Québec doit-il investir dans Oceanic Iron Ore?

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 16:00

Québec doit-il investir dans Oceanic Iron Ore?

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 16:00

Par Suzanne Dansereau

Steven Dean, président d'Oceanic Iron Ore, voit beaucoup d'avantages à un éventuel partenariat avec Québec. [Photo : Gilles Delisle]

Le projet de mine de fer d'Oceanic Iron Ore, une minière de Vancouver, est un des projets d'exploration les plus importants et les plus avancés du Nunavik. Évalué à 3,7 milliards de dollars au minimum, il pourrait produire 20 millions de tonnes de concentré de fer par année, à compter de 2017, dans la baie d'Ungava, là où se prolonge la fosse du Labrador.

En entrevue avec le journal Les Affaires, le président de la minière, Steven Dean, a lancé l'idée que Québec en devienne actionnaire. «Pour l'instant, les mines de fer du Québec appartiennent essentiellement à des intérêts chinois ou indiens. En ce qui nous concerne, nous aimerions maximiser la part d'intérêts canadiens», a-t-il expliqué.

L'occasion serait belle, car cette minière relativement petite (65 millions de dollars en capitalisation boursière en date du 6 février 2012) n'a pas encore signé avec un partenaire stratégique. «Oceanic Iron Ore est l'une des seules sociétés minières à offrir cette possibilité», a ajouté M. Dean.

Le projet aura besoin de partenaires notamment pour la construction d'un port en eau profonde, d'une ligne de transmission électrique de 600 kilomètres en provenance de la centrale hydroélectrique La Forge 2, dans la région de la Baie-James, et d'un pipeline d'une vingtaine de kilomètres pour relier le concentrateur au port.

PPP en vue

L'automne dernier, la minière a nommé l'ancien ministre québécois Lawrence Cannon à son conseil d'administration. Ses entrées à Québec et à Ottawa seront bien utiles quand il s'agira pour Oceanic de demander au gouvernement fédéral de soutenir la construction d'un port en eau profonde, prévue en partenariat public-privé, ou à Québec d'investir dans l'extension du réseau d'Hydro-Québec au Nunavik, réseau dont il est dépourvu à l'heure actuelle.

«Être branché sur le réseau électrique nous rendra concurrentiels», fait valoir M. Dean. Sur ce point, Oceanic a un allié de taille : la société inuite Makivik réclame elle aussi un branchement au réseau électrique depuis plusieurs années. Makivik et Oceanic entameront d'ailleurs ces jours-ci des pourparlers en vue de conclure une entente accordant des bénéfices aux Inuits. Les trois propriétés d'Oceanic sont en effet situées à côté d'un village de 150 Inuits (Aupaluk) , perturbé par l'arrivée de la minière.

Un Québec inc. minier ?

L'idée d'une participation du Québec inc. - comme Investissement-Québec ou la Caisse de dépôt - dans un projet minier qui pourrait recevoir un certain soutien du Plan Nord pour ses infrastructures n'est pas nouvelle.

Elle a été évoquée récemment par l'ex-premier ministre québécois Jacques Parizeau. Selon lui, si Québec a l'intention de financer une partie des infrastructures dont bénéficieront les minières, il devrait en contrepartie être actionnaire de ces dernières afin de profiter des bénéfices éventuels.

De plus, le président d'Investissement-Québec, Jacques Daoust, a mentionné aux Affaires que la société comptait investir davantage que les 500 millions de dollars (M $) prévus dans le cadre du Plan Nord.

Étude de faisabilité

Mais Oceanic a encore des preuves à fournir avant d'attirer de grosses pointures : elle doit réaliser un important test de métallurgie, qui devrait commencer en avril 2012. Elle en attend les résultats pour juillet 2012. Viendra ensuite l'étude de faisabilité. C'est alors qu'Oceanic se tournera soit vers un acheteur, soit vers un partenaire stratégique avec qui chercher l'acheteur.

Jusqu'à maintenant, la minière a investi 22 M $ sur le terrain. La qualité du fer qu'elle compte extraire se compare selon elle à celle de ce qui sort des gisements de la mine Mont-Wright ou de celle du lac Bloom, plus bas dans la fosse du Labrador. Oceanic prévoit un retour sur l'investissement de 34 % sur la base du prix du fer à 115 $ US la tonne.

CV

Nom : Steven Dean

Âge : 51 ans

Titre : président

Entreprise : Oceanic Iron Ore

Steven Dean est également le président du conseil d'administration de la minière torontoise Dia Bras, qui fait de l'exploration au Pérou et au Mexique. Il a été président de Teck Resources (également connue sous le nom de Teck Cominco) entre 1999 et 2002.


image

Communication interne

Mardi 26 novembre


image

Gestion de la formation

Mardi 03 décembre


image

Marché de l'habitation

Mercredi 04 décembre


image

Sommet Énergie

Mardi 21 janvier


image

Santé psychologique

Mercredi 22 janvier


image

Marketing personnalisé

Mercredi 05 février


image

Forum Contrats publics

Mardi 11 février


image

Expérience

Jeudi 20 février


image

DevOps - Québec

Mercredi 26 février


image

Usine 4.0 - Québec

Mercredi 18 mars

DANS LE MÊME DOSSIER

À la une

Les investissements miniers progressent 7% en 2018

14/11/2019 | François Normand

L'Association minière du Québec s’inquiète toutefois de la réduction des dépenses d'exploration.

Immobilier: le Québec termine l'année en force

14/11/2019 | Les Affaires - JLR

BLOGUE INVITÉ. À Montréal, l’ajout de nouvelles unités peine à répondre à la demande, ce qui fait grimper les prix.

Canopy Growth rate la cible, le titre plonge

Mis à jour le 14/11/2019 | Denis Lalonde

Le titre de Canopy Growth termine la journée sur une chute de 14,27% à la Bourse de Toronto.