Bien évaluer ses dépenses et ses revenus, le défi des PME en démarrage

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Mars 2015

Bien évaluer ses dépenses et ses revenus, le défi des PME en démarrage

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Édition du 28 Mars 2015

[Photo: iStock]

Les entreprises en démarrage font souvent face à une trésorerie limitée. Une saine gestion est donc primordiale à ce moment.

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Cependant, «les entrepreneurs font souvent preuve de trop d'optimisme, en surestimant leurs ventes», dit Benoît Mignacco, directeur général, capital de croissance et transfert d'entreprise, à la Banque de développement du Canada.

«Dans 90 % des cas, les dépenses sont même sous-estimées. Les entrepreneurs font souvent leurs budgets sur un coin d'une table», souligne Lynda Coache, associée de Raymond Chabot Grant Thornton.

Sans compter que, la première année, les entrepreneurs ont tendance à vivre avec l'argent qu'ils ont dans leur compte en banque. Ils oublient les impôts et les acomptes provisionnels qu'ils auront à verser en fin d'année. «Si vous avez mal géré ces paramètres au cours de la première année, cela peut facilement vous retarder pour trois à quatre ans», met en garde Mme Coache.

Il est donc essentiel d'établir un solide budget prévisionnel. En effet, contrairement à une entreprise mature, la gestion de la trésorerie et des liquidités devient plus importante que la gestion des résultats financiers pour une firme qui démarre. «On peut prévoir assez facilement les dépenses à venir, comme les salaires, les dépenses de marketing, le loyer, mais pas les revenus à venir, car ils peuvent venir plus tard ou être moins élevés que prévu», rappelle Nicolas Marcoux, associé et leader du groupe conseils et transactions chez PwC.

L'un des premiers indicateurs à mesurer est donc le burn rate [taux de combustion], soit la vitesse à laquelle l'entreprise dépensera ses liquidités. Est-ce que vous perdez 50 000 $, 100 000 $ ou 200 000 $ par mois ? Voilà la question à se poser.

«Il est important aussi de regarder les résultats régulièrement et de les comparer à ses prévisions, afin de ne pas se retrouver en fin d'année face à des estimations complètement fausses», prévient Lynda Coache.

L'importance d'une politique de perception des comptes

En raison de cette incertitude, la prudence est de mise dans les dépenses tout comme dans la projection des revenus. Charles Douville, premier vice-président, services aux grandes entreprises, Banque HSBC Canada, rappelle que «les entreprises en démarrage ont, par définition, besoin d'argent pour se développer. Elles doivent donc s'assurer de conserver leurs liquidités à disposition pour subvenir aux besoins de l'entreprise et de placer cet argent dans des outils financiers où il sera rapidement accessible».

Rares également sont les entrepreneurs qui pensent à se doter d'une réelle politique en matière de perception des comptes clients, dit Mario Fiorino, vice-président, services aux entreprises de la BMO, qui les y encourage : «La PME peut décider de donner un délai de 45 jours à ses clients pour la payer. Ce qui fait en sorte que lorsque le personnel augmentera, il y aura déjà une politique implantée qui facilitera l'adoption de bonnes habitudes», souligne-t-il.

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