Supergrappes d'innovation: Pierre Boivin à la fois déçu et optimiste

Publié le 30/10/2017 à 10:10

Supergrappes d'innovation: Pierre Boivin à la fois déçu et optimiste

Publié le 30/10/2017 à 10:10

Par Denis Lalonde

Pierre Boivin. (Photo: Claridge)

Le Consortium canadien en intelligence artificielle n'a pas été retenu au nombre des finalistes de l'initiative des supergrappes d'innovation du gouvernement fédéral, mais cela ne semble pas trop décourager Pierre Boivin, coprésident du comité d'orientation pour la création de la grappe québécoise en intelligence artificielle (IA).

Le Consortium regroupait les instituts en intelligence artificielle d'Edmonton (Alberta Machine Intelligence Institute, ou Amii), de Toronto (Vector Institute) et de Montréal (Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal, ou MILA). «Nous avions une supergrappe 'horizontale' qui découlait de l'engagement du gouvernement fédéral dans son dernier budget», explique M. Boivin. À ce moment, le fédéral avait alloué un montant total de 125 millions de dollars sur cinq ans aux organisations. La gestion du montant a été confiée à l'Institut canadien en recherche avancée (ICRA).

«Or, comme c'est son droit, le gouvernement fédéral a retenu neuf grappes 'verticales' pour la phase finale. Bien sûr, nous sommes déçus de cette décision, mais la bonne nouvelle, c'est que deux supergrappes québécoises se sont qualifiées pour la phase finale», ajoute Pierre Boivin, qui est également président-directeur général de Claridge.

Surtout que les deux supergrappes québécoises ont une composante d'intelligence artificielle: La supergrappe sur les chaînes d'approvisionnement propulsées par l'intelligence artificielle et la supergrappe canadienne sur la mobilité (MOST21).

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada, Navdeep Bains a annoncé le 10 octobre la liste des neuf candidats retenus pour la deuxième phase de l’Initiative des supergrappes d’innovation, dont l'enveloppe globale est dotée d'un budget de 950 millions de dollars. Du nombre, on estime que cinq obtiendront une portion du financement. 

«Espérons que les deux supergrappes québécoises se rendent à la fin. Ça emmènerait beaucoup d'investissements et ça nous donnerait la possibilité de continuer à augmenter le bassin de talent en recherche fondamentale et appliquée. C'est une bonne chose que les grandes entreprises investissent en intelligence artificielle. Elles seront les moteurs initiaux, mais ce qu'on souhaite, c'est de bâtir un écosystème de startups autour de ces gros joueurs. Nous voulons créer des champions mondiaux en intelligence artificielle à partir du Québec», explique M. Boivin.

Un plan à livrer d'ici le mois de février

Peu importe quelles supergrappes obtiendront une portion du financement du fédéral, le mandat du comité d'orientation pour la création de la grappe québécoise en intelligence artificielle restera le même, soit de livrer un plan de développement quinquennal au gouvernement du Québec d'ici le mois de février.

M. Boivin était également du CCEI (Comité consultatif sur l'économie et l'innovation) qui vient de remettre un document au Ministère de l'éducation, de la science et de l'innovation (MESI).

«Le document est plan qui détaille ce que doit faire le Québec pour accélérer l'innovation et stimuler l'économie en 12 recommandations. L'une de ces recommandations est de continuer les investissements en intelligence artificielle, mais surtout de pérenniser les efforts gouvernementaux», explique M. Boivin.

Cela pourrait se traduire, par exemple, par des programmes gouvernementaux qui s'étaleraient sur 10 ou 15 ans plutôt que sur 5 ans. «L'IA, qui dit que ce sera terminé dans cinq ans? On parle des 20 prochaines années», dit-il.

Bientôt de nouveaux locaux pour le MILA

En plus d'aider les deux supergrappes québécoises finalistes, le comité d'orientation pour la création de la grappe québécoise en intelligence artificielle apporte aussi son soutien à l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal (MILA), qui se dotera bientôt de nouveaux locaux. 

«On a constitué l'organisme à but non lucratif en juillet, on a un conseil d'administration et une directrice générale intérimaires, mais il reste encore beaucoup de travaux à faire. Il faut trouver une direction permanente et attirer de nouveaux chercheurs, sans oublier que pendant ce temps, les projets continuent d'entrer», raconte M. Boivin. 

L'ancien président du Canadien de Montréal précise que les nouveaux locaux, qui devraient être inaugurés au plus tard ce printemps, permettront de créer un «noyau fort» entre les chercheurs universitaires et les industriels.

Rappel: Le mandat du comité en 4 points:

1- Voir à la mise en place de l'Institut québécois en intelligence artificielle;

2- Élaborer pour le gouvernement une stratégie quinquennale qui partira de Montréal, mais qui sera pan-québécoise;

3- Représenter et jouer un rôle de leader au niveau de l'initiative canadienne des «supergrappes» pour que le Québec tire son épingle du jeu s'il y a des fonds additionnels qui sont octroyés par le gouvernement fédéral;

4- Se pencher sur les impacts sociaux qui découleront de l'avancement de l'intelligence artificielle.


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