MBA: mettre la formation en ligne à profit

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Janvier 2021

MBA: mettre la formation en ligne à profit

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Édition du 20 Janvier 2021

Une femme suit un cours à distance

Les cours à distance n'ont pas eu que des effets négatifs sur la formation en MBA. (Photo: 123RF)

FORMATION MBA POUR CADRES ET DIRIGEANTS. Quoi de mieux pour entreprendre une réorientation de carrière en ces temps incertains que de s’inscrire à un programme de MBA spécialisé dans ce qui nous passionne? Les Affaires jettent un oeil sur les nouveautés en matière de formation pour cadres.

En raison de la pandémie, le projet de maîtrise en administration des affaires pour cadres (EMBA) de Laurier Dubeau, étudiant à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG-UQAM), a pris une tournure inattendue. Du jour au lendemain, tous les cours ont dû être offerts à distance, ce qui a exigé plusieurs adaptations. «Les étudiants de notre cohorte avaient eu le temps d’apprendre à se connaître pendant la session d’automne 2019, alors que ceux qui débutent cette année n’ont pas eu cette chance», se console celui qui est instructeur en affaires internationales au Greystone College, à Montréal.

C’est l’aspect informel du programme qui lui manque le plus. «L’enseignement s’effectue bien et nous continuons de réaliser beaucoup de travail d’équipe, mais je m’ennuie des conversations pendant les pauses et les dîners ou des discussions avec les professeurs après les cours», confirme-t-il. Il admet toutefois qu’une crise d’une telle ampleur représente une occasion d’apprentissage unique pour des gestionnaires.

 

Des étudiants plus engagés

À l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia, l’EMBA s’est poursuivi à distance l’automne dernier, explique sa vice-doyenne responsable des programmes de deuxième cycle, Sandra Betton. Les déplacements à l’étranger ont été annulés et remplacés par des conférences en ligne. L’une d’elles portait sur l’impact social et commercial de la pandémie de grippe espagnole au début du 20e siècle, alors que d’autres se concentraient sur les défis de gestion que la crise sanitaire actuelle pose aux États et aux entreprises.

Les étudiants de deuxième année ont aussi été invités à analyser les lacunes d’une entreprise de leur choix dans sa réponse à la crise et à formuler des recommandations. Ils ont présenté leurs résultats en ligne aux étudiants de première année. «Les deux cohortes ne se croisent à peu près pas en temps normal, donc cette forme d’interactivité constituait une innovation», souligne la vice-doyenne.

Les cours à distance n’ont donc pas eu que des effets négatifs. Certains inscrits ont eu des occasions de promotion pour des postes à Toronto ou ailleurs. En temps normal, il leur aurait été difficile de revenir à Montréal une fois par semaine pour terminer le programme. La migration en ligne a éliminé ce problème. «Nous avons aussi remarqué que certaines activités, comme les simulations et les jeux de rôle, fonctionnent mieux en ligne, et que les étudiants participent encore plus lors de cours donnés en visioconférence qu’en classe», ajoute Sandra Betton.

 

Le choix du bimodal

Le programme d’EMBA de McGill-HEC s’est déroulé en ligne pendant le premier confinement, avant de passer plus tard au «bimodal». Une partie des étudiants suivaient les cours en ligne, alors que d’autres venaient en classe, en respectant les consignes de la Santé publique. «Nous les avons laissés choisir ce qui leur convenait le mieux», explique Louis Hébert, directeur de la direction des programmes de MBA et d’EMBA à HEC Montréal. Certains ont aussi préféré repousser leur entrée au EMBA; ils ont été remis sur la liste d’attente et d’autres étudiants ont pris leur place.

Passer en mode bimodal a représenté un défi technologique, mais surtout pédagogique. «Dans un EMBA, les étudiants apprennent les uns des autres, puisque ce sont tous des gestionnaires chevronnés, rappelle Alain Pinsonneault, professeur à l’Université McGill et codirecteur de l’EMBA McGill-HEC. Or, le partage de connaissances entre les participants se révèle moins fluide en ligne qu’en classe.»

 

Des occasions d’apprentissage

Au rayon des effets positifs, Alain Pinsonneault énumère l’apprentissage de l’utilisation des outils technologiques dans le travail d’équipe et l’augmentation du nombre de rencontres par rapport à ce qui se faisait normalement en face à face. Le programme a aussi profité de l’occasion pour organiser des conférences en ligne avec des personnalités, comme le bangladais Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006 et fondateur de la première institution de microcrédit, la Grameen Bank. «Je reste toutefois convaincu que les rencontres en personne forment l’essence du programme», confie le professeur.

La pandémie a davantage nui à ceux qui terminent des programmes spécialisés dans le secteur de la santé. «Les infirmières et les médecins sont très sollicités en ce moment et manquent de temps pour leurs études, au point où nous avons dû parfois étirer les échéanciers», raconte André Côté, professeur titulaire au Département de management de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval. S’ils admettent que les activités en ligne pourraient prendre plus de place dans leur programme même après la pandémie, les directeurs et directrices des EMBA sont unanimes:la présence en classe reste un élément essentiel. Aucun ne rêve de programmes entièrement virtuels.

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