IA: la particularité du jeu vidéo

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Septembre 2017

IA: la particularité du jeu vidéo

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Édition du 30 Septembre 2017

Par Denis Lalonde

DOSSIER INTELLIGENCE ARTIFICIELLE - L'objectif habituel des chercheurs en intelligence artificielle est d'obtenir un système qui soit le plus efficace possible. Une exception à la règle : l'industrie du jeu vidéo.

«Dans les jeux, une intelligence artificielle trop efficace serait frustrante. C'est l'ennemi qui serait capable de tuer votre personnage à 200 mètres d'une balle dans la tête. Nous devons équilibrer l'IA pour qu'elle soit crédible et amusante», explique Yves Jacquier, directeur exécutif des studios de service de production chez Ubisoft.

M. Jacquier dirige Ubisoft La Forge, un espace de prototypage dont la mission est de concrétiser «les idées technologiques issues de la collaboration entre le milieu de la recherche universitaire et les équipes de production».

«La Forge regroupe une dizaine d'employés d'Ubisoft qui participent à différents projets de recherche et développement. On complète l'équipe avec une vingtaine de personnes qui viennent du milieu universitaire, que ce soit des professeurs, des étudiants, des doctorants ou des post-doctorants», dit-il.

M. Jacquier ajoute que l'industrie du jeu vidéo fait de l'intelligence artificielle depuis la nuit des temps, mais que les systèmes sont beaucoup plus puissants et complexes depuis quelques années.

«Il y a 20 ans, on avait des systèmes relativement simples qui interagissaient peu entre eux. On avait une voiture à conduire au milieu d'autres voitures, mais dans un environnement fixe qui ne réagissait pas, ou très peu, aux actions des joueurs», dit-il, ajoutant que l'industrie a connu un tournant il y a une dizaine d'années avec la création de mondes ouverts, comme dans la franchise Assassin's Creed.

«À ce moment-là, on ne proposait plus quelque chose de très linéaire, mais un bac à sable avec des règles et des missions. Libre au joueur d'évoluer à sa manière», raconte M. Jacquier.

L'intelligence artificielle, une menace ?

À son avis, la montée en puissance de l'intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme une menace par les travailleurs de l'industrie du jeu vidéo.

M. Jacquier cite en exemple l'arrivée des studios de capture de mouvements il y a 10 ans. Jusqu'alors, les spécialistes du domaine devaient concevoir leurs animations à la main. «Au départ, les animateurs 3D ont perçu cette technologie comme une menace. Puis, ils ont appris à l'utiliser pour automatiser certaines tâches répétitives et pour concentrer leurs travaux là où ils ont le plus de valeur ajoutée», explique-t-il.

Selon lui, le même phénomène est en train de se produire en intelligence artificielle. «Aujourd'hui, pour diverses raisons, on scripte encore beaucoup d'éléments à la main dans les jeux vidéo. Par exemple, si je lance une chaise sur un tableau, il se peut que le tableau et la chaise se cassent ou subissent des dommages. Dans un jeu, il faut encore prévoir tout ça. Dans un monde idéal, on aimerait que les systèmes arrivent à faire le travail», raconte-t-il.

Il prévoit que, d'ici trois ans, l'intelligence artificielle permettra de créer plus d'animations, plus de variété, des personnages aux comportements plus riches et des ennemis plus adaptés à l'expérience du joueur. Yves Jacquier soutient que l'objectif de La Forge est de permettre au personnel de s'approprier les technologies pour rapidement concevoir un produit dont le niveau de qualité atteint 80 %, permettant aux employés de se concentrer sur le 20 % restant.

Début septembre, Ubisoft a d'ailleurs annoncé la création de 1 000 postes au Québec au cours des 10 prochaines années, ce qui porterait son effectif dans la province à 4 600 emplois.

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