Alutrec invente la semi-remorque allégée

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Mai 2016

Alutrec invente la semi-remorque allégée

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Édition du 21 Mai 2016

Grâce à sa nouvelle semi-remorque Capacity, Alutrec compte décupler son chiffre d’affaires d’ici trois ans.

La nouvelle semi-remorque en aluminium Capacity, d'Alutrec, est la plus légère de l'Amérique du Nord. Ce projet d'innovation ne s'est pas fait sans heurt, mais porte aujourd'hui ses fruits.


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Alutrec, le seul constructeur de semi-remorques entièrement en aluminium du Canada, est en transformation. L'entreprise quittera bientôt Sainte-Agathe-de-Lotbinière pour s'installer dans sa nouvelle usine de Laurier-Station, 10 fois plus grande (228 000 pieds carrés). Ce déménagement change radicalement la donne pour la PME.


«La petite taille de notre usine freinait nos élans, admet le pdg, Julien Nadeau. Nous avons connu une croissance de plus de 40 % en 2015, en nous confinant surtout aux marchés québécois et ontarien. Nous souhaitons maintenant nous déployer dans l'ensemble du Canada et, dès l'automne 2016, des États-Unis. Sur trois ans, nous voulons multiplier par 10 notre chiffre d'affaires, qui s'établit à 12 millions de dollars.»


Repenser la semi-remorque


Alutrec ne part pas à l'assaut les mains vides. Elle compte sur sa semi-remorque Capacity pour séduire les marchés. Sur le plan technique, la Capacity offre plusieurs avantages, dont un relativement inattendu : «Ce n'était pas un objectif en soi, au départ, mais des tests démontrent que son design aérodynamique réduit de 7 à 8 % la consommation de carburant», signale Julien Nadeau.


Mise au point entre 2006 et 2012 au coût de 3 M$, la Capacity a bénéficié de l'appui du Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium, de l'Université Laval et de l'Université du Québec à Chicoutimi, ainsi que du centre de recherche d'Alcoa à Pittsburgh.


Il faut dire que le défi était de taille. Alutrec voulait réduire le temps de construction et le poids de la semi-remorque. «Il fallait revoir complètement le concept de la semi-remorque», explique Julien Nadeau.


Résultat : un véhicule monocoque pesant jusqu'à 2 500 livres de moins qu'une semi-remorque traditionnelle du même type, mais ne faisant aucun compromis sur le plan de la résistance. Dans la Capacity, le palier et la coque s'unissent en une pièce structurale. Finies les poutres et les traverses. «Le défi était de développer des méthodes d'assemblage de deux pièces qui, normalement, ne présentent pas de points de raccordement dans le même axe», explique-t-il.


Autre innovation : des essieux qui se déplacent, afin que la même semi-remorque puisse être utilisée dans des territoires dotés de règlements différents à cet égard. Le transporteur doit souvent avoir deux ou trois semi-remorques à essieux fixes, qu'il utilisera selon qu'il circule au Canada, aux États-Unis, en Californie (où la réglementation diffère du Canada et du reste des États-Unis) ou au Mexique. Avec la Capacity, le chauffeur peut lui-même bouger les essieux au besoin. «Notre semi-remorque peut rouler de Terre-Neuve à la côte ouest, descendre au Mexique et remonter par la côte est en étant toujours conforme.»


Deuxième souffle


Depuis ses débuts il y a plus de 20 ans, Alutrec s'est toujours considérée comme un leader en innovation dans la transformation de l'aluminium et la construction de semi-remorques. La PME de 50 employés investit annuellement environ 150 000 $ en R-D.


Cependant, le projet de la semi-remorque Capacity l'a poussée dans ses derniers retranchements. En 2011, Alutrec avait épuisé son fonds de roulement et avait même dû établir une entente avec ses créanciers avant de relancer ses activités. «Un moment difficile à passer», admet Julien Nadeau, et une épreuve qui a ralenti la commercialisation de la Capacity.


Mais une injection de fonds d'un nouvel associé privé en 2015 a offert à Alutrec la marge de manoeuvre pour lancer la Capacity à l'assaut de l'Amérique. Il y en a actuellement 40 sur les routes. Ce nombre devrait rapidement augmenter. «Nous voulons rester un leader en innovation, mais aussi mettre beaucoup l'accent sur la commercialisation et miser sur notre nouvelle capacité de production», conclut le pdg.


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