Lanaudière est en train de se forger une véritable marque de commerce

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Juin 2018

Lanaudière est en train de se forger une véritable marque de commerce

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Édition du 02 Juin 2018

Par René Vézina

Durant les dernières décennies dans Lanaudière, l’industrie forestière était reine, tout comme le secteur du plein air. [Photo : © Tourisme Lanaudière, Jimmy Vigneux]

Une économie en expansion. Un marché de l'emploi en progression. Des investissements en hausse. Des perspectives « somme toute positives ». Décidément, s'il faut en croire la plus récente édition des Études régionales du Mouvement Desjardins sur Lanaudière, la région a de quoi envisager son avenir avec confiance. C'est là un rétablissement remarquable qui fait suite à des décennies moins souriantes.

Lanaudière a toujours été en retrait des projecteurs, comparativement à sa région voisine immédiate des Laurentides, juste à l'ouest. Tout comme elle, il lui faut cependant composer avec des disparités intrarégionales importantes.

La partie sud, qui comprend des villes comme Terrebonne, Mascouche ou Repentigny, est naturellement associée à Montréal, dont elles constituent des banlieues en nette augmentation démographique.

Un peu plus au nord, c'est Joliette qui s'impose comme pôle régional, avec ses institutions, ses industries et ses commerces, à côté d'autres villes dignes de mention comme Rawdon, qui s'ouvre déjà sur l'immense MRC de la Matawinie, laquelle couvre plus de 80 % du territoire de Lanaudière.

À l'époque, l'industrie forestière y était reine, tout comme le secteur du plein air, dominé par la chasse et la pêche. Le déclin de la forêt, accéléré par les différents contentieux sur le bois d'oeuvre, a fait mal.

D'autres piliers industriels ont toutefois aussi vécu des heures difficiles. Le coup le plus dur a été ressenti en 2010, à L'Assomption, quand la multinationale Electrolux a décidé de transférer sa production d'électroménagers à Memphis, au Tennessee. La fermeture définitive de l'usine est survenue en 2014, laissant plus de 1 300 travailleurs sur le carreau.

On s'était interrogé plus tôt sur le sort d'un autre grand complexe industriel, celui de Firestone (devenu Bridgestone), à Joliette. Des relations de travail tendues et le vieillissement des installations mettaient son avenir en péril. Dans ce cas-ci, l'histoire finit beaucoup mieux. Au pied du mur, syndicats et patronat ont trouvé un terrain d'entente, depuis présenté comme un modèle du genre au Québec. À tel point qu'en 2016, Bridgestone annonçait un investissement de 312 millions de dollars pour moderniser son usine de fabrication de pneus qui sécurise ses 1 300 emplois bien payés. Tout Joliette a poussé un grand soupir de soulagement.

En mode expansion

D'autres grandes entreprises marquent le paysage économique de la ville et de ses environs. Basé à Saint-Thomas, le fournisseur de produits pétroliers Harnois est en mode expansion. À Joliette, le transporteur DFS exploite une des plus importantes flottes de camions et de semi-remorques de tout le nord-est de l'Amérique. Il y en a d'autres, qui font ces temps-ci de bonnes affaires, mais qui ont besoin de renfort. Comme d'un bout à l'autre du Québec, quand il est question de ressources humaines, on gratte les fonds de tiroirs dans Lanaudière.

« Chez nous, le principal défi concerne maintenant la main-d'oeuvre. Il nous manque du monde », confirme le maire de Joliette, Alain Beaudry. Il accueille favorablement la Stratégie nationale sur la main-d'oeuvre qu'a dévoilée le gouvernement du Québec le 22 mai, qui veut entre autres reconnaître les secteurs porteurs pour les jeunes. Il compte aussi sur le réseau d'institutions de formation professionnelle déjà actives dans son milieu. « Et en plus, nous offrons à 45 minutes de Montréal une belle qualité de vie, dit-il, avec un dynamisme autant culturel que sportif. »

Encore faut-il compter sur l'émergence de nouvelles entreprises qui prennent le relais. Il en pousse dans Lanaudière hors des circuits traditionnels. Par exemple, un Technocentre vient de démarrer à Lavaltrie (qui accueille déjà l'entreprise Devolutions). À Mascouche, on prépare déjà la mise en place d'un nouveau parc industriel, baptisé CentrOparc. Le géant français Ubisoft vient de s'associer à Triotech, de Joliette, pour mettre au point une expérience de réalité virtuelle dérivée de ses jeux vidéo les plus populaires, comme Assassin's Creed. Comme concepteur et fabricant de simulateurs de mouvement, Triotech est justement un cas type du renouveau industriel de Lanaudière, au-delà de ses filières traditionnelles.

Pas mal, pour une région qui a longtemps cherché à se donner une image distinctive. Cette conjonction nature-urbanité, avec une économie robuste en prime, lui donne plus de chances d'y parvenir.

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