Un concours pour stimuler l'approvisionnement local


Édition du 25 Mai 2022

Un concours pour stimuler l'approvisionnement local


Édition du 25 Mai 2022

Par Isabelle Delorme

Zachary Fréchette, Angélique Landry et Martin Côté de La Flûte à Bec (Photo: courtoisie)

FOCUS RÉGIONAUX. La microbrasserie La Flûte à bec, établie à Nicolet, a remporté le volet Faire affaire ensemble du Défi régional OSEntreprendre dans le Centre-du-Québec en avril. L’objectif de ce volet de la compétition provinciale, qui en est à sa deuxième édition, est de faire connaître et de rassembler des entrepreneurs qui remplissent leurs carnets de commandes avec des fournisseurs québécois. 

Dès leur arrivée à la tête de La Flûte à bec il y a quelques mois, aux côtés de Martin Côté, Angélique Landry et son fils Zachary Fréchette ont mis plus de produits locaux au menu, comme les viennoiseries de la boulangerie Galoto, les légumes de la jeune ferme maraîchère La terre du coin et la viande des Délices du centre-ville, trois fournisseurs de Nicolet.

« Un tel changement est très risqué en restauration, mais les clients répondent bien et cette récompense régionale est un encouragement », se réjouit Zachary Fréchette, pour qui trop d’établissements privilégient les produits de grandes entreprises, moins chers. « Le prix, ce n’est pas juste l’argent, mais aussi la valeur », souligne le restaurateur, qui soutient aussi des artistes locaux en exposant leurs œuvres.

Le volet Faire affaire ensemble du Défi annuel de l’organisme sans but lucratif OSEntreprendre est d’ailleurs né d’une volonté de changement interne. « Nous avons revu notre politique d’achats en 2015 pour nous fournir auprès d’entreprises québécoises », raconte Manon Théberge, sa PDG. Après avoir pioché dans la liste des participants à ses activités depuis près de 25 ans, l’équipe a cherché au Québec les prestataires qui manquaient. « Nous avons changé presque toutes nos lignes de fournisseurs », se réjouit-elle.

Pour inciter les entreprises à rendre leur carnet d’approvisionnement plus local, en plus d’encourager les PME dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 50 millions de dollars à poser leur candidature à son nouveau prix, OSEntreprendre a mis des outils à leur disposition sur son site web : un répertoire de plus de 7000 entreprises et un « carrefour » contenant une vingtaine d’articles et une cinquantaine d’« histoires » inspirantes.

 

Cheminer pas à pas

Autre preuve que le restaurant qui sert des bières est un terreau fertile à l’approvisionnement local : le gagnant national du volet Faire affaire ensemble l’an dernier est la microbrasserie St-Pancrace, de Baie-Comeau. « Cette récompense est venue confirmer que nos actions vont dans la bonne direction », se félicite son directeur de production, André Morin.

Il a procédé par étapes pour « peindre en bleu » son carnet de commandes, en commençant par acheter localement les petits fruits qui se retrouvent dans ses bières. « On a éliminé tous ceux qui viennent d’autres pays, précise-t-il. On utilise seulement des fruits québécois, principalement nord-côtiers, donc ça nous donne des arômes différents. » Pensez chicoutai, argousier, airelle et camerise, entre autres. 

Aujourd’hui, la PME compte presque 100 % de fournisseurs québécois pour ses matières premières et 90 % pour les autres produits et les services. Cette proximité lui a permis de passer « d’une approche d’acheteur à celle de partenaire » avec ses fournisseurs, explique André Morin, afin de développer de nouvelles saveurs et croître ensemble.

L’approche pas à pas est très pertinente, affirme Manon Théberge, qui estime que chaque décision menant à « faire affaire ensemble » a des retombées tangibles. « Le “tout bleu” ou rien est un raccourci de communication facile, se désole-t-elle. Il décourage certaines entreprises qui ne peuvent pas atteindre 100 % d’approvisionnement québécois. » Selon elle, « il faut y aller progressivement, ligne par ligne, selon ses produits ou services ». Une entreprise de vêtements bon marché qui se heurte à des contraintes de prix pour produire localement peut par exemple commencer par ses emballages et ses étiquettes, illustre-t-elle.

 

Un concours et une communauté

Les candidatures au volet Faire affaire ensemble sont examinées selon plusieurs critères, indique la PDG d’OSEntreprendre. « Nous veillons à ce que l’orientation de l’entreprise en matière d’approvisionnement soit alignée sur des éléments réalistes, durables et adaptés à son domaine d’activité. » Le cheminement, les partenariats, la valorisation de l’achat local (auprès des employés, des pairs, etc.) et le profil de l’équipe sont également déterminants.

Plus qu’un concours ou un site web, Faire affaire ensemble est une communauté d’entrepreneurs. « Lors de la journée des lauréats, il y avait une émulation extraordinaire. Chacun partageait son carnet de fournisseurs avec les autres ! » se réjouit Manon Théberge, qui a le sentiment de mettre en lumière ce qui était invisible auparavant. À son avis, quand la fierté est partagée, elle devient une source d’inspiration pour tous.

C’est aussi l’expérience de Zachary Fréchette, qui tisse des liens dans sa communauté en allant chercher des fournisseurs locaux du Centre-du-Québec. « Nous nous encourageons mutuellement », lance l’entrepreneur qui prend soin de les mentionner sur son menu.

 


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