Devolutions, une PME technologique qui prospère hors des grands centres

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Juin 2018

Devolutions, une PME technologique qui prospère hors des grands centres

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Juin 2018

Par René Vézina

David ­Hervieux, 39 ans, PDG de ­Devolutions

FOCUS LANAUDIÈRE | Le ­Québec fait face à une pénurie de travailleurs, particulièrement de travailleurs spécialisés. C’est le cas dans le milieu des technologies de l’information et des communications (TIC). L’industrie est en plein essor, les percées se multiplient à l’international, ce qui a notamment comme conséquence d’attirer l’attention des géants du secteur qui ont maintenant le ­Québec dans leur mire. Or, les ­Google, ­Facebook, ­Microsoft et autres qui viennent s’implanter ici offrent une notoriété et des conditions de travail que les ­PME ne sont pas en mesure d’égaler, malgré tous leurs mérites. Ce qui complique encore davantage la recherche de talents nécessaires à leur développement.

David ­Hervieux, 39 ans, pense avoir trouvé une formule qui aide à contrer ce problème. L’entreprise qu’il préside, ­Devolutions, est installée en région. En fait, pas très loin de ­Montréal, à ­Lavaltrie, dans la partie sud de ­Lanaudière, mais juste assez pour échapper à l’orbite de la grande ville. Et c’est à ses yeux une des raisons du succès de son entreprise.

Devolutions se présente comme un gestionnaire de mots de passe pour les entreprises à différents échelons de leur organisation, tant pour les ordinateurs que les routeurs. « ­Notre système reconnaît les usagers qui ont accès à leurs fonctions sans problème, même s’ils n’ont parfois jamais vu le mot de passe en question », ­dit-il.

Et l’offre est populaire. Gérer les mots de passe est un ­casse-tête avec les protocoles de sécurité qui sont toujours plus exigeants. Les systèmes de ­Devolutions sont à l’œuvre dans 140 pays : 30 % du chiffre d’affaires vient des ­États-Unis, près de 20 %, de l’Allemagne. La croissance est au ­rendez-vous, assez pour que M. Hervieux ait été élu par ses pairs, en 2016, comme ­PDG de l’année de l’Association québécoise des technologies.

Pourquoi ­Lavaltrie ? « ­Au début, c’était par égoïsme ! », ­raconte-t-il. Consultant en informatique, justement résident de ­Lavaltrie, il n’en pouvait plus de se déplacer vers ­Montréal. La naissance de son entreprise, fondée en 2004, lui a permis de raffiner son offre et de se lancer sur le circuit commercial avec la première version de son produit vers 2010. C’est alors qu’il s’est mis à recruter toujours plus de monde.

Devolutions embauche aujourd’hui 90 personnes. « ­Les emplois industriels ne sont pas nombreux chez nous. La compétition pour retenir le personnel est beaucoup moins intense qu’à ­Montréal. Le ­Cégep régional de ­Lanaudière à ­Joliette, comme l’UQTR, forme des gens compétents. Le coût de la vie est moins élevé. » ­Voilà autant d’arguments qu’il avance pour expliquer le très fort taux de rétention de son monde.

Il faut ajouter qu’il en prend soin. Tous les mois, il verse dans une caisse 100 $ par employé pour des activités qui contribuent à leur mobilisation. Ses gens proposent et la direction fait les choix. De petits déjeuners thématiques à une table de ­baby-foot, en passant par des ­T-shirts aux couleurs de ­Devolutions, l’argent est bien investi et rapidement dépensé. Sans compter, aux frais de l’entreprise, des sorties annuelles, à une cabane à sucre où les familles sont invitées, ou à une projection privée pour le personnel à un cinéma de ­Joliette pour chaque – chaque ! – épisode de la saga ­Star ­Wars.

Ajoutez un terrain de volleyball extérieur, le « campus ­Devolutions » avec deux maisons pour accueillir les stagiaires ou les employés de passage, la prise en charge des droits de mutation (alias taxe de ­Bienvenue) pour les employés qui décident de s’installer à ­Lavaltrie… ­ceux-ci ont toutes les chances de se sentir bien dans leur milieu de travail !

« ­Toutes les entreprises en technologie cherchent du personnel spécialisé, souvent à grands frais, dit M. Hervieux. Un chasseur de têtes va facilement demander 15 000 dollars pour dénicher une seule personne. Chez nous, il arrive souvent que les gens soumettent ­eux-mêmes leur candidature. »


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