À chacun ses raisons pour faire un MBA


Édition du 25 Août 2018

À chacun ses raisons pour faire un MBA


Édition du 25 Août 2018

« Ce programme m’a complètement changée. Étant toujours la plus jeune des gestionnaires, faire un ­MBA m’a aidé à casser mon syndrome d’imposteur. J’ai appris à me connaître », raconte Kim ­Beauregard. [Photo : Getty Images]

Pourquoi faire un MBA ? C'est une question que se posent sans doute la plupart des gens qui considèrent s'y inscrire. Pour y répondre, Les Affaires a discuté avec deux diplômés dans le but de connaître les raisons pour lesquelles ils se sont inscrits et pour savoir ce qu'ils ont retiré de leur expérience.

Kim Beauregard a aujourd'hui 32 ans et travaille chez Desjardins comme directrice des relations avec la clientèle pour les particuliers. Pourtant, à 19 ans, elle décroche et abandonne l'université. « Je ne savais pas quoi faire avec ma carrière », raconte-t-elle. Elle commence donc à travailler chez Desjardins en centre d'appels et gravit rapidement les échelons jusqu'à un jour devenir gestionnaire. Après cinq ans dans son poste de gestion, elle sent qu'elle arrive au bout de ses connaissances. « Excluant mes emplois étudiants, j'avais seulement travaillé chez Desjardins, dit-elle. C'est tout ce que je connaissais. »

En 2015, à 29 ans, elle entame donc un MBA à l'Université de Sherbrooke, qu'elle termine en 2017, avec l'idée non pas d'apprendre des théories, mais bien d'élargir ses connaissances du monde des affaires pour faire évoluer sa carrière. Comment se font les choses dans les autres banques ? Comment se passent-elles dans d'autres secteurs ? Comment les autres entreprises gèrent-elles leurs problèmes de mobilisation, de contrôle des coûts, de rétention du personnel ? Telles étaient les questions auxquelles elle voulait trouver réponse.

Quelles sont les deux ou trois choses les plus importantes qu'elle a retirées de son expérience ? « Difficile de me limiter à deux ou trois. Ce programme m'a complètement changée. Étant toujours la plus jeune des gestionnaires, faire un MBA m'a aidé à casser mon syndrome d'imposteur. J'ai appris à me connaître », dit-elle. Sans compter que son MBA l'a également aidée à obtenir son poste actuel.

Autant de raisons que d'individus

Chaque personne fait son MBA pour une raison différente en fonction de sa propre carrière, reconnaît Carl Villeneuve, le président de l'Association des MBA du Québec (AMBAQ). Pour certains, c'est le désir d'être plus connectés à la réalité internationale. Pour d'autres, c'est le réseau. Pour d'autres encore, déjà avancés dans leur carrière, c'est le désir de rester à jour. « Beaucoup de professionnels de haut niveau veulent échanger avec des professeurs et des étudiants parce que ça leur permet de valider leurs connaissances », dit M. Villeneuve. C'est une façon pour eux de rester alignés sur les nouvelles tendances.

Les membres de l'AMBAQ mentionnent d'ailleurs le plus souvent les échanges et les liens que forment entre eux les membres d'une même cohorte comme raison d'entamer un MBA, explique M. Villeneuve. « Les gens retirent beaucoup à discuter des défis qu'ils vivent, même avec des professionnels d'autres domaines. »

Aussi pour entrepreneurs

Le MBA est aussi utile pour les entrepreneurs. Guillaume Godbout, par exemple, est président de Les conseillers d'affaires, une firme montréalaise de marketing web et de génération de pistes (lead-generation). Au moment de décider de se lancer en consultation, il désirait trouver un élément qui pourrait le démarquer. Après réflexion, il décide que cet élément serait un MBA pour cadres. En 2015, il a donc terminé le MBA pour cadres de l'Université de Sherbrooke. « Ce diplôme me permet aujourd'hui de créer des liens plus facilement : c'est plus simple de se lier avec quelqu'un quand vous avez quelque chose en commun. Ça crée un sentiment d'appartenance. Si vous et votre client avez un MBA, ça accélère la phase d'introduction. »

Il a aussi mieux cerné ses forces, et soutient maintenant mieux se connaître et détecte mieux les gens avec qui il est plus naturellement compatible. « En tant qu'entrepreneur, je n'ai jamais d'évaluation, raconte-t-il. Personne ne me donne de la rétroaction. Le MBA m'a aidé à comprendre qui je suis. »

Ses collègues expérimentés l'ont aussi aidé à cerner ce qu'il faisait bien... ou moins. « Quand je parlais de mes méthodes de travail, on m'a souvent dit : "Wow, où est-ce que tu as appris ça ?", mais on m'a aussi souvent dit : "Ça, c'est très 2002. Ne parle de ça à personne !" »

Les simulations, exercices pratiques et autres travaux d'équipe lui ont par ailleurs enseigné à travailler avec des gens de différents horizons. M. Godbout dit avoir côtoyé des personnes de 30, 40 et 50 ans, des cadres de grandes entreprises qu'il n'aurait, selon lui, jamais pu côtoyer autrement. « Ça m'a permis de me mesurer, dit-il. De voir où il se situait dans l'univers des gestionnaires du Québec. »

Il a même rapidement trouvé moyen de monétiser son expérience. « Je covoiturais avec un étudiant d'une autre cohorte, dit-il. On a développé des affinités et j'ai fini par collaborer avec son entreprise. Il m'a d'ailleurs recommandé à des clients. Même chose pour les autres relations que j'ai développées au MBA. Elles m'ont été utiles dès le lendemain matin. Ça m'a aidé à payer mes études. »

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