Les Inuits reconsidèrent leur appui au Plan Nord

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 15:56

Les Inuits reconsidèrent leur appui au Plan Nord

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 15:56

Par Suzanne Dansereau

Elena Labranche examine le tracé du lien. [Photo : Suzanne Dansereau]

Le partenariat entre les Inuits du Nunavik et le gouvernement Charest pour le Plan Nord a du plomb dans l'aile.

Dans une lettre envoyée au premier ministre québécois le 12 décembre dernier, les dirigeants des deux organisations les plus importantes du Nunavik - l'Administration régionale Kativik et la Société Makivik - affirment qu'ils «commencent à mettre en doute l'opportunité d'un partenariat avec Québec» pour le Plan Nord.

Dans cette lettre dont Les Affaires a obtenu une copie, les leaders de la communauté disent qu'ils sont «frustrés» par la lenteur de Québec à s'occuper concrètement des questions réellement prioritaires pour les Inuits, aussi appelés Nunavimmiuts, qu'il faut résoudre au plus vite avant d'aborder le Plan Nord.

Ils affirment également être «choqués» par le fait qu'on les renvoie au Plan Nord pour régler des dossiers qui relèvent plutôt d'obligations contractées par la province dans le cadre de la Convention de la Baie-James et du Nord-du-Québec. De plus, ils signalent que les Inuits se sentent mal informés et mal préparés devant l'arrivée de minières comme Adriana et Oceanic Iron Ore sur leur territoire.

Les dirigeants concluent en rappelant que les Inuits reconsidéreront leur appui au Plan Nord lors de la prochaine assemblée annuelle de Makivik, en mars.

La lettre est signée Maggie Emudluk, présidente de l'ARK, et Pita Aatami, président sortant de Makivik. Le 19 janvier, M. Aatami a été remplacé par Jobie Tukkiapik, ancien directeur général de l'ARK. Mais ce dernier siégeait au conseil d'administration de l'organisation au moment de l'envoi de la lettre et est moins lié au Plan Nord que son prédécesseur.

De plus, il vient d'être remplacé à l'ARK par Isabelle Parizeau, la fille de l'ex- premier ministre péquiste Jacques Parizeau, très critique face au Plan Nord.

Le Plan Nunavik, pas le Plan Nord

«Nous ne voulons pas dire non, non, non au Plan Nord, car nous voulons donner du travail et un avenir à nos jeunes», explique Maggie Emudluk lors d'une entrevue accordée aux Affaires à son bureau de Kuujjuaq. «Mais sans des réponses rapides et suffisantes quant à nos priorités, nous ne serons pas en mesure de profiter du Plan Nord», explique-t-elle.

Ces priorités, au nombre de sept, sont décrites dans un document intitulé Plan Nunavik, qui a été transmis au gouvernement en novembre 2010, bien avant le dévoilement du Plan Nord.

La première est un programme de rattrapage dans la construction de logements. Le Plan Nord répond partiellement à cette demande avec le financement de 300 nouveaux logements sociaux et 200 privés. Sauf que le nombre de logements requis s'élève plutôt à 1 000, et qu'ils devraient être en forte majorité sociaux, car le coût réel des logements privés demeure prohibitif, précise Watson Fournier, porte- parole de l'Office de l'habitation du Nunavik. En deuxième lieu, les Inuits réclament des subventions pour réduire le coût de la vie, 65 % plus élevé qu'au Québec en ce qui concerne la nourriture.

Pas de collège ni de centre de formation

Par ailleurs, les besoins en infrastructures municipales essentielles au Nunavik (aqueduc, eau, routes) ne sont pas comblés, et ce qui choque Mme Emudluk, c'est que les demandes sont traitées de façon ad hoc au lieu d'être traitées comme des services essentiels nécessitant des fonds récurrents. De plus, le Plan Nunavik demande des investissements majeurs dans la santé, l'éducation et la protection de la jeunesse. Alors qu'on fait miroiter des emplois aux Inuits avec le Plan Nord, ces derniers n'ont pas de collège ni un centre de formation.

Selon Michael Gordon, responsable du développement économique chez Makivik. les demandes représentent au bas mot 300 millions de dollars par année.

Enfin, le Plan Nunavik exige que les Inuits aient la priorité pour les contrats et emplois offerts par Québec (et toute organisation non gouvernementale), tel que stipulé dans la Convention de la Baie-James et du Nord-du-Québec (BJNQ) et l'Accord Sanarruktik signé en 2002 (l'équivalent de la Paix des Braves chez les Cris). Il s'agit d'une condition préalable pour faire des affaires au Nunavik, est-il écrit dans le document.

Des droits éteints

Sur le plan juridique, le gouvernement a le droit d'imposer son Plan Nord sur le territoire parce que les Inuits y ont éteint leurs droits. Même si la commission de la qualité de l'environnement de Kativik, prévue par la Convention de la Baie-James, en arrivait à rejeter des projets miniers, le gouvernement québécois aurait le dernier mot, rappelle Jean Piette, avocat chez Norton Rose.

Mais sur le plan politique, c'est une autre paire de manches. Les conflits politiques représentent un risque négatif pour les minières et les autres entreprises ayant des projets à long terme.

15 % Proportion des emplois dans le secteur minier occupé par des Inuits. | Source : ARK


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