Comment recruter les bons profils d'administrateurs?

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Septembre 2014

Comment recruter les bons profils d'administrateurs?

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Septembre 2014


Une entrevue déterminante


Quelle que soit le moyen emprunté, le processus de recrutement, généralement conduit par le comité RH ou le comité de gouvernance du CA comprend souvent, en plus de l’étude approfondie du CV, une batterie de tests psychométriques ainsi qu’une à plusieurs entrevues. « Des vérifications poussées sont de plus en plus profondes et sérieuses, et vont par exemple des vérifications de crédit à l’étude du casier judiciaire des candidats », affirme Nathalie Francisci, associée au cabinet Odgers Berndtson et présidente du CA de la section québécoise de l’Institut des administrateurs de sociétés.


Moment déterminant pour intégrer un CA, l’entretien de sélection doit être considéré avec la même importance qu’un entretien d’embauche. « C’est le même principe : le candidat doit savoir quel est le plan stratégique de l’entreprise, quelle est sa gestion des risques, pour déterminer quelle pourrait être sa valeur ajoutée au sein du CA», souligne Bruno Déry, qui fait un parallèle avec une équipe de sport : « S’il manque un bon rameur ou un bon sprinter, cela peut faire toute la différence à l’étude des candidatures ».


En plus de l’étude du CV, les recruteurs utilisent des grilles pour identifier les forces et faiblesses des candidats. « Quand je recrute un administrateur, j’aime savoir ce qui intéresse le candidat dans cette compagnie, comment il va mettre à profit ses expériences au sein du CA. Il faut aussi s’assurer de la compatibilité de l’individu avec l’organisation, ce qui passe souvent par la poursuite de la rencontre à travers un lunch ou un souper pour mieux sentir l’individu », commente Nathalie Francisci. La capacité d’un administrateur à gérer les crises est aussi déterminante : « Je demande toujours aux candidats quelles sont les crises qu’ils ont vécu, et ce qu’ils en ont retiré. Cela peut être le départ du Ceo, une offre d’achat publique hostile, ou la dégringolade d’une action en bourse… Et s’ils n’en ont pas vécu, j’ai tendance à décliner car vous ne saurez pas comment la personne réagira en cas de problème », affirme-t-elle.


Des vérifications à mener


La question des conflits d’intérêts est désormais prise très au sérieux au sein des organisations. «Lorsqu’on établi un CA, il faut s’assurer que les administrateurs soient le moins possible en conflit d’intérêt. On commence généralement par leur envoyer un questionnaire afin qu’ils puissent déclarer toutes les entreprises avec lesquelles ils ont un lien afin de voir s’il peut s’agir de fournisseurs, clients, ou concurrents de l’entreprise», explique Thierry Dorval, associé au cabinet d’avocats Norton Rose Fullbright Canada. Parfois, c’est même les conflits d’intérêts potentiels qui sont le plus difficiles à gérer : « L’indépendance n’est pas forcément un dogme ; on peut parfois avoir certains administrateurs qui proviennent de l’industrie car ils ont une très bonne connaissance de l’entreprise, mais il ne faut pas que ce soit la majorité», précise M. Dorval.


Dans ce cadre, les recruteurs ont désormais tendance à préférer des candidats qui limitent le nombre de mandats sur lesquels ils siègent, ce serait-ce que pour une question de disponibilité.


« Certains administrateurs peuvent prendre jusqu’à 4 ou 6 CA à temps plein quand ils sont retraités, tandis que les autres en prennent moins car cela demande beaucoup de temps et de préparation », affirme Bruno Déry. D’autres facteurs, comme l’éloignement géographique, peuvent aussi entrer en ligne de compte : le candidat réside-t-il dans la ville où se tiendra les réunions, ou devra-il à chaque fois venir de Québec ou de Montréal ? « Cela peut vite prendre 6h de déplacements pour seulement 3h de réunion ! Il faut donc des personnes qui soient prêtes à s’investir » souligne M. Déry.


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