L'industrie du bois peut encore « faire la palette »

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Février 2020

L'industrie du bois peut encore « faire la palette »

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Édition du 12 Février 2020

Par Pierre Théroux

Element5, un fabricant de panneaux massifs de type lamellé-croisé (CLT), a ouvert ses portes en 2017 dans le village de Ripon. (Photo: courtoisie)

FOCUS RÉGIONAL OUTAOUAIS. En Outaouais, la forêt est omniprésente. On n'a qu'à sillonner les MRC qui entourent la ville de Gatineau pour constater à quel point ce vaste territoire est occupé en très grande partie (environ 80 %) par la forêt et les industries qui y sont liées.

Voilà pourquoi la région n'échappe pas aux crises qui ont frappé le secteur forestier québécois ces dernières années, dont celles touchant les industries du bois d'oeuvre et des pâtes et papiers. Ces dernières ont notamment entraîné les fermetures de la papetière Smurfit-Stone, de Portage-du-Fort, dans la MRC de Pontiac, de l'usine Papiers Fraser, de Thurso, dans la MRC de Papineau, ou même de l'usine de papier de Domtar dans le secteur Hull de Gatineau. Sans oublier les fermetures définitives ou temporaires de plusieurs scieries de la région.

En octobre dernier, c'était au tour de l'usine de pâte cellulosique Fortress - implantée depuis 2011 dans l'ancienne usine de Papiers Fraser, à Thurso -, de cesser ses activités, entraînant la perte de plus de 300 emplois. Effet domino : en décembre, la scierie Lauzon, de Thurso, qui alimentait Fortress en copeaux et en bois de pâte, a fermé ses portes pour une durée indéterminée.

« Même si la perception générale est qu'il s'agit d'une vieille industrie en déclin, ce n'est pas le portrait réel. Elle représente encore 50 % de l'activité manufacturière de la région », affirme Charles Blais, qui dirige le créneau d'excellence Collectif Bois, un regroupement des entreprises de la 1re, 2e et 3e transformation du bois basées en Outaouais.

La crise économique de 2008 a laissé des traces, reconnaît M. Blais. Il y a eu un déclin des activités et plusieurs pertes d'emplois au fil des ans. Mais l'avenir est prometteur, s'empresse-t-il d'ajouter en expliquant que la construction en bois de grands bâtiments gagne en popularité et que de nouveaux produits novateurs et à plus grande valeur ajoutée se développent. « C'est de bon augure. »

Pekuliari, le projet de la firme montréalaise MU Architecture de construire à partir de 2021 une tour de 48 étages « au coeur d'une forêt de la région » en faisant une large part à l'utilisation du bois, en est d'ailleurs un exemple.

M. Blais constate que le secteur de la construction et les architectes s'intéressent de plus en plus aux systèmes de construction préfabriqués en bois. En octobre dernier, Collectif Bois a d'ailleurs accompagné des entreprises en construction de la région, dont Beaudoin Canada et Brigil, lors d'une visite chez le fabricant de panneaux massifs de type lamellé-croisé (CLT) Element5, qui a ouvert ses portes en 2017 dans le village de Ripon.

Le bois représente l'avenir du secteur de la construction, croit Denis Hilbert, directeur des opérations de l'usine riponnaise. « Son potentiel de conception est pratiquement illimité et c'est le seul matériau de construction majeur que nous ayons qui soit renouvelable », explique-t-il. Lancée il y a cinq ans à Toronto, cette entreprise compte également un bureau à Montréal et une nouvelle usine en construction à St Thomas, en Ontario. Element5 estime que le CLT et d'autres produits de construction en bois comme le lamellé-collé sont appelés à concurrencer davantage les produits à forte intensité de carbone tels que le béton et l'acier.

Approvisionnement et main-d'oeuvre

L'entreprise Bois Francs DV, qui se spécialise dans le séchage et la commercialisation de produits de bois franc pour des planchers, des armoires ou encore des charpentes, tire aussi son épingle du jeu. Elle profite actuellement du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine.

« Les producteurs américains qui exportent en Chine doivent payer des taxes de 25 %. Ça nous avantage, même si ça nous coûte plus cher d'expédier nos produits en Chine », indique Viateur Girard, président de cette entreprise de Fassett qu'il a cofondée avec David Lauzon, également propriétaire de Lauzon Planchers de bois exclusifs dans le village voisin de Papineauville.

Bois Francs DV, qui exploite un bureau à Shanghaï depuis une douzaine d'années, exporte aussi ses produits aux États-Unis et dans une vingtaine d'autres pays d'Asie, en Europe, en Afrique et en Amérique centrale.

Seule ombre au tableau : l'approvisionnement. Le nouveau régime forestier portant sur la gestion et l'aménagement des forêts publiques, instauré par le gouvernement du Québec en 2013, « a entraîné des hausses de coût et des difficultés pour l'approvisionnement en bois », déplore M. Girard.

La pénurie de main-d'oeuvre est aussi au coeur des enjeux de l'industrie. « Des entreprises doivent freiner leur croissance et le développement de nouveaux marchés par manque de personnel », constate M. Blais. Il estime que l'industrie doit y voir une occasion de prendre le virage numérique, sachant que « les entreprises tardent à se moderniser ». Collectif Bois a ainsi mis en oeuvre des séances d'information et d'introduction au concept d'usine 4.0, auxquels ont participé deux groupes d'entreprises depuis un an.

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