Un plan de carrière, pour quoi faire ?

Publié le 24/08/2013 à 00:00, mis à jour le 22/08/2013 à 09:06

Un plan de carrière, pour quoi faire ?

Publié le 24/08/2013 à 00:00, mis à jour le 22/08/2013 à 09:06

Comme une entreprise se dote d'un plan d'affaires, tout gestionnaire devrait avoir un plan pour développer sa carrière.

«Une carrière est définie par une séquence de postes, d'occasions et de fenêtres qui s'ouvrent et qui se ferment», rappelle Alain Gosselin, professeur titulaire et directeur associé à la Formation des cadres et des dirigeants à HEC Montréal. C'est pourquoi il peut être utile de faire le point.

Souvent absorbés par leur quotidien, les gestionnaires ont pourtant du mal à prendre du temps pour respirer et planifier leur semaine... alors, pour bâtir un plan de carrière ! «Mais il ne faut pas attendre d'être mis à pied ou de se sentir limité dans son poste pour y penser», met en garde Nathalie Doré, conseillère en stratégies d'apprentissage chez IC Formation.

Gérer les changements

Jadis taboue, la question de la mobilité professionnelle est désormais devenue un atout pour les cadres. «Aujourd'hui, quelqu'un qui a acquis de multiples expériences au sein de plusieurs industries sera valorisé pour ses compétences. De même, quelqu'un qui a déjà vécu au Brésil pourra devenir la personne-ressource pour soutenir l'implantation d'une agence sur place», résume Nathalie Doré.

Contrairement à ce que certains peuvent penser, avoir un plan de carrière ne trahit pas une ambition démesurée. «Dans certains cas, c'est même le déclencheur pour retrouver une meilleure conciliation entre sa vie de famille et sa vie professionnelle», avance Rachida Azdouz, directrice du Centre d'études et de formation en enseignement supérieur de l'Université de Montréal. Car les idéaux de la génération Y sont passés par là : il est devenu socialement acceptable de ne pas être celui qui reste le plus tard au bureau et de chercher un certain épanouissement au travail.

En ce sens, le plan de carrière est devenu indispensable pour faire le point et réorienter ses choix stratégiques. Au lieu de courir après les promotions, il peut être malin de tirer avantage du fonctionnement de plus en plus horizontal des organisations pour songer à progresser en diversifiant ses propres champs d'expertise. «Il est parfois plus payant d'essayer de grandir d'abord de façon horizontale, en prenant la tête d'un autre service, que d'essayer de gravir les échelons en silo», soutient Alain Gosselin.

Avoir un plan B

Le bon moment pour remettre à plat ses objectifs ? En tout temps ! Car, si certains gestionnaires attendent que survienne une fusion, une restructuration ou un changement de direction pour faire le pas, il n'est en réalité jamais trop tôt pour commencer à réfléchir à son cheminement de carrière. «Les cadres seront ainsi mieux outillés et auront un plan B pour faire face aux changements qui peuvent survenir au sein de leur organisation», précise Mme Azdouz. Cependant, plusieurs moments peuvent être plus propices à la réflexion. «En début de carrière lorsqu'on arrive sur le marché, mais aussi lorsqu'on ressent un sentiment de plafonnement, une insatisfaction ou un changement dans son milieu de travail, il peut être bon de réévaluer ses ambitions et ses objectifs», souligne Alain Gosselin, de HEC Montréal. L'idée n'étant pas tant d'avoir un plan de carrière fixe pour les 10 prochaines années que de savoir où l'on se situe et quels sont nos valeurs et nos intérêts du moment. «C'est pourquoi il peut être utile de poser d'abord les bases de son plan, puis d'y revenir ensuite régulièrement pour ajuster sa vision», suggère Carolina Castro, coach professionnelle chez Vézina Nadeau Labre.

La formation continue fait partie des éléments incontournables d'une carrière, mais doit être utilisée à bon escient... Elle est souvent l'un des premiers leviers envisagés par les gestionnaires qui souhaitent gravir des échelons. Mais, pour espérer un bon rendement de l'investissement, il est nécessaire de bien définir ses besoins en amont. Conférences, ateliers, modules d'apprentissage en ligne, formations qualifiantes ou parcours thématiques... L'important est de bien cibler ses priorités.

Des outils utiles

Avec l'essor des cours en ligne, l'autoformation fait partie des voies à explorer, tout comme le retour aux études. «L'avantage, c'est que les cadres peuvent suivre des modules en ligne pendant leur pause de midi et réduire ainsi la durée de leur formation», affirme Rachida Azdouz, de l'Université de Montréal. Mais il reste toujours important d'engager la conversation avec un senior, un coach ou un psychologue industriel «qui ne décideront pas les choses pour vous, mais qui vous amèneront à vous interroger», précise Alain Gosselin, de HEC Montréal.

Pour cela, les gestionnaires peuvent aussi utiliser le coaching ou le mentorat. «Alors que le coaching est un mode d'accompagnement qui vise spécifiquement la performance, le mentorat repose plutôt sur le désir d'être accompagné par quelqu'un qui est déjà passé par les mêmes étapes que vous», affirme Nathalie Lafranchise, présidente de Mentorat Québec. En s'inspirant de sa propre expérience, le mentor offre au gestionnaire un regard bienveillant sur son parcours et sur les étapes qu'il lui reste à franchir.

La preuve par l'action

Les cadres peuvent aussi accepter une mission par intérim au sein de leur organisation pour s'essayer à de nouvelles fonctions, à l'occasion du remplacement d'un congé de maternité, par exemple. Au Mouvement Desjardins, les gestionnaires sélectionnés à l'issue d'une revue de talents sont encouragés à accepter des mandats qualifiants pour renforcer leurs compétences. «Ils peuvent être amenés à aller travailler dans une autre caisse pour effectuer un mandat sur la planification stratégique, qui fera ensuite l'objet d'une évaluation avec le supérieur du site et l'université d'entreprise», dévoile Christiane Faucher, de Desjardins. Une belle occasion de se découvrir un talent de médiateur ou un intérêt pour la résolution de problèmes complexes. «C'est aussi une manière, chez d'autres, de s'apercevoir qu'ils n'étaient pas faits pour ça», ajoute Rachida Azdouz. Une autre solution consiste à aller chercher plus de visibilité en se portant volontaire pour participer à un comité de gestion ou à un comité de surveillance au sein de son organisation. À la Société des alcools, un programme de bénévolat d'affaires a été mis en place pour offrir l'occasion aux employés de développer de nouvelles compétences en dehors de leur cadre de travail. «Pour une personne qui n'occupe pas encore un rôle de leadership, elle peut s'exercer dans un contexte de bénévolat ou aller chercher de nouvelles compétences, comme des habilités en communication», précise France Couture, de la SAQ. L'important étant d'être audacieux, car «c'est en sortant de sa zone de confort que l'on peut grandir», résume Nathalie Doré, d'IC Formation.

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