Haro sur les tâches répétitives


Édition du 09 Mars 2022

Haro sur les tâches répétitives


Édition du 09 Mars 2022

«Nous essayons d’éviter le plus possible la manipulation de données afin que nos professionnels relèvent des défis plus intéressants très tôt dans leur carrière», selon Benoit Lacoste Bienvenue, associé directeur pour la province du Québec pour KPMG. (Photo: courtoisie)

Haro sur les tâches répétitives
Jean-François Venne
Lily Adam, associée en certification et leader du programme de recrutement de la relève chez EY, voit évoluer depuis plusieurs années les attentes des stagiaires et des jeunes employés. « Ils veulent des défis beaucoup plus vite dans leur carrière et ils souhaitent que chaque heure de travail soit pertinente dès le départ », remarque-t-elle. 
Les tâches répétitives et ennuyeuses, très peu pour eux. Ils aiment la variété et le changement. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux ne souhaitent pas travailler auprès d’un même client année après année. « Pour nous, cela représente un défi puisque la continuité et la conservation de la connaissance dans les équipes restent importantes, admet Lily Adam. Il s’agit de trouver un équilibre en révisant nos modèles d’affaires. »
Le cabinet recrute désormais plus de stagiaires afin que les tâches répétitives soient partagées entre davantage de personnes et occupent ainsi moins de leur temps. Il délocalise aussi une partie de la besogne routinière dans ses centres d’excellence, au Canada et à l’étranger. Les dirigeants d’EY s’efforcent par ailleurs de communiquer constamment et de bien expliquer aux jeunes les raisons derrière leurs choix ou leurs approches. 
L’attitude des jeunes présente de nombreux avantages, selon Lily Adam. « Ils sont ouverts, mobiles et motivés, souligne-t-elle. Ils montrent une grande soif d’apprendre et de se former. » En 2021, EY a investi 12 millions de dollars en apprentissage et en perfectionnement au Canada. Le cabinet est aussi le premier à offrir à ses employés à temps plein la possibilité de suivre gratuitement des programmes de MBA entièrement accrédités en technologie et en développement durable.
Laisser les tâches répétitives aux robots
Chez KPMG, on mise beaucoup sur l’innovation et la création de nouveaux outils technologiques pour répondre aux besoins des jeunes. Cependant, les former pour bien utiliser ces outils est tout aussi important.
« En collaboration avec des universités, nous offrons un programme de formation à nos employés, notamment nos vérificateurs, qui porte sur l’intelligence artificielle, ainsi que sur l’exploitation et la visualisation de la donnée », indique Benoit Lacoste Bienvenue, associé directeur pour la province de Québec. En plus de leur procurer des connaissances, le programme leur permet d’ajouter un certificat à leur curriculum vitæ. 
L’automatisation de certaines tâches répétitives, par exemple dans les audits et la fiscalité, constitue un autre atout de KPMG pour modifier le travail de sa relève. « Nous essayons d’éviter le plus possible la manipulation de données afin que nos professionnels relèvent des défis plus intéressants très tôt dans leur carrière », précise l’associé directeur. Il cite KPMG One Port, un outil qui centralise et simplifie plusieurs tâches en fiscalité, comme le partage de documents, l’extraction de données ou le suivi de l’avancement d’un projet. D’autres outils permettent par exemple d’automatiser jusqu’à 85 % du travail dans une mission d’examen des états financiers.
« Sans de telles solutions pour automatiser des tâches répétitives, comme la manipulation de données, nous connaîtrions des problèmes de rétention de nos jeunes », croit Benoit Lacoste Bienvenue.
Des carrières plus intéressantes
Chez Mallette aussi, la technologie devient une arme de rétention massive. « Deux phénomènes poussent à l’automatisation : le manque de main-d’œuvre et le désir des jeunes d’éviter le travail redondant et de vivre des débuts de carrière plus motivants », explique le président Mario Bédard. 
Il donne l’exemple des tests sur les systèmes de salaire, d’achats ou de vente d’une entreprise, qui relevaient des vérificateurs il y a plusieurs années. Ces tâches sont maintenant effectuées de manière beaucoup plus exhaustive et rapide par des logiciels d’intelligence artificielle. Le vérificateur peut donc se concentrer sur la visualisation et l’analyse des éléments qui sortent de l’ordinaire. 
Les stratégies de rétention des jeunes chez Mallette dépassent cependant l’automatisation. Elles passent aussi par un virage plus général vers le conseil d’affaires, qui offre des occasions de carrière bien plus variées qu’il y a quelques décennies. Il y a 35 ans, quand Mario Bédard sortait de l’université, les recrues avaient le choix entre devenir vérificateurs dans un cabinet ou contrôleurs dans une entreprise. 
« Maintenant, ils peuvent bonifier leurs études avec un CFA, une spécialisation en évaluation d’entreprises ou encore un MBA, et ont l’occasion de se promener entre nos différentes divisions, comme celle d’évaluation d’entreprises, de juricomptabilité, de marketing financier, de fiscalité internationale, etc. », énumère-t-il.
La moitié des professionnels de Mallette ne travaillent pas en certification, même si la plupart commencent dans cette division. « C’est important pour nous qu’ils sentent dès le début qu’ils auront beaucoup d’options, pour mener des carrières qu’ils n’ont peut-être jamais imaginées lorsqu’ils étaient sur les bancs d’école », affirme son président.
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GRANDS DE LA COMPTABILITÉ. Lily Adam, associée en certification et leader du programme de recrutement de la relève chez EY, voit évoluer depuis plusieurs années les attentes des stagiaires et des jeunes employés. « Ils veulent des défis beaucoup plus vite dans leur carrière et ils souhaitent que chaque heure de travail soit pertinente dès le départ », remarque-t-elle. 

Les tâches répétitives et ennuyeuses, très peu pour eux. Ils aiment la variété et le changement. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux ne souhaitent pas travailler auprès d’un même client année après année. « Pour nous, cela représente un défi puisque la continuité et la conservation de la connaissance dans les équipes restent importantes, admet Lily Adam. Il s’agit de trouver un équilibre en révisant nos modèles d’affaires. »

Le cabinet recrute désormais plus de stagiaires afin que les tâches répétitives soient partagées entre davantage de personnes et occupent ainsi moins de leur temps. Il délocalise aussi une partie de la besogne routinière dans ses centres d’excellence, au Canada et à l’étranger. Les dirigeants d’EY s’efforcent par ailleurs de communiquer constamment et de bien expliquer aux jeunes les raisons derrière leurs choix ou leurs approches. 

L’attitude des jeunes présente de nombreux avantages, selon Lily Adam. « Ils sont ouverts, mobiles et motivés, souligne-t-elle. Ils montrent une grande soif d’apprendre et de se former. » En 2021, EY a investi 12 millions de dollars en apprentissage et en perfectionnement au Canada. Le cabinet est aussi le premier à offrir à ses employés à temps plein la possibilité de suivre gratuitement des programmes de MBA entièrement accrédités en technologie et en développement durable.

 

Laisser les tâches répétitives aux robots

Chez KPMG, on mise beaucoup sur l’innovation et la création de nouveaux outils technologiques pour répondre aux besoins des jeunes. Cependant, les former pour bien utiliser ces outils est tout aussi important.

« En collaboration avec des universités, nous offrons un programme de formation à nos employés, notamment nos vérificateurs, qui porte sur l’intelligence artificielle, ainsi que sur l’exploitation et la visualisation de la donnée », indique Benoit Lacoste Bienvenue, associé directeur pour la province de Québec. En plus de leur procurer des connaissances, le programme leur permet d’ajouter un certificat à leur curriculum vitæ. 

L’automatisation de certaines tâches répétitives, par exemple dans les audits et la fiscalité, constitue un autre atout de KPMG pour modifier le travail de sa relève. « Nous essayons d’éviter le plus possible la manipulation de données afin que nos professionnels relèvent des défis plus intéressants très tôt dans leur carrière », précise l’associé directeur. Il cite KPMG One Port, un outil qui centralise et simplifie plusieurs tâches en fiscalité, comme le partage de documents, l’extraction de données ou le suivi de l’avancement d’un projet. D’autres outils permettent par exemple d’automatiser jusqu’à 85 % du travail dans une mission d’examen des états financiers.

« Sans de telles solutions pour automatiser des tâches répétitives, comme la manipulation de données, nous connaîtrions des problèmes de rétention de nos jeunes », croit Benoit Lacoste Bienvenue.

 

Des carrières plus intéressantes

Chez Mallette aussi, la technologie devient une arme de rétention massive. « Deux phénomènes poussent à l’automatisation : le manque de main-d’œuvre et le désir des jeunes d’éviter le travail redondant et de vivre des débuts de carrière plus motivants », explique le président Mario Bédard. 

Il donne l’exemple des tests sur les systèmes de salaire, d’achats ou de vente d’une entreprise, qui relevaient des vérificateurs il y a plusieurs années. Ces tâches sont maintenant effectuées de manière beaucoup plus exhaustive et rapide par des logiciels d’intelligence artificielle. Le vérificateur peut donc se concentrer sur la visualisation et l’analyse des éléments qui sortent de l’ordinaire. 

Les stratégies de rétention des jeunes chez Mallette dépassent cependant l’automatisation. Elles passent aussi par un virage plus général vers le conseil d’affaires, qui offre des occasions de carrière bien plus variées qu’il y a quelques décennies. Il y a 35 ans, quand Mario Bédard sortait de l’université, les recrues avaient le choix entre devenir vérificateurs dans un cabinet ou contrôleurs dans une entreprise. 

« Maintenant, ils peuvent bonifier leurs études avec un CFA, une spécialisation en évaluation d’entreprises ou encore un MBA, et ont l’occasion de se promener entre nos différentes divisions, comme celle d’évaluation d’entreprises, de juricomptabilité, de marketing financier, de fiscalité internationale, etc. », énumère-t-il.

La moitié des professionnels de Mallette ne travaillent pas en certification, même si la plupart commencent dans cette division. « C’est important pour nous qu’ils sentent dès le début qu’ils auront beaucoup d’options, pour mener des carrières qu’ils n’ont peut-être jamais imaginées lorsqu’ils étaient sur les bancs d’école », affirme son président.

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