Johnny Adams, l'homme à connaître

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 16:17

Johnny Adams, l'homme à connaître

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 16:17

Par Suzanne Dansereau

Après avoir oeuvré en politique, Johnny Adams dirige maintenant plusieurs entreprises dans la construction et les transports. [Photo : Suzanne Dansereau]

Il est le contact incontournable pour qui veut faire des affaires au Nunavik. Entrepreneur en série, politicien, administrateur, consultant, mentor, pilote d'avion... La feuille de route de Johnny Adams, président de Laval Fortin Adams, la plus importante entreprise privée inuite du Nunavik, en vaut dix !

L'homme d'affaires inuit de 51 ans parie que les occasions de partenariats, surtout en logistique, vont se multiplier au cours des prochaines années grâce au Plan Nord. Et il est bien placé pour profiter des retombées.

Après avoir été tour à tour maire de Kuujjuaq et président de l'Administration régionale Kativik (ARK), il dirige aujourd'hui une demi-douzaine d'entreprises et de partenariats dont Laval Fortin Adams (LFA), un constructeur au chiffre d'affaires de 49 millions de dollars. M. Adams est actionnaire de LFA à 51 %, le reste des parts étant détenu par le Groupe Laval Fortin, d'Alma.

LFA oeuvre dans la construction et la rénovation d'infrastructures : logements, écoles, hôpitaux, installations industrielles, etc. Elle a démarré en 2006 avec le contrat de l'aéroport de Kuujjuaq. Actuellement, elle participe à la construction d'infrastructures pour Nunavik Nickel Mines, qui prévoit ouvrir sa mine de nickel en 2013, ainsi qu'à des projets de rénovation avec l'Office municipal d'habitation de Kativik et la Commission scolaire Kativik.

Flair et débrouillardise

C'est dans son imposante demeure située sur une colline de Kuujjuaq - la plus grosse maison du Nunavik, dit-on, d'où on peut voir danser les aurores boréales - que Johnny Adams reçoit Les Affaires.

«J'ai choisi de m'associer avec le Groupe Laval Fortin parce qu'il avait fait ses preuves ici et se comportait convenablement avec la communauté inuite. Ses employés n'introduisaient pas de drogue et traitaient les femmes d'ici avec respect.» Pour ce fils né de la rencontre d'une Inuite et d'un aventurier canadien-français qui les a abandonnés, cela a été un critère majeur.

Avec cette entreprise, il a construit des installations et du matériel - immeubles, camps, équipements, véhicules - qui restent sur le territoire. «Contrairement à certaines sociétés de construction du Sud, qui viennent exécuter des mandats ici et qui rapportent ensuite leur équipement et leurs profits dans le Sud», fait-il remarquer.

La réussite de Johnny Adams tient aussi à sa débrouillardise et à son flair pour repérer les occasions d'affaires avant tout le monde. À 17 ans, il faisait venir des Big Mac par avion et les revendait. À 19 ans, il a bâti avec son épouse Levina la première arcade de jeux au Nunavik et fait découvrir les vidéos aux Inuits.

Alors qu'il était maire de Kuujjuaq, il a fait construire un centre d'hébergement pour personnes âgées, même si ce n'était pas dans les plans du gouvernement provincial. À la tête de l'ARK, il a pris l'initiative de nettoyer 18 000 barils de goudron laissés sur la plage de Kuujjuaq par le gouvernement fédéral et s'est servi des résidus pour goudronner les routes. Ce n'est que plus tard qu'Ottawa a accepté de financer une partie de l'opération de nettoyage.

Bras long

Les liens de Johnny Adams avec le monde politique québécois et inuit sont étroits : il a présidé l'ARK pendant huit ans, de 1997 à 2005, et son frère, Pita Aatami, a été à la tête de la société Makivik pendant 14 ans. Johnny Adams siège encore au conseil d'administration de First Air, le troisième transporteur aérien du Canada, une filiale de Makivik. Il est également actionnaire de plusieurs sociétés de transport aérien.

Cet infatigable entrepreneur ne manque pas d'ambition : il est en train d'étendre ses tentacules à l'extérieur. Il travaille notamment sur le projet de Muskat River avec le gouvernement de Terre-Neuve et vient de créer une coentreprise d'exportation de camps miniers avec un partenaire chinois. «Mon partenaire me recommande de faire apprendre le chinois comme langue seconde à mes enfants !» dit-il en riant.

Il s'est associé avec l'entrepreneur cri Ted Moses dans des projets de construction à la Baie-James et prépare une coentreprise avec des Naskapis et des Innus pour des contrats avec les minières New Millenium et Adriana.

«Il y a en ce moment une multitude de partenariats qui sont en train de se former, poursuit-il. C'est l'occasion de développer l'entrepreneuship au Nunavik. J'aimerais bien voir naître d'autres LFA. Mais pour cela, il faut changer le système d'attribution des contrats.»

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