«Tant que j'ai des projets, pas question d'arrêter»

Publié le 01/03/2018 à 14:10

«Tant que j'ai des projets, pas question d'arrêter»

Publié le 01/03/2018 à 14:10

Par Pierre Théroux

FOCUS MONTÉRÉGIE - À l’âge où la plupart des gens prennent leur retraite, Renaud Lapierre se lançait plutôt dans une nouvelle aventure entrepreneuriale.


«Tant que j’ai des projets, pas question d’arrêter. D’autant que je travaille avec des jeunes très brillants et allumés», dit l’homme d’affaires de 69 ans en parlant des deux autres membres de la direction de Viridis Environnement, dont il est président depuis 2011. 


Fondée en 2009, la PME de Beloeil est devenue la plus importante entreprise québécoise spécialisée dans le recyclage des matières résiduelles fertilisantes (MRF). Depuis sa création, Viridis a recyclé près de 2 millions de tonnes de matières organiques au profit de quelque 500 producteurs agricoles québécois de grandes cultures qui sont les principaux utilisateurs de ces MRF. Elle s’alimente principalement auprès des villes, des usines de pâtes et papiers ou encore des entreprises agroalimentaires et minières.


En novembre dernier, la jeune entreprise accueillait dans son actionnariat 16 coopératives du réseau La Coop. Cette entente lui permettra de revaloriser la moitié (500 000 tonnes) des matières organiques utilisées dans les champs agricoles du Québec. « C’est très avantageux pour nous et pour les producteurs agricoles qui profitent maintenant d’un fertilisant de qualité à moindre coût », commente Renaud Lapierre.


Un nouveau marché


Viridis, dont l’effectif de 35 employés est constitué notamment d’agronomes, d’ingénieurs, de biologistes et de techniciens agricoles, mise aussi sur une nouvelle technologie pour assurer sa croissance. Développé en collaboration avec l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), le procédé industriel SHOC (Système d’hygiénisation par oxygénation contrôlée) est un système de compostage et de bioséchage qui permet de traiter et d’isoler la fraction organique du sac à ordures.


En clair, « ça permet de traiter et recycler les matières organiques provenant de la collecte des ordures ménagères en évitant les bacs bruns et, donc, la troisième voie de collecte. Pour les villes, c’est nettement plus avantageux et moins coûteux », précise Renaud Lapierre. Pour Viridis, qui est en pourparlers avec plusieurs villes et MRC dont Les Escoumins sur la Côte-Nord, c’est aussi une occasion de diversifier ses activités en perçant le marché des matières résiduelles résidentielles.


Une énième entreprise


Renaud Lapierre a commencé sa vie d’entrepreneur à l’Université de Sherbrooke. Pendant ses études en droit, après l’obtention d’un diplôme en génie civil, il est appelé à diriger Services alimentaires et de distribution automatique (SADA), Cette compagnie, gérée par l’Association générale des étudiants de l’Université de Sherbrooke, exploitait la cafétéria et les casses-croûtes. « J’ai appris sur le tas », souligne-t-il.


Il assumera ensuite la direction de l’entreprise Lionel qui fabrique des tentes roulottes. « C’est le vérificateur financier indépendant de la SADA, et de Lionel, qui m’a approché pour redresser la situation », dit M. Lapierre qui avait trois usines à gérer, dans trois villes de l’Estrie.


En 1976, à l’élection du gouvernement Lévesque, il joint le secteur public québécois où il a été sous-ministre adjoint au ministère de l’Énergie et des Ressources. Il a notamment contribué à l’élaboration et la mise en oeuvre de la première politique énergétique du Québec.


« On a entre autres imposé un moratoire sur le développement du nucléaire au Québec et favorisé le développement du gaz naturel », souligne-t-il. Puis, à titre de secrétaire général associé au Conseil exécutif, il sera appelé à développer une politique d’emploi pour les jeunes. À cette époque, la récession de 1981-1982 a fait grimper le taux de chômage chez les jeunes à plus de 19 %.


Il revient ensuite dans le milieu des affaires à titre de co-fondateur de Biron, Lapierre & associés, un cabinet spécialisé en transaction d’entreprises où il a oeuvré de 1987 à 1998. Son implication dans la vente d’un entrepôt frigorifique à l’entreprise de services réfrigérés Congébec l’amènera à en devenir actionnaire et directeur général. En cinq ans, les revenus de l’entreprise grimperont de quelque 3 millions de dollars à plus de 20 M$.


Renaud Lapierre s’associe ensuite à Pelliko, une entreprise de Neuville qui a développé un équipement innovant d’emballage pour les scieries. « On a vendu l’entreprise tout juste avant la crise économique de 2008 », souligne Renaud Lapierre, sourire en coin.


Un ami l’approche ensuite pour gérer Services environnementaux Richelieu (SER), une société créée en 2008 par un groupe d’entreprises dans les domaines de l’agriculture et du transport. En 2012, BFI Canada fait l’acquisition de ce centre de tri et de transferts de matières résiduelles. Mais, une division de SER ne fera pas partie de la transaction. Cette entité deviendra Viridis.


 


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