La puissante machine Makivik

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 16:02

La puissante machine Makivik

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 16:02

Par Suzanne Dansereau

Jobie Tukkiapik, nouveau président de la société Makivik, va soutenir le Plan Nord si les conditions fixées par les Inuits sont respectées. [Photo : NUNATSIAQ ONLINE]

«Le secret le mieux gardé du Québec.» C'est ainsi que le premier ministre Jean Charest a un jour qualifié la société Makivik. Peu de gens savent en effet que cette société possède deux compagnies aériennes, dont First Air, le troisième transporteur en importance du Canada. Elle a aussi des activités dans le transport maritime, les pêches, la construction, les communications sans fil, les produits de beauté...

Créée en 1975 pour recevoir, administrer et investir l'indemnité pécuniaire destinée au peuple inuit conformément à la Convention de la Baie-James et du Nord du Québec (CBJNQ), Makivik a démarré avec un budget de 92 millions de dollars (M $). Elle valait 420 M $ en 2011, selon Jean-François Artaud, adjoint de direction du président de la société jusqu'au 19 janvier. Pas mal pour une société qui a un statut d'organisme sans but lucratif...

Une société en croissance

Et ce n'est pas fini. Dans la foulée du boum généré par le Plan Nord, les sources de revenus de Makivik sont appelées à augmenter. C'est en effet avec Makivik que les minières signent des ententes sur les impacts et les bénéfices (EBA) qui prévoient des indemnités aux nations autochtones sur le territoire.

À titre d'exemple, la minière Xstrata a accordé plus de 100 M $ à Makivik en participation aux bénéfices d'exploitation depuis l'entente signée en 1995 pour la mine Raglan.

Les minières comme Jien Canada, Oceanic Iron Ore et Adriana sont en train de négocier le même genre d'ententes, qui prévoient non seulement des redevances, mais aussi des emplois et des contrats.

Mais les paroles du premier ministre pourraient aussi refléter le fait que Makivik n'est pas un livre ouvert. Impossible, en effet, de connaître les revenus et profits de First Air l'an dernier, ou de savoir comment Makivik a géré ses entrées de fonds et ses dépenses.

Changement de garde

Le 19 janvier dernier, les Inuits du Nunavik ont destitué Pita Aatami, président de Makivik depuis 14 ans et membre de son conseil d'administration depuis 24 ans. Un des facteurs qui aurait joué dans cette destitution est l'octroi d'un bonus de 600 000 $ à M. Aatami pour la bonne performance de First Air.

Dans le dossier du Plan Nord, le nouveau président, Jobie Tukkiapik, adopte la même position mitigée que son prédécesseur : oui, mais seulement si ce projet peut soutenir un développement durable pour la communauté, selon les conditions fixées dans le Plan Nunavik. En campagne électorale, M. Tukkiapik a promis d'être plus à l'écoute de la population et de réclamer les terres cédées dans le cadre de la Convention de la Baie-James.

Une position qui n'inquiète pas trop, toutefois, le président de la minière Oceanic Iron Ore : «M. Tukkiapik siégeait au conseil d'administration de Makivik avant d'en devenir le président. Nos pourparlers se poursuivent comme avant avec les avocats de Makivik», a précisé Steven Dean.

Une des priorités du nouveau président : adopter rapidement une politique minière pour Makivik, un dossier lancé par l'ancienne administration. C'est un besoin urgent, selon la présidente de l'Administration régionale Kativik (ARK), Maggie Emudluk (l'ancienne patronne de M. Tukkiapik) car les minières sont aux portes du Nunavik. Le responsable du développement économique chez Mativik, Michael Gordon ajoute que la société planche aussi sur un guichet unique pour les entrepreneurs voulant faire affaire au Nunavik.

La manière dont les indemnités minières sont distribuées à la population pourrait aussi être revue, croit Mme Emudluk. Selon elle, elle devrait l'être. Actuellement, il est prévu que les villages directement touchés par les exploitations minières touchent une grande partie de l'argent - le reste allant à l'ARK - et décident eux-mêmes si cet argent sera versé par chèques aux citoyens ou affecté à des projets communautaires. Mme Emudluk fait valoir que lorsque l'argent arrive sous forme de chèques individuels, les bénéficiaires ont tendance à le dépenser rapidement.

«Il faut revoir cette pratique si on souhaite un meilleur développement de la population», assure-t-elle. Une étude effectuée en Colombie-Britannique a démontré que ces chèques entretenaient en partie les problèmes de toxicomanie chez les bénéficiaires.

Le nouveau président de Makivik a refusé de nous accorder un entretien, parce qu'il préférait prendre d'abord connaissance de ses dossiers.

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