Emploi : la priorité aux Inuits

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 10:10

Emploi : la priorité aux Inuits

Publié le 11/02/2012 à 00:00, mis à jour le 09/02/2012 à 10:10

Par Suzanne Dansereau

Tous les ministères du gouvernement du Québec devraient faire avec les Inuits ce que Hydro-Québec a fait avec les Cris et les Innus pour les contrats dans le cadre de la construction de centrales hydro-électriques : leur accorder un traitement préférentiel.

C'est ce que suggère l'homme d'affaires inuit Johnny Adams. Sans ces contrats préférentiels, dit-il, l'entrepreneurship ne prendra pas son envol au Nunavik et «le Plan Nord ne vaudra pas la peine pour les Inuits».

«S'il y a si peu d'entrepreneurs au Nunavik, c'est à cause de cela. Nous avons perdu 30 ans en occasions d'affaires», lance-t-il en entrevue.

Le plus bas soumissionnaire

Lorsque le gouvernement québécois a besoin d'un sous-traitant pour réaliser un contrat, il ne donne pas la priorité à une entreprise inuite, il prend le plus bas soumissionnaire. Il n'avantage pas non plus les entreprises qui forment des Inuits.

En raison de cette absence de «discrimination positive», l'embauche et la formation d'Inuits, de même que le transfert de technologie et d'équipements aux Inuits, sont rares, voire inexistants. Conséquence : il y a peu d'entrepreneurs inuits. «C'est un cercle vicieux», conclut M. Adams.

Engagement

Québec s'est pourtant engagé à promouvoir la priorité aux Inuits dans les contrats et les emplois en vertu de la Convention de la Baie-James (1975) et de l'Accord Sanarrutik (2002), plaide-t-il.

L'entrepreneur n'est pas le seul à réclamer des changements : les organisations dirigeantes du Nunavik - l'Administration régionale Kativik (ARK) et la société Makivik - le font aussi dans le Plan Nunavik.

Le président de Laval Fortin Adams et Makivik construction est lui-même pris dans cette logique. «Je dois demeurer concurrentiel si je veux des contrats publics.»

Québec doit prendre l'initiative

Johnny Adams déplore que Makivik Construction, qui recrute des sous-traitants, ne donne pas non plus la priorité aux Inuits.

Mais selon lui, c'est à Québec d'ouvrir le bal, comme le gouvernement fédéral l'a fait. Les minières ont institué cette pratique dans le cadre de leurs ententes sur les impacts et les bénéfices signées avec les autochtones.

De plus, le gouvernement du Nunavut (territoire autonome situé au nord du Nunavik et peuplé par les Inuits) accorde des points supplémentaires aux entrepreneurs d'oeuvre inuite. S.D.

«Le Plan Nord ne contribuera pas au développement des Inuits si Québec n'accorde pas des contrats préférentiels à leurs entreprises.» - Johnny Adams

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