La sécurité des données, principal souci des dirigeants

Publié le 20/03/2013 à 15:15

La sécurité des données, principal souci des dirigeants

Publié le 20/03/2013 à 15:15

Lorsque l’on parle d’impartition, une question revient régulièrement dans la bouche des dirigeants d’entreprises : l’impartition est-elle une solution risquée ?

Pour Mathieu Courtat, directeur principal Stratégie des technologies chez Deloitte, les craintes des hauts dirigeants concernant la sécurisation des données imparties seraient en partie infondées.

« Le risque est davantage de se tromper sur les objectifs que l’on se fixe plutôt que dans le contrat d’impartition lui-même », estime-t-il.

Depuis plusieurs années, les gros joueurs de l’impartition jouent en effet des coudes pour démontrer la fiabilité de leurs installations auprès du public.

« Globalement, les données imparties chez les fournisseurs canadiens bénéficient du même niveau de sécurité que si elles étaient réalisées à l’interne. Car lorsqu’une fuite se produit, il ne faut pas oublier qu’il s’agit dans 99% des cas, d’une erreur humaine qui aurait aussi bien pu être commise à l’interne », rappelle Benoit Aubert, professeur en gouvernance et technologies de l’information à HEC Montréal.

Garder le contrôle des connaissances
Reste que l’aventure peut rapidement tourner au vinaigre lorsque les entreprises n’analysent pas les risques stratégiques auxquels elles pourraient être confrontées.

«Les gestionnaires doivent développer une vision stratégique à long terme qui comprend non seulement l’impartition de leurs processus, mais aussi la gestion des TI dans leur ensemble, car il n’est plus possible aujourd’hui de penser l’entreprise sans ces outils», estime Benoit Aubert.

La première question à se poser : Quel est le niveau de risque des processus que l’on souhaite impartir ?

« Il faut se demander quelle est l’importance de l’outil à impartir : est-il standard ou propre à l’entreprise ? Amène-t-il de la compétitivité essentielle à vos activités ? Si tel est le cas, mieux vaut choisir de conserver votre processus à l’interne et de ne pas l’impartir », conseille Mathieu Courtat.

Certains services, dont les données sont facilement mesurables, conviennent très bien à l’impartition : «C’est par exemple le cas du service informatique ou du nuage, qui peuvent être facilement externalisés, car l’entreprise est en mesure de mesurer et de prévoir comment vont évoluer ces activités au cours des prochaines années », résume Benoit Aubert.

Conserver des ressources en interne
Dans une époque où les technologies de l’information évoluent très rapidement, l’un des plus grands défis reste de savoir impartir ses processus tout en conservant des ressources et des connaissances suffisamment solides en interne.

Les TI restent en effet un domaine hautement stratégique en lien avec la stratégie d’affaires de l’entreprise, sur lequel les entreprises ne doivent pas chercher à réaliser des économies.

«Il ne faut en aucun cas confier toute la gestion de ses TI à ses fournisseurs. Le risque, c’est que l’entreprise n’aura ensuite plus les ressources nécessaires à l'interne pour renouveler ses appels d’offres, évaluer les différentes options qui s’offrent à elle et faire face aux évolutions en matière de TI», rappelle Nathalie Gosselin, directrice générale du CRIM.

À plus court terme, il existe également toute une série de risques opérationnels qu’il vaut mieux prévoir dans la rédaction du contrat d’impartition, comme une hausse du coût des services, ou une détérioration de la qualité du service liée à l’impartition.

La meilleure manière de se prémunir ? Prévoir ces points au sein du contrat d’impartition afin d’éviter ensuite les mauvaises surprises. « On peut faire appel à un avocat spécialisé dans les TI pour se faire conseiller dans la rédaction du contrat », recommande Mme Gosselin.


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