Une grève pourrait compromettre la réouverture de la frontière

Publié le 27/07/2021 à 12:07, mis à jour le 27/07/2021 à 16:31

Une grève pourrait compromettre la réouverture de la frontière

Publié le 27/07/2021 à 12:07, mis à jour le 27/07/2021 à 16:31

Par La Presse Canadienne

(Photo: Getty Images)

Les douaniers canadiens menacent de déclencher la grève à compter du 6 août.

« Ceci pourrait mettre en péril le plan du Canada de rouvrir la frontière canado-américaine aux voyageurs américains pleinement vaccinés le 9 août, ce qui pourrait se traduire par des perturbations majeures aux passages de biens, services et personnes qui entrent au Canada », a déclaré le président de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) Chris Aylward, lors d’une conférence de presse virtuelle, mardi.

L’Alliance et le Syndicat des douanes et de l’immigration (SDI) ont annoncé mardi que les quelque 9000 travailleurs de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont « massivement » voté en faveur de la grève, mais ont refusé de donner les proportions du vote.

Bien qu’un nombre imposant d’entre eux doivent assurer les services essentiels à la frontière et dans les centres de Postes Canada qui traitent le courrier d’outre-frontière, le président du SDI, Mark Weber, n’a pas caché que « ça pourrait vouloir dire des ralentissements à la frontière, des ralentissements pour les colis et courriers de Postes Canada. En somme, toute activité qui n’affecte pas directement la sécurité des Canadiens n’est pas essentielle », a-t-il précisé.

De plus, ils n’écartent pas la possibilité de faire des grèves du zèle, notamment de ne pas percevoir les droits et taxes sur les biens entrants.

 

La grève pourrait être évitée

Les syndiqués sont sans contrat de travail depuis trois ans et les négociations ont été rompues en décembre dernier. En mai, l’employeur s’est adressé à la Commission de l’intérêt public comme il se doit dans une telle situation et le rapport de celle-ci est attendu incessamment.

Mark Weber a précisé que la grève pourrait être évitée si l’employeur revient à la table de négociation : « Nous appelons le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, le ministre de la Sécurité publique Bill Blair et le président de l’ASFC John Ossowsky de revenir à la table et de négocier un contrat équitable. »

Il espère que le rapport de la Commission, dont les recommandations sont non-contraignantes, pourra inciter le gouvernement fédéral à revoir sa position, et les syndiqués sont prêts à suspendre leur grève, mais pas si les discussions reprennent sur les mêmes bases : « C’est possible (de suspendre la grève), mais ça dépend de quelle sorte de négociation. (…) Il n’y a pas vraiment de justification de revenir à la table si les choses ne changent pas. »

 

Milieu de travail « toxique »

Les membres réclament un assainissement du climat de travail, que Mark Weber a décrit comme « un environnement de travail toxique qui a besoin d’être réformé ». « Ils (les syndiqués) travaillent sous la menace constante de mesures disciplinaires exagérées et d’abus d’autorité par les gestionnaires de l’ASFC, ce qui a un impact énorme sur la santé mentale et le bien-être de tous nos membres », a-t-il fait valoir.

« Nous avons proposé de nouvelles mesures de protection contre la discipline et le harcèlement excessifs et de nouvelles protections pour les lanceurs d’alerte. »

Ils demandent également une parité avec le personnel des forces de l’ordre à travers le pays.

Du même souffle, ils reprochent à l’employeur de réclamer des concessions importantes, notamment de ramener le délai de sept jours pour un rappel au travail à 48 heures et de tenter de rendre plus difficiles les absences du travail sans solde pour des raisons familiales.

 

Vive inquiétude

La nouvelle n’a pas été sans soulever une vive inquiétude chez Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ). Dans les heures suivant l’annonce syndicale, la présidente-directrice générale de MEQ, Véronique Proulx, publiait un communiqué exhortant les parties à retourner à la table de négociation.

Selon Mme Proulx, une grève provoquerait nécessairement un ralentissement du trafic commercial à la frontière : « Toute perturbation aurait ainsi des répercussions importantes sur la circulation des biens essentiels et notre reprise économique. Tant pour le secteur manufacturier que pour l’ensemble de notre économie, il est impératif d’éviter une grève à la frontière ».

Rappelant l’impact de la grève au Port de Montréal, Véronique Proulx estime qu’une grève à tous les points d’entrée de la frontière à l’issue d’une pandémie qui a déjà compliqué le transit « aurait des conséquences supplémentaires sur une chaîne d’approvisionnement manufacturière déjà fragile ».

En plus de permettre aux citoyens américains pleinement vaccinés de visiter le Canada à compter du 9 août, le gouvernement prévoit aussi d’ouvrir les frontières du pays aux visiteurs pleinement vaccinés des autres pays à partir du 7 septembre.

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