Duché de Bicolline: une cité médiévale millionnaire

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Octobre 2021

Duché de Bicolline: une cité médiévale millionnaire

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Édition du 13 Octobre 2021

Par Claudine Hébert

(Photo: courtoisie)

FOCUS RÉGIONAL: MAURICIE. Bien avant que la saga « Games of Thrones » ne devienne un succès planétaire au petit écran, le Duché de Bicolline prenait forme à Saint-Mathieu-du-Parc, dans le centre-est de la Mauricie.

Débuté en 1994, ce projet de « site d’immersion médiéval et fantastique » composé aujourd’hui de plus de 220 bâtiments sans eau ni électricité est devenu au fil des ans le rendez-vous de plus de 4000 mordus des jeux de rôles rappelant l’époque médiévale, le temps d’une bataille épique qui se déroule durant une semaine en août. 

« En 2019, la Grande Bataille de Bicolline a généré plus de 1,1 million de dollars (M$) en retombées économiques directes pour le site et les environs », souligne la firme Hugo A. Leclerc Marketing, qui a réalisé une étude d’impact économique pour le Duché. Ce qui fait de ce rassemblement annuel « le sixième festival le plus payant de la région », foi de Tourisme Mauricie et de son directeur général, Stéphane Boileau.

 

Un « trip » d’amis qui a pris de l’ampleur

Comment expliquer la présence de ce domaine consacré au jeu de rôle médiéval fantastique — le plus vaste du genre en Amérique du Nord — en territoire mauricien ? « Au départ, mon intention n’était même pas d’en faire un gagne-pain. Je voulais juste me faire plaisir », avoue son fondateur, Olivier Renard.

Arrivé au Québec au début des années 1990, à l’âge de 21 ans, ce Belge d’origine, grand amateur de jeux de rôles, a décidé de recréer une bataille médiévale avec quelques amis sur un terrain emprunté à un propriétaire du coin. « Nous étions 300 lors du premier rendez-vous, en 1996. On s’est dit : “Pourquoi ne pas recommencer l’année suivante ?” » C’est ainsi que le Duché de Bicolline est devenu un organisme sans but lucratif (OSBL). 

En 2002, le site avait besoin d’un lieu d’hébergement ; l’OSBL a donc changé de vocation. « Nous sommes devenus une coopérative afin d’effectuer un emprunt de 500 000 $ servant à aménager une auberge quatre saisons de six chambres avec un dortoir de 20 lits », explique Olivier Renard. Avant la pandémie, le Duché employait une quinzaine de personnes pour veiller à l’accueil, à la gestion, à l’entretien et à la scénarisation des jeux de rôles. En mode réembauche, l’équipe se limite ces jours-ci à un noyau de cinq personnes.

Au cours des années, l’entreprise a acheté les terrains voisins afin de pouvoir prendre de l’expansion. Bicolline, qui génère plus de 1,4 M$ de revenus annuels, occupe aujourd’hui plus de 100 hectares où la vie moderne fait place à un univers parallèle figé à l’ère féodale. 

 

Boom immobilier… médiéval

Il faut savoir que les participants à l’épique bataille annuelle ont rapidement été invités à bâtir leur propre chaumière sur le site, à l’aide de résidus de bois de sciage de vieilles planches. « Au cours des six dernières années, le site a même connu un boom sans précédent avec plus d’une centaine de nouvelles constructions », note son fondateur. Selon les « quartiers », on retrouve des habitations dont l’architecture évoque le Moyen-Âge, mais également l’époque de la Nouvelle-France, un secteur elfique ainsi que des structures sorties directement de l’imaginaire de leurs occupants. D’où, précise Olivier Renard, la présence du mot « fantastique » dans la description du domaine, qui doit accueillir sa 25e grande bataille en août 2022, après deux ans de report.

Depuis 2014, toute nouvelle construction est assujettie à un acte légal notarié sous forme de cession en emphytéose de 49 ans. L’organisation exige également que les travaux soient exécutés par un entrepreneur général ayant sa licence de la Régie du bâtiment du Québec. Cette nouveauté a fait grimper les coûts de construction, qui oscillent aujourd’hui entre 35 000 $ et 100 000 $, mentionne le gestionnaire. 

Ce règlement a fait quadrupler la valeur foncière du Duché de Bicolline depuis 15 ans, observe Sylvie Desaulniers, commis à la taxation de Saint-Mathieu-du-Parc. Le site, poursuit-elle, représente désormais plus de 3 M$ en valeur foncière, soit près de 1 % du rôle d’évaluation de la municipalité. 

 

Une destination de villégiature familiale

En plus d’accueillir leurs propriétaires lors de la Grande Bataille, les chalets du Duché de Bicolline sont accessibles durant près d’une soixantaine de journées par an, suivant le calendrier d’activités du site. Ce qui permet à des centaines de participants propriétaires de fréquenter le village médiéval à diverses occasions. Même en plein mois de janvier.

À la dernière Grande Bataille, en 2019, près du quart des 4100 participants provenaient de l’extérieur du Québec, notamment des autres provinces, des États-Unis, de la Belgique et même de l’Australie, signale Olivier Renard. 

Certes, admet-il, ce record de participation demeure loin de ceux d’autres activités immersives organisées ailleurs dans le monde. Le Duché de Bicolline dispose toutefois d’un avantage non négligeable. La moyenne d’âge des participants se situe entre 35 et 40 ans. « Notre site accueille désormais trois générations. D’ailleurs, en 2019, plus de 15 % des participants, soit 725 personnes, étaient âgés de 15 ans et moins, fait remarquer son fondateur. Un facteur familial qui contribue à la pérennité de l’événement. » Et du site qui l’accueille.

 

Bien avant que la saga « Games of Thrones » ne devienne un succès planétaire au petit écran, le Duché de Bicolline prenait forme à Saint-Mathieu-du-Parc, dans le centre-est de la Mauricie.
Débuté en 1994, ce projet de « site d’immersion médiéval et fantastique » composé aujourd’hui de plus de 220 bâtiments sans eau ni électricité est devenu au fil des ans le rendez-vous de plus de 4000 mordus des jeux de rôles rappelant l’époque médiévale, le temps d’une bataille épique qui se déroule durant une semaine en août. 
« En 2019, la Grande Bataille de Bicolline a généré plus de 1,1 million de dollars (M$) en retombées économiques directes pour le site et les environs », souligne la firme Hugo A. Leclerc Marketing, qui a réalisé une étude d’impact économique pour le Duché. Ce qui fait de ce rassemblement annuel « le sixième festival le plus payant de la région », foi de Tourisme Mauricie et de son directeur général, Stéphane Boileau.
Un « trip » d’amis qui a pris de l’ampleur
Comment expliquer la présence de ce domaine consacré au jeu de rôle médiéval fantastique — le plus vaste du genre en Amérique du Nord — en territoire mauricien ? « Au départ, mon intention n’était même pas d’en faire un gagne-pain. Je voulais juste me faire plaisir », avoue son fondateur, Olivier Renard.
Arrivé au Québec au début des années 1990, à l’âge de 21 ans, ce Belge d’origine, grand amateur de jeux de rôles, a décidé de recréer une bataille médiévale avec quelques amis sur un terrain emprunté à un propriétaire du coin. « Nous étions 300 lors du premier rendez-vous, en 1996. On s’est dit : “Pourquoi ne pas recommencer l’année suivante ?” » C’est ainsi que le Duché de Bicolline est devenu un organisme sans but lucratif (OSBL). 
En 2002, le site avait besoin d’un lieu d’hébergement ; l’OSBL a donc changé de vocation. « Nous sommes devenus une coopérative afin d’effectuer un emprunt de 500 000 $ servant à aménager une auberge quatre saisons de six chambres avec un dortoir de 20 lits », explique Olivier Renard. Avant la pandémie, le Duché employait une quinzaine de personnes pour veiller à l’accueil, à la gestion, à l’entretien et à la scénarisation des jeux de rôles. En mode réembauche, l’équipe se limite ces jours-ci à un noyau de cinq personnes.
Au cours des années, l’entreprise a acheté les terrains voisins afin de pouvoir prendre de l’expansion. Bicolline, qui génère plus de 1,4 M$ de revenus annuels, occupe aujourd’hui plus de 100 hectares où la vie moderne fait place à un univers parallèle figé à l’ère féodale. 
Boom immobilier… médiéval
Il faut savoir que les participants à l’épique bataille annuelle ont rapidement été invités à bâtir leur propre chaumière sur le site, à l’aide de résidus de bois de sciage de vieilles planches. « Au cours des six dernières années, le site a même connu un boom sans précédent avec plus d’une centaine de nouvelles constructions », note son fondateur. Selon les « quartiers », on retrouve des habitations dont l’architecture évoque le Moyen-Âge, mais également l’époque de la Nouvelle-France, un secteur elfique ainsi que des structures sorties directement de l’imaginaire de leurs occupants. D’où, précise Olivier Renard, la présence du mot « fantastique » dans la description du domaine, qui doit accueillir sa 25e grande bataille en août 2022, après deux ans de report.
Depuis 2014, toute nouvelle construction est assujettie à un acte légal notarié sous forme de cession en emphytéose de 49 ans. L’organisation exige également que les travaux soient exécutés par un entrepreneur général ayant sa licence de la Régie du bâtiment du Québec. Cette nouveauté a fait grimper les coûts de construction, qui oscillent aujourd’hui entre 35 000 $ et 100 000 $, mentionne le gestionnaire. 
Ce règlement a fait quadrupler la valeur foncière du Duché de Bicolline depuis 15 ans, observe Sylvie Desaulniers, commis à la taxation de Saint-Mathieu-du-Parc. Le site, poursuit-elle, représente désormais plus de 3 M$ en valeur foncière, soit près de 1 % du rôle d’évaluation de la municipalité. 
Une destination de villégiature familiale
En plus d’accueillir leurs propriétaires lors de la Grande Bataille, les chalets du Duché de Bicolline sont accessibles durant près d’une soixantaine de journées par an, suivant le calendrier d’activités du site. Ce qui permet à des centaines de participants propriétaires de fréquenter le village médiéval à diverses occasions. Même en plein mois de janvier.
À la dernière Grande Bataille, en 2019, près du quart des 4100 participants provenaient de l’extérieur du Québec, notamment des autres provinces, des États-Unis, de la Belgique et même de l’Australie, signale Olivier Renard. 
Certes, admet-il, ce record de participation demeure loin de ceux d’autres activités immersives organisées ailleurs dans le monde. Le Duché de Bicolline dispose toutefois d’un avantage non négligeable. La moyenne d’âge des participants se situe entre 35 et 40 ans. « Notre site accueille désormais trois générations. D’ailleurs, en 2019, plus de 15 % des participants, soit 725 personnes, étaient âgés de 15 ans et moins, fait remarquer son fondateur. Un facteur familial qui contribue à la pérennité de l’événement. » Et du site qui l’accueille.

 

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