Décontaminer en profondeur

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Juin 2018

Décontaminer en profondeur

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Édition du 02 Juin 2018

L’anse du Moulin, qui s’ouvre sur la baie des Anglais, contenait un taux élevé de produits chimiques industriels.

CATÉGORIE INDUSTRIE - Pendant plusieurs années, l'anse du Moulin, à Baie-Comeau, a été considérée comme l'une des zones marines les plus contaminées du pays. Des berges qui ont été réhabilitées au terme d'un long processus. Une opération délicate menée entre autres par la firme WSP.

C'est dans les années 1980 qu'on découvre que les sédiments dans l'anse du Moulin, qui s'ouvre sur la baie des Anglais, contiennent un taux élevé de produits chimiques industriels, comme des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des biphényles polychlorés. Le résultat d'années de rejet de l'aluminerie installée à côté, à l'époque la Reynolds (aujourd'hui Alcoa), alors qu'il n'existait pas de normes environnementales à ce sujet.

« Quand Alcoa a constaté l'ampleur des dégâts, l'entreprise a commencé par entreprendre un programme d'assainissement des rejets pour éliminer la source de cette pollution. Ce projet a duré une quinzaine d'années, entre les années 1980 et le milieu des années 1990 », explique Carl Gauthier, vice-président, Expertise et qualité - environnement Québec chez WSP. Plusieurs études de toutes sortes ont ensuite été menées pour déterminer le type et la localisation des contaminants.

La société s'est également questionnée : fallait-il traîner tous ces sédiments pollués, au risque de les disperser dans le fleuve, ou tout simplement les emprisonner sur place ? En effet, une des solutions à ce type de problème est de confiner les éléments derrière une digue, limitant les risques environnementaux. « Comme il y a un port en activité dans l'anse, il fallait conserver une certaine profondeur pour permettre la circulation maritime. C'est pourquoi le recouvrement devenait difficile », indique M. Gauthier.

Suivi en continu

Plusieurs solutions, comme le recouvrement environnemental, la création de digues et le dragage ont été retenues. Entre autres, il a fallu retirer près de 56 000 mètres cubes de fond marin. Mais repêcher les sédiments à 8 à 12 mètres de profondeur, dans une zone propice aux tempêtes, n'est pas sans risque. C'est pourquoi un système de bouées permettant de calculer le taux de matières en suspension à distance et en continu a été mis en place, précise M. Gauthier. « Les résultats étaient envoyés toutes les dix secondes et des alertes étaient lancées si on dépassait certains seuils. » Il était donc possible de réagir rapidement grâce aux bornes situées à 100 mètres et à 400 mètres, ajoute-t-il. « Comme les travaux se déroulaient sept jours sur sept, 24 heures sur 24, cela évitait aussi d'avoir des travailleurs sur l'eau pour prendre des échantillons, ce qui est habituellement le cas. Cette méthode a permis de diminuer considérablement les risques d'accident. »

Alors que les travaux sont presque terminés, un suivi environnemental qui durera entre quatre et six ans a été mis en place pour voir si les changements ont atteint leur but. Un dossier de longue haleine pour la firme WSP, qui a travaillé avec plusieurs autres intervenants dans ce dossier.

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