Le Nunavik : les projets se multiplient

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 15:53

Le Nunavik : les projets se multiplient

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 15:53

Par Suzanne Dansereau

Jean-Marc Lulin, président de l'Association pour l'exploration minière du Québec. [Photo : Gilles Delisle]

Le Nunavik est un territoire stratégique pour le Québec en raison de la richesse de son sous-sol. C'est un maillon important du Plan Nord de Jean Charest. Notre journaliste revient de Kuujjuaq, où elle a rencontré récemment les incontournables de la communauté inuite. Elle donne des pistes pour y faire des affaires.

Uranium, tungstène et autres métaux rares, fer, or, cuivre, nickel, palladium, platine, diamants... Les prospecteurs s'activent pour découvrir les filons dont le Nunavik regorge. Conséquences : les dépenses d'exploration s'additionneront sur le territoire en 2012.

Outre la phase II du complexe de nickel Raglan de la multinationale Xstrata (2 milliards de dollars), l'ouverture prochaine de la mine Nunavik Nickel détenue par des intérêts chinois (800 millions de dollars (M$)), l'injection de 40M$ dans le projet du Lac Otelnuk par la chinoise Wisco et de 22M$ dans le gisement Hopes Advance par Oceanic Iron Ore, une quinzaine de projets seront en cours de réalisation au cours de l'année.

«Le Nunavik est la dernière frontière de l'exploration minière au Québec», lance Jean-Marc Lulin, président de l'Association pour l'exploration minière du Québec et fondateur de la société Azimut Exploration, qui détient 24,9 % des titres miniers sur ce territoire.

«Le Nunavik est appelé à devenir ce qu'est la Baie James au plan minier», ajoute André Gaumond, président de Mines Viriginia, qui a découvert le gisement Eleonore à la Baie James et compte trois projets au Nunavik.

Regain d'intérêt

Un certain nombre de ressources sont connues depuis les années 1950. Mais, aujourd'hui, le soutien gouvernemental prévu dans le cadre du Plan Nord, la possibilité d'augmenter l'accès au territoire par l'ouverture de routes, du Fonds d'exploration minière du Nunavik, une organisation qui forme des Inuits à la prospection minière.

En 2006, Azimut et le géant français Areva ont découvert un gisement d'uranium dans le Nord-Est du Nunavik. Pour l'instant, ces sociétés n'y sont pas actives, mais elles pourraient le redevenir si le prix de ce minerai était de nouveau en hausse.

Au centre du Nunavik, vers le nord, entre la baie d'Ungava et la baie d'Hudson, se trouve un immense territoire encore non exploré, relate M. Séguin. Pendant l'été 2011, la société De Beers a effectué des levés géologiques dans cette région, à la recherche de diamant, mentionne-t-il.

Selon nos sources, De Beers ne serait pas seule : une filiale de Rio Tinto lorgnerait elle aussi le diamant sur le territoire.

Azimut, pour sa part, entend y dépenser près de 4 M$ sur deux propriétés importantes, Rex et Rex Sud, où elle a identifié des indices minéralisés de fer, de cuivre, d'or et d'argent, ainsi que de tungstène. «Jusqu'à ce qu'on découvre Rex Sud, des minéralisations de tungstène de cette envergure n'étaient pas connues au Québec», fait remarquer M. Lulin. Pour le gisement Rex Sud, Azimut s'est associée avec la société Aurizon, de Vancouver.

D'ailleurs, les sociétés minières de Vancouver sont bien représentées au Nunavik : Kingsview Iron Ore, Zone Ressources, Commerce Ressources, s'activent dans le centre du Nunavik, sur un long axe nord-sud, où se trouve la fosse du Labrador, riche en fer. C'est là que se trouve le projet Lac Otelnuk de la société Adriana, un projet de 13 G$ pour une mine de fer d'une durée de vie de 100 ans.

«La propriété d'Adriana sert de gisement fondateur pour attirer d'autres minières dans la région», observe M. Lulin. Le 12 janvier dernier, l'aciérie chinoise Wisco et Adriana ont validé leur entente de coentreprise sur le projet, en vertu de laquelle Wisco investit 40 M$ pour financer une étude de faisabilité qui démarrera sous peu.

Quant à Mines Virginia, elle prévoit dépenser 6 M$ cette année au Nunavik, après y avoir dépensé 2,5 M$ en 2011. Mines Virginia a un projet de forage avec la minière Anglo-American (cuivre et nickel), un autre avec Quadra FNX (nickel, platine, palladium), et un projet d'exploration avec le Fonds minéral d'exploration du Nunavik.

L'éventualité d'un fonds inuit

Cet engouement pour le Nunavik donne du travail à l'équipe de Jean-Marc Séguin. Créé en 1998, le Fonds d'exploration minière du Nunavik, qui a formé près de 150 Inuits à la prospection, réalise des contrats avec Mines Virginia, Azimut et plusieurs autres. Le fonds a tellement de succès que M. Séguin tente d'en faire une entreprise 100 % inuite pour que la population profite des occasions d'affaires qu'apporte le boom d'exploration. Le fonds est actuellement financé par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, à raison de 300 000 $ par année. Il est logé dans le Centre de recherche de l'organisation inuite Makivik et bénéficie du soutien administratif de l'Administration régionale Kativik (ARK).

505 000 Superficie en kilomètre carré du Nunavik, soit un tiers de la superficie du Québec et près de la moitié du territoire du Plan Nord.

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