La formule mixte en mutation


Édition du 24 Mai 2023

La formule mixte en mutation


Édition du 24 Mai 2023

Par Claudine Hébert

Scott Speirs, vice-président de l’agence immobilière CBRE (Photo: courtoisie)

IMMOBILIER COMMERCIAL. Depuis une dizaine d’années, la formule mixte, qui permet de jumeler locaux pour bureaux, commerces et logements, avait la cote auprès des nouveaux développeurs immobiliers commerciaux des grandes villes. C’était, bien sûr, avant la pandémie.

Deux facteurs ont considérablement ralenti, pour ne pas dire stopper, les ardeurs des promoteurs: les tours de bureaux qui se vident et le taux d’intérêt qui augmente. « À l’exception des projets déjà en cours, le centre-ville de Montréal ne devrait pas voir naître de nouveaux complexes mixtes d’ici les trois, et peut-être même les cinq prochaines années », prévient Jean Laurin, associé et président d’Avison Young au Québec.

Sauf peut-être dans les banlieues et en région, où la formule prend de plus en plus ses aises, notamment dans les secteurs qui bénéficient d’un bon service de transport en commun, observe Scott Speirs, vice-président de l’agence immobilière CBRE.

Malgré les turbulences que s’apprête à vivre le marché immobilier commercial, des développements, tels Solar Uniquartier, à Brossard, et l’Espace Montmorency, à Laval, vont continuer d’intéresser les investisseurs, croit-il. Il estime également qu’en raison du prix des loyers résidentiels qui va continuer de grimper, les projets qui contiendront une forte proportion de logements locatifs auront sans doute plus d’attention que les autres.

 

Logements et centre commercial

Le projet de mixité de Trudel Corporation, qui a entamé un chantier résidentiel sur les terrains du centre commercial Fleur de Lys, situé sur le boulevard Wilfrid-Hamel, à Québec, en est un bel exemple. Évalué à 750 millions de dollars (M$), il prévoit la construction de 2000 logements locatifs d’ici sept ans. Un peu plus de 500 logements devraient être livrés pour le début de l’année 2025. Soulignons que plus du quart du complexe commercial a déjà changé de vocation depuis que les frères Trudel (Jonathan et William) en ont fait l’acquisition en 2018. L’ancien magasin Sears a, par exemple, fait place au campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui accueille des étudiants depuis septembre 2021.

Enfin, la direction du Groupe Jesta, qui achève ces jours-ci les colossaux travaux entourant la revitalisation du complexe de la gare Viger, dans le Vieux-Montréal, est d’avis que la formule mixte permettra aux gestionnaires de mieux passer au travers de la crise immobilière commerciale. « La formule sourira probablement davantage aux complexes immobiliers qui incluent un hôtel sur place », avance son directeur principal, Anthony O’Brien.

En plus d’offrir de l’hébergement et un service de restauration aux entreprises établies dans le quartier, l’hôtel Hyatt Centric Ville-Marie jumelé au complexe propose plus de 4500 pieds carrés de salles de réunion. « Ce qui permet aux entreprises du secteur d’avoir accès à des espaces de rencontre sans avoir à en payer le prix dans un loyer mensuel », explique-t-il. D’ailleurs, la clientèle d’affaires représente déjà 10 % des revenus de l’établissement de 177 chambres ouvert en décembre dernier.

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