Révolution tranquille chez les Cris

Publié le 29/09/2012 à 00:00, mis à jour le 02/10/2012 à 09:33

Révolution tranquille chez les Cris

Publié le 29/09/2012 à 00:00, mis à jour le 02/10/2012 à 09:33

Par Suzanne Dansereau

Clients d'envergure

C'est que les temps changent aussi pour les Cris : les nouvelles occasions d'affaires ne concernent plus simplement des projets d'infrastructures locales ou des travaux de base pour Hydro-Québec. Elles touchent maintenant des projets d'envergure mondiale, notamment dans le secteur minier.

David Bull cherchait des soumissionnaires pour deux contrats majeurs : dans un cas, il s'agissait d'une buanderie industrielle pour la minière Goldcorp. « Avec un client comme ça, je n'ai pas le droit à l'erreur », explique-t-il. Dans le deuxième, il est question de s'unir au géant de l'alimentation Loblaws, qui prend pied pour la première fois à la Baie-James, détrônant la chaîne Northern, jugée colonialiste. « Je dois réussir ces projets », insiste David Bull. Des projets pour lesquels il a emprunté dans une banque conventionnelle - la TD - au lieu de se tourner vers un fonds cri, précise-t-il.

Le chef de Wemindji, Rodney Mark, se montre lui aussi disposé à des changements dans la culture d'affaires : « Nous allons passer en revue nos coentreprises afin de mesurer leurs forces et faiblesses », signale-t-il. Car sa tête à lui aussi est sur le billot avec le mégaprojet de la mine d'or Éléonore. Sa grande préoccupation : s'assurer d'avoir une main-d'oeuvre assez nombreuse, bien formée et prête à faire ses preuves auprès d'entreprises mondiales. C'est par la compétence et la concurrence que les Cris deviendront prospères, et leurs leaders le savent.

Or, lors de notre tournée, plusieurs gens d'affaires cris ont exprimé des critiques face aux entreprises du Sud qui, dans le passé, se sont alliées avec des intérêts cris mais sans faire suffisamment d'efforts concernant le transfert de compétences et la formation. Ils ont également négligé de faire en sorte que les clients - en l'occurrence la population crie - en aient pour leur argent, au bout du compte.

Une autre tendance se dessine : l'entrepreneuriat privé. Alors que les Cris ont beaucoup d'entreprises publiques, les intérêts privés en détiennent peu. Jusqu'à maintenant, le système économique cri n'a pas encouragé leur démarrage. Et peu de Cris ont développé la fibre entrepreneuriale. Cela aussi est en train de changer. Selon Ted Moses, l'ancien chef du Grand Conseil des Cris, « c'est le prochain défi ».

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