Congrès minier: Une hausse des redevances au Québec serait mal avisée

Publié le 04/03/2013 à 07:16, mis à jour le 04/03/2013 à 09:37

Congrès minier: Une hausse des redevances au Québec serait mal avisée

Publié le 04/03/2013 à 07:16, mis à jour le 04/03/2013 à 09:37

Par Suzanne Dansereau

Le contexte ne se prête pas à une hausse des redevances visant les minières actives dans le fer, juge un expert. Photo: Envision Digital Photography

TORONTO. Il serait mal avisé, voire «idiot», de hausser les redevances minières au Québec dans le contexte actuel, soutient un expert de l’industrie du minerai de fer rencontré par LesAffaires.com au congrès de l'Association des prospecteurs et entrepreneurs miniers du Canada (PDAC).

La fosse du Labrador risquerait ainsi de faire fuire une bonne partie de ses investisseurs, car les coûts de production deviendraient trop élevés, a dit Phil Newman, PDG de CRU Strategies, une firme de recherche indépendante établie à Londres.

Le domaine d’expertise de M. Newman est le minerai de fer. Il livrait une présentation dimanche lors de la première journée du congrès annuel du PDAC.

À lire: Une minière sur trois au Québec a un urgent besoin de financement

Dans le cadre de sa présentation, M Newman a divulgué une étude comparative entre les coûts de production du fer en provenance de la Fosse du Labrador (située à mi-chemin entre le Québec et le Labrador) et ceux du fer en provenance de pays de l’Afrique de l’Ouest. Une étude faite à la demande de minières canadiennes établies dans la fosse du Labrador, a-t-il précisé par la suite à LesAffaires.com.

Ces deux régions en émergence offrent un potentiel similaire en terme de quantité (24 milliards de tonnes de fer dans le cas de la fosse du Labrador contre 32 milliards en Afrique de l’Ouest, incluant la Guinée, le Cameroun et le Sierra Leone).

L'Afrique plus avantageuse

Mais les ressources de fer en Afrique de l’Ouest sont plus faciles à extraire, les quantités de fer à enfournement direct plus abondantes, les coûts de main-d’œuvre moins élevés et les coûts de transport également bien plus bas que dans la fosse du Labrador.

Qui plus est, l’écart au niveau des prix d’expédition, qui désavantage la région canadienne devrait augmenter d’ici 2020, a-t-il estimé.

(Selon ses calculs, il en coûte actuellement 6$ US de plus la tonne pour expédier du fer du Québec que le coût en Afrique de l’Ouest, mais l’écart devrait passer à 9$ US).

L’avantage-clé de la fosse, selon lui, est le fait que la région offre un approvisionnement plus sécuritaire en raison de son environnement politique plus stable.

«Les promoteurs de projets ont le choix entre le risque d’un coup d’État et des coûts de production trop élevés», a lancé l'expert.

Mais comme le risque politique est plus difficile à calculer que le coût de production, la fosse du Labrador pourrait se retrouver perdante si ses coûts ne sont plus concurrentiels, a dit M. Newman à LesAffaires.com. «Ce serait idiot d’augmenter davantage les redevances à l’heure actuelle», a-t-il expliqué, rappelant que «35% des ressources de fer au Québec font l’objet d’options prises par des puissances asiatiques comme l’Inde et la Chine. Or, il est très facile que de ne pas exercer une option.»

Selon les pronostics de M. Newman, un gradué de l’université McGill en génie minier, le prix du fer devrait demeurer élevé en 2013, mais baisser aux alentours de 100$ la tonne ensuite pour les cinq prochaines années. Or, plusieurs projets miniers dans la fosse du Labrador ont un coût comptant se rapprochant de ce prix.

Vente de Rio Tinto au Canada

Phil Newman n’est pas surpris outre mesure d’apprendre que la minière Rio Tinto envisage de se délester de IOC, qui produit des boulettes de fer depuis les années 50 dans la fosse du Labrador.

Selon lui, Rio Tinto souhaite se concentrer sur «la crème» de ses projets, située en Australie.

En comparaison, ce qui vient de la Fosse du Labrador, «c’est comme du lait à 2%». Ceci dit, il est convaincu que IOC trouvera preneur. La mine est l’une des opérations les moins chères dans la Fosse du Labrador.

 

 


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