Voler de ses propres ailes... vers l'international


Édition du 16 Juin 2018

Voler de ses propres ailes... vers l'international


Édition du 16 Juin 2018

Par Claudine Hébert

« ­Pour rayonner davantage à l’international, nos ­PME doivent s’aligner avec l’actuelle tendance lourde de l’industrie qui favorise les partenariats », selon ­Suzanne ­Benoît, directrice générale d’Aéro ­Montréal.

Mutation dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, introduction aux technologies de rupture : l'industrie aérospatiale du Québec doit s'adapter aux nouvelles tendances pour demeurer dans le peloton de tête.

Plus de 80 % de la production aérospatiale fabriquée au Québec est exportée à l'international. Pourtant, trop peu des quelque 175 PME québécoises liées à cette industrie négocient elles-mêmes leurs produits et services hors des frontières.

« Une situation qui doit changer », soulève Suzanne Benoît, directrice générale d'Aéro Montréal, l'organisme qui réunit l'ensemble des intervenants du secteur aérospatial québécois. Autrement, concède-t-elle, l'industrie aérospatiale montréalaise pourrait perdre ses parts de marché acquises au fil des ans. Ainsi que son enviable titre de troisième pôle mondial de l'aviation civile derrière Toulouse et Seattle.

Plusieurs autres régions du globe, avertit Mme Benoît, veulent, elles aussi, profiter du prestige qui émane de cette industrie. Elle cite notamment la Chine, la Russie, Singapour, le Japon ou les pays arabes. « Pour rayonner davantage à l'international, nos PME doivent repenser leurs stratégies d'affaires et s'aligner avec l'actuelle tendance lourde de l'industrie qui favorise les partenariats. Elles ont tout intérêt à s'adapter aux nouvelles mutations des chaînes d'approvisionnement mondiales pour demeurer dans le coup », soutient-elle.

Pour justement stimuler la formation de partenariats, de collaborations, voire de fusions et d'acquisitions entre les PME d'ici, Aéro Montréal a lancé l'initiative Accélérateur 360 en mai dernier. Commanditée par le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, cette initiative vise à mousser la commercialisation des PME à l'étranger et dispose d'une aide financière de 5 millions de dollars répartie sur cinq ans.

Libellule Monde magasine aux États-Unis

Ce programme pourrait très bien servir au rayonnement de Libellule Monde, à Saint-Jérôme. Cette entreprise, spécialisée dans les décalques d'avions et la conception de revêtement protecteur pour tout type d'aéronef, souhaite s'implanter aux États-Unis d'ici un an. « Nous avons entamé notre processus de recherche il y a un an. Ce pourrait tout aussi bien être un partenariat, une acquisition ou une implantation pure et simple », indique Stéphanie Lemieux, présidente fondatrice de Libellule Monde. La PME mise sur les récentes certifications pour les revêtements qu'elle a obtenues au pays, mais également en Europe et aux États-Unis, pour prendre de l'expansion.

Une adresse en terre américaine permettrait à la PME d'une quarantaine d'employés (15 à temps partiel) de gagner de la crédibilité auprès des donneurs d'ouvrages du pays voisin, dit-elle. Surtout, elle permettrait d'augmenter les revenus provenant de la clientèle internationale. Ces revenus représentent actuellement 20 % du chiffre d'affaires de l'entreprise. « Depuis la création de Libellule Monde au début des années 1990, nous avons vécu plusieurs crises, dont celle de 2001. Près de 85 % de nos comptes clients étaient en faillite. Depuis, la diversification des marchés a constitué notre principale source de croissance », raconte Mme Lemieux.

Se propulser à coups d'acquisitions

Chez PCM Innovation, à Sainte-Claire-de-Bellechasse, les divers partenariats et les différentes acquisitions font partie de l'ADN de l'entreprise depuis déjà plus de dix ans. « C'est ce qui nous a propulsés sur la scène internationale », reconnaît Jean-François Hamel, PDG de PCM Innovation. Cette PME, qui propose des services d'ingénierie et des solutions industrielles, compte aujourd'hui six adresses en Amérique du Nord, dont trois au Québec. Elle dispose également d'un partenariat avec une entreprise en sol français.

« Nos produits et services peuvent s'exporter, mais avec certaines limites », explique le dirigeant de plus de 250 employés. Difficile, ajoute-t-il, de vendre une expertise si l'entreprise ne dispose pas d'une adresse à proximité de ses clients. De plus, les règles de certains marchés, particulièrement dans le domaine militaire, favorisent une forte présence de proximité.

« On recherche des entreprises reconnues pour leur savoir-faire. D'ailleurs, chacune de nos adresses acquises au fil des ans conserve leur nom d'origine », explique M. Hamel. Outre l'usine dans Bellechasse, la PME dispose de deux unités d'affaires à Montréal-Est, une dans le Vermont, en Virginie-Occidentale et à Querétaro, au Mexique.

Les grands fabricants d'équipements (qu'on appelle les OEM dans le jargon de l'industrie) lancent actuellement un message, insiste M. Hamel. « Ils veulent travailler avec des entreprises qui sont de plus en plus intégrées. À leurs yeux, elles paraissent plus crédibles, plus solides. Mes principaux concurrents sont justement des entreprises américaines qui ont procédé à des acquisitions au cours des dix dernières années », indique l'entrepreneur. Ce dernier confie d'ailleurs être activement à la recherche d'une septième entreprise. Cette fois, le terrain de chasse se trouve en Europe.

Un dynamisme recherché

La collaboration entre PME s'effectue également dans l'autre sens. L'acquisition de l'entreprise HRT Industries, à Saint-Eustache, en 2014, par le Groupe Fusia, une firme française spécialisée en fabrication additive (impression 3D), en est un bel exemple. « Nous voulons profiter du dynamisme de la grappe aérospatiale québécoise pour prendre de l'expansion. Pour montrer le sérieux de notre initiative, Montréal est devenue l'adresse de notre nouveau siège social », souligne Christine Chanal, directrice générale de Groupe Fusia.

Que la production des CSeries de Bombardier soit maintenant sous la direction d'Airbus constitue d'ailleurs une bonne nouvelle pour Groupe Fusia, qui est déjà un partenaire du fabricant d'avions français. Déjà, 20 % des revenus de l'entreprise proviennent de contrats obtenus auprès de l'industrie canadienne aérospatiale. « On souhaite que nos revenus canadiens atteignent une proportion de 50 % d'ici trois ans », précise Mme Chanal. Et c'est bien parti. Le Groupe vient de signer une entente de partenariat avec le Groupe Meloche, de Salaberry-de-Valleyfield, pour la production de projets d'impression 3D.

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