Laval: une pépinière d'entreprises en sciences de la vie

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Octobre 2018

Laval: une pépinière d'entreprises en sciences de la vie

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Octobre 2018

Par Pierre Théroux

La Cité de la ­Biotech loge le Centre québécois d’innovation en biotechnologie, un incubateur qui a donné naissance à une trentaine d’entreprises depuis sa création, en 1996.

Tout a commencé avec Armand Frappier, le père de la recherche scientifique en biotechnologie au Québec et du vaccin contre la tuberculose, qui décidait en 1961 de s'installer à Laval. Il déménage alors, sur un vaste terrain agricole en bordure de l'autoroute 15 nouvellement construite, les quartiers généraux de l'Institut de microbiologie et d'hygiène de l'Université de Montréal, devenu l'INRS-Institut Armand-Frappier.


«Le docteur Frappier avait besoin de grandes terres pour y installer une grange et des animaux et mener ses travaux de recherche sur les vaccins», explique Jean-Marc Juteau, codirecteur du Centre québécois d'innovation en biotechnologie (CQIB) et commissaire à la Cité de la Biotech de Laval.


Le chercheur devait ainsi jeter les bases de cette Cité de la Biotech qui regroupe aujourd'hui une centaine d'entreprises et d'organisations de recherche qui emploient plus de 5 000 personnes. Elle loge par ailleurs le CQIB, un incubateur qui a donné naissance à une trentaine d'entreprises en sciences de la vie depuis sa création en 1996, comme Bio-K Plus, l'une des premières diplômées et toujours implantée dans la Cité de la Biotech, qui a fait sa marque dans la fabrication de produits probiotiques qui se vendent au Canada et aux États-Unis.


La Cité de la Biotech


«C'est un site unique totalement intégré. On y trouve autant de grandes entreprises pharmaceutiques que des start-up en biotech, mais aussi des entreprises de recherche contractuelle et un incubateur pour assurer la relève. Tout cet écosystème gravite autour d'un important institut de recherche spécialisé en sciences de la vie», fait valoir M. Juteau.


La Cité de la Biotech a vu naître l'un des fleurons de l'industrie pharmaceutique québécoise, BioChem Pharma, cofondé en 1986 par Francesco Bellini, qui avait auparavant mis sur pied la division de biochimie de l'Institut Armand-Frappier. L'entreprise, connue mondialement pour la découverte et la commercialisation du médicament 3TC, qui traite l'infection au VIH et le sida, a été vendue pour près de six milliards de dollars à la multinationale britannique Shire, en 2001.


Or, l'ombre de M. Bellini plane toujours sur la Cité de la Biotech, qui abrite aujourd'hui Bellus Santé, une entreprise qu'il a dirigée avant de passer le flambeau à son fils Roberto, mais dont il assure la présidence du conseil d'administration. Il est aussi PDG et président du conseil d'administration de Klox Technologies, une jeune entreprise qui développe des technologies pour le traitement des affections et des maladies particulières de la peau ou des tissus mous également implantée dans la Cité de la Biotech.


Au fil des ans, de grandes sociétés pharmaceutiques étrangères comme l'allemande Boehringer Ingelheim et la britannique GSK y ont établi des activités de recherche et de développement, tandis que la firme suisse Roche y a implanté sa division diagnostics.


La Cité de la Biotech accueille aussi le siège social du géant pharmaceutique français Sanofi, de même que le centre de développement clinique du groupe français Servier.


Préparer la relève


La crise qui a frappé l'industrie des pharmas au début des années 2010 et qui a entraîné la fermeture des centres de recherche de grandes sociétés à Laval et dans la grande région de Montréal, n'a pas trop fait mal à la Cité de la Biotech, assure M. Juteau. «Des chercheurs de GSK et de Boehringer Ingelheim en ont profité pour lancer des entreprises qui emploient plus d'une centaine d'employés», explique-t-il.


Néomed-Labs, Biodextris et PAIRimmune sont autant d'entreprises lancées ces trois dernières années par des anciens employés de GSK. Ces trois organismes de recherche contractuelle (CRO) occupent le centre de recherche laissé vacant par GSK et transformé en centre multilocataires. Or, «ce type d'entreprises est en croissance alors que les grandes sociétés pharmaceutiques confient désormais des activités de recherche à des CRO», dit M. Juteau.


Le CQIB s'assure aussi de préparer la relève. D'anciens chercheurs de Boehringer Ingelheim s'y sont installés pour lancer les activités d'IniXium, un CRO spécialisé dans les domaines de la découverte du médicament et de la chimie des protéines.


Une dizaine d'autres jeunes pousses logent présentement dans cet incubateur, dont New World Labs, qui s'apprête toutefois à quitter pour s'implanter dans un autre bâtiment de la Cité de la Biotech. La jeune biotech et sa société affiliée, Fortuna Fix, font de la recherche et développement en médecine régénérative en utilisant des cellules souches et viennent de recevoir un financement de 25 M$ US provenant notamment du géant américain Amgen Ventures.


Le CQIB offre aussi ses nombreux laboratoires et services «à des entreprises étrangères qui veulent venir faire des tests et percer le marché nord-américain», indique M. Juteau, comme en témoigne la présence de la société sud-coréenne ATGen.


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