des composantes d’emballage qui aident à protéger et à prolonger la durée de vie des aliments, explique-t-elle. Depuis au moins cinq ans, plusieurs producteurs avaient ainsi délaissé les paniers en carton pour la barquette en plastique, une formule qui était jugée plus sécuritaire sur le plan sanitaire.»

Le public a cependant parlé. «Les nombreuses réactions positives des consommateurs sur les réseaux sociaux montrent que les producteurs font le bon choix en réadoptant les emballages de carton plat», convient-elle.

Et ce n’est pas fini, poursuit la conseillère. D’autres formules sont sur le point de remplacer les emballages composés de plastique à usage unique. Agro Québec surveille par exemple de près des fournisseurs de sacs fabriqués de chanvre et de paniers en bois, qui pourraient bientôt réduire, eux aussi, la place du plastique dans le secteur.

 

Devenir des emballages-cadeaux

Repenser son emballage, c’est aussi valoriser les matières utilisées. C’est l’option qu’a privilégiée le réseau Medicart-Epiderma pour la nouvelle génération d’emballage de sa boutique en ligne. Tissus rescapés, boîtes faites de carton recyclé, rubans en coton naturel, voilà autant de matières fabriquées au Québec qui, depuis l’automne dernier, ont remplacé les quantités de billes de polystyrène et de papier de soie dans les colis parvenant aux clients.

Contrairement au papier d’emballage traditionnel bien souvent jeté après sa première utilisation, les nouveaux emballages du réseau de médecine esthétique et de soins de la peau «sont si jolis que l’on suggère à nos clients de les réutiliser à leur tour comme emballage cadeau», fait savoir Marie-Pier Frenette, vice-présidente au marketing à Medicart.

Réalisée en collaboration avec l’entreprise d’économie circulaire Next Chance, de Québec, la nouvelle démarche du réseau représente un montant huit fois plus élevé que ce que coûtaient annuellement les anciens emballages utilisés depuis au moins trois ans, souligne la gestionnaire.

«Malgré tout, ce n’est absolument pas une dépense à nos yeux. C’est un investissement, déclare-t-elle. En plus, notre geste, que l’on considère comme tellement plus écologique, nous permet d’encourager une entreprise locale. Nous en sommes très fiers.»

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