Le micro-learning, pour apprendre vite et bien


Édition du 08 Mars 2014

Le micro-learning, pour apprendre vite et bien


Édition du 08 Mars 2014

Hughes Foltz, fondateur d'Ellicom

Deux tendances fortes s'affirment en 2014, dans le domaine de la formation. La culture de l'instantanéité a donné naissance au micro-learning. «Aujourd'hui, surtout pour rejoindre la nouvelle génération de travailleurs, on s'en sert pour diffuser de courtes capsules - de 5 à 15 minutes maximum - qui leur font découvrir des notions spécifiques de manière ponctuelle», raconte Hughes Foltz, fondateur d'Ellicom, de Québec.

Sa firme a récemment conçu une vingtaine de capsules pour former les agents et les conseillers des centres d'appel Desjardins (17 autres sont en production). Portant sur différents thèmes - l'utilisation des outils informatiques, les bonnes pratiques de communication, la qualité des appels en anglais -, elles ont été visionnées par les 450 employés pendant leur temps d'attente, entre deux appels.

Ellicom a également développé 25 capsules de 3 minutes pour la pétrolière française Total. À la manière des populaires conférences TED, les courtes vidéos visent à faire connaître le nouveau portail collaboratif de la société à ses 70 000 employés. Ceux-ci ont accès à l'ensemble du contenu, généré à la demande.

Apprendre par le jeu

La ludification (gamification, en anglais), un type de formation qui propose des mécaniques rappelant le jeu, est aussi dans l'air du temps. La stratégie doit être amusante et motivante mais, au-delà d'une interface ludique, elle doit surtout proposer des tâches à accomplir. Chaque page doit comporter une notion d'interactivité.

«Les programmes en ligne sont de moins en moins linéaires, explique Patrick Rivard, d'Alia Conseil. Par exemple, pour une organisation parapublique qui souhaitait revoir son service à la clientèle, nous avons créé une formation comprenant un module participatif à la manière d'un livre dont vous êtes le héros.»

En équipe de deux, les 300 gestionnaires devaient suivre un parcours d'une demi-heure parsemé de mises en situation. «Que faut-il faire dans ces circonstances ? Aller voir le patron ? Un collègue ?» Les résultats étaient ensuite partagés lors d'ateliers. «Le côté compétitif, collé à la réalité des participants, a donné lieu à des échanges très riches.»

«L'idée, résume Hughes Foltz, est de trouver la pédagogie et le moyen de diffusion adéquats pour transmettre le mieux possible le message, selon le contexte et les besoins de l'entreprise.»

Classes virtuelles

Lorsqu'une importante institution financière canadienne, qui souhaitait sensibiliser ses employés à la reconnaissance non monétaire, a communiqué avec Alia Conseil, elle avait en tête ce qu'elle connaissait : une formation en classe. «Mais l'échéance était courte, raconte Patrick Rivard, associé chez Alia Conseil. Et nous avions plus de 2 000 personnes à rejoindre, d'un bout à l'autre du pays.» La formation en ligne s'est imposée d'elle-même. En plus d'ateliers en face à face, la firme a mis sur pied une classe virtuelle en temps réel, qui a permis aux participants de suivre la formation à partir de leur ordinateur de bureau.

«Il y a cinq ans, nous réalisions une dizaine de projets de formation en ligne par année ; aujourd'hui, c'est de 40 à 80, dit Patrick Rivard. L'un de nos clients, dans le commerce de détail, réussissait avant à former l'ensemble de ses 24 000 employés en 2 ans, avec un taux de participation de 75 %. Aujourd'hui, le même travail se fait en 3 mois, avec un taux de participation de 90 %.»

L'essor du Web comme plateforme de diffusion et la popularité croissante des nouvelles technologies incitent les entreprises et les institutions d'enseignement à se tourner vers des expériences en ligne pour former leurs équipes. Près de 42 % des organisations faisant partie du Fortune 500 utiliseraient aujourd'hui une forme de technologie d'apprentissage liée au e-learning.

Question d'interactivité

Spécialisée en e-learning, Ellicom a connu un taux de croissance de 1 000 % ces cinq dernières années. Son chiffre d'affaires a grimpé de 30 % de 2012 à 2013, atteignant environ 6 millions de dollars. Fondée en 2002, elle compte aujourd'hui 90 employés et exécute des mandats pour des entreprises variées, dont Bombardier, Air Canada et la SAQ. «On réalise de 40 à 50 projets chaque année. Certains sont tout petits - 30 minutes de formation tout au plus -, d'autres de plus grande envergure. On vient, par exemple, de terminer un impressionnant programme de 240 heures de cours pour la BDC.»

Flexibilité, adaptabilité, logistique simplifiée, déploiement rapide, affranchissement des contraintes géographiques... l'apprentissage en ligne possède, selon ses inconditionnels, de nombreux avantages. «Une récente étude démontre que la formule permet 60 % plus de rétention de l'information, dit Hughes Foltz. En classe, on peut être passif, écouter et ne rien dire. En ligne, lorsque la formation est bien construite, on est constamment sollicité. Tout est question d'interactivité.»

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