Main-d'oeuvre : les technologies à la rescousse


Édition du 16 Juin 2018

Main-d'oeuvre : les technologies à la rescousse


Édition du 16 Juin 2018

Par Claudine Hébert

À Sainte-Anne-de-Bellevue, sous le toit de l’entreprise MDA, le concept de technologie de rupture, particulièrement grâce à l’avènement des constellations de satellites, se traduit par un maintien du nombre d’emplois.

Est-ce que les technologies de rupture peuvent constituer une des solutions pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre ? L'industrie aérospatiale québécoise, qui devra pourvoir 30 000 postes d'ici 10 ans, en est convaincue. En attendant, des entreprises profitent déjà de ces technologies sur le plan de l'emploi.

Une meilleure formation

Chez FDC Composites, à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui se spécialise dans la fabrication et l'assemblage de pièces composites, le problème de transfert de compétence a été résolu grâce à une technologie de rupture : un logiciel LMS (Learning Management System). Que ce soit à l'aide de photos ou de vidéos, les nouveaux employés peuvent consulter instantanément sur leurs appareils mobiles les procédés de fabrication qui leur sont confiés. « Avant, la formation d'un nouvel employé pouvait prendre jusqu'à une semaine. Aujourd'hui, à l'aide de ce logiciel introduit l'automne dernier, la formation s'effectue en moins d'une journée », souligne Mélissa Michaud, contrôleuse et directrice administrative chez FDC Composites. « Et notre employé qui veille à la formation des nouveaux membres de notre équipe peut désormais en superviser quatre à la fois plutôt qu'un seul », poursuit Charles Cabana. Fils du fondateur Jacques Cabana, le coordonnateur à la production chez FDC prendra éventuellement la relève de l'entreprise qui compte une trentaine d'employés. En plus de faire respecter les standards de fabrication, l'outil favorise une meilleure intégration des employés, remarque Mme Michaud. « Le logiciel est multilingue. Ce qui augmente la compréhension et le degré de confiance des nouveaux employés qui maîtrisent moins le français et l'anglais », dit-elle.

Maintenir des emplois

À Sainte-Anne-de-Bellevue, sous le toit de l'entreprise MDA, le concept de technologie de rupture, particulièrement grâce à l'avènement des constellations de satellites, se traduit par un maintien du nombre d'emplois.

Contrairement aux satellites géostationnaires qui, lancés à 36 000 km du sol terrestre, se déplacent à la même vitesse que la rotation de la Terre pour offrir une couverture permanente sur une grande surface, les constellations de satellites se retrouvent à moins de 5 000 km de la surface de la Terre. « Cette pléiade de plus petits satellites, qui se comptent par centaines, voire par milliers, permet de couvrir des zones plus reculées de la planète. Cette technologie a notamment permis d'améliorer l'offre de service Internet aux deux pôles du globe et sur les grandes surfaces océaniques », explique Joanna Boshouwers, directrice générale de MDA.

Participant depuis cinq ans à l'essor de cette nouvelle technologie qui exige une production de haut volume, l'entreprise de l'ouest de l'île de Montréal a pu garder ses quelque 800 employés malgré une baisse de la production de satellites géostationnaires. Mme Boshouwers signale que MDA participe actuellement à la production de trois des quatre nouvelles constellations de satellites qui sont en préparation, dont celle de OneWeb, en leur fournissant des antennes. Beaucoup d'antennes. Habituée de produire une vingtaine d'antennes complexes par année destinées à la fabrication de satellites géostationnaires, MDA en fabrique aujourd'hui plus d'une trentaine par semaine pour les satellites qui forment les constellations.

Parallèlement à ces productions, l'entreprise termine l'intégration et les tests liés aux trois satellites Radarsat qui seront lancés en orbite d'ici la fin de l'année. Ce projet, estimé à 1 milliard de dollars, permettra au gouvernement canadien de surveiller la Terre, plus particulièrement ce qui passe sur le territoire du Canada.

L’industrie aérospatiale en quelques chiffres

200

C’est le nombre d’entreprises liées à l’industrie aérospatiale au ­Québec. Plus de 98 % se trouvent dans un rayon de 30 km du ­Grand ­Montréal.

14,4 G$

C’est le total des ventes réalisées par l’industrie aérospatiale du ­Québec en 2016.

40 700

C’est le nombre de personnes qui travaillent actuellement dans l’industrie aérospatiale québécoise.

70 %

Pourcentage de la recherche et du développement canadiens réalisés dans le ­Grand ­Montréal.

4,1 milliards

C’est le nombre de passagers qui ont voyagé en avion en 2017. Il s’agit d’une hausse de 7 % par rapport au nombre de voyageurs recensé en 2016.

40 000 aéronefs

C’est le nombre d’aéronefs que l’industrie aérospatiale mondiale devrait fabriquer d’ici 20 ans.

Source : ­Aéro ­Montréal

 

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