Magog, cheffe de file des élastomères

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Janvier 2020

Magog, cheffe de file des élastomères

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Édition du 22 Janvier 2020

Par Pierre Théroux
pneu

Les élastomères sont présents dans de nombreuses applications de la vie quotidienne, mais particulièrement dans la fabrication de pneus, de courroies et de différents produits d'étanchéité pour l'industrie automobile et autres véhicules. (Photo: Goh Rhy Yan pour Unsplash)

FOCUS RÉGIONAL ESTRIE. L'Estrie accueillera le premier centre de recherche spécialisé en élastomères du Canada. L'Institut de recherche des caoutchoucs et élastomères du Québec (IRCEQ) s'implantera dès ce printemps à Magog, au coeur d'une région qui regroupe plusieurs entreprises qui se spécialisent dans ce secteur d'activité.

«C'est un besoin criant pour l'industrie. Les entreprises pourront compter sur le soutien du centre pour accentuer leurs activités de recherche et développement et pour développer des technologies permettant notamment d'ajouter de la valeur à leurs produits», se réjouit Paul Arbour, directeur général de la Vallée des élastomères, le regroupement qui pilote ce dossier depuis plusieurs années.

Les élastomères sont des polymères qui possèdent des propriétés élastiques, dont fait partie le caoutchouc et une gamme de plastique qu'on nomme TPE («thermoplastique élastomère»). Ils sont présents dans de nombreuses applications de la vie quotidienne, mais particulièrement dans la fabrication de pneus, de courroies et de différents produits d'étanchéité pour l'industrie automobile et autres véhicules. Ils sont aussi utilisés dans l'industrie de l'aéronautique, des mines et des équipements médicaux.

30% des ventes canadiennes

Les ventes d'élastomères réalisées par les entreprises québécoises représentent plus de 30 % des ventes canadiennes, qui totalisent 5,7 milliards de dollars. Plus de la moitié des quelque 90 entreprises québécoises du secteur sont installées en Estrie, qui est ainsi devenue un créneau d'excellence dans ce domaine. Ce pôle est piloté par la Vallée des élastomères, qui regroupe une quarantaine d'entreprises.

On y trouve notamment Waterville TG, une filiale du géant japonais Toyoda Gosei qui fabrique des systèmes d'étanchéité pour l'industrie automobile, et le fabricant de revêtements de sol et de produits de caoutchouc spécialisés American Biltrite. Camso, une autre entreprise présente dans la Vallée, se spécialise dans la conception, la fabrication et la distribution de pneus hors route, de roues, de chenilles en caoutchouc et de systèmes de trains roulants destinés aux industries de la manutention, de la construction, de l'agriculture et des produits récréatifs.

Toutefois, l'industrie des élastomères fait face à un défi de taille : au Canada, seulement le tiers des entreprises du secteur ont des employés qui se consacrent à la R-D, selon une étude de faisabilité réalisée en 2015 par la firme Deloitte pour le compte de la Vallée des élastomères. Celle-ci montrait du même coup le besoin de mettre sur pied un centre de recherche tel que l'IRCEQ, ainsi que la viabilité d'un tel projet.

«La plupart des entreprises ayant un département en R-D ne disposent pas de tous les équipements requis», fait valoir M. Arbour. Jusqu'à l'ouverture prochaine de l'Institut, le seul centre spécialisé d'envergure en Amérique du Nord se situe à Akron, dans l'État américain de l'Ohio. «Nos entreprises sont à la merci d'un laboratoire américain dont l'accès peut être long et difficile», souligne-t-il.

Benoit Tétreault, président de Waterville TG, se réjouit de la création l'IRCEQ. «Nous faisons nos propres travaux de R-D pour de nouveaux procédés ou produits, mais ces essais doivent être le plus rentable possible et donc avoir un haut taux de succès. Avec un tel centre, on pourra mettre de l'avant certains projets de R-D qu'on juge trop risqués à entreprendre», précise-t-il.

Ce nouveau centre aura aussi l'avantage de mener des recherches qui seront bénéfiques pour l'ensemble de l'industrie, estime M. Tétreault. «Les entreprises du secteur ont des besoins communs, comme la caractérisation des matériaux, sur lesquels nous pourrons travailler ensemble.»

Vers un nouveau Centre collégial de transfert de technologie 

L'IRCEQ sera doté d'équipements de caractérisation spécialisés pour des tests habituellement impartis à des laboratoires aux États-Unis, explique M. Arbour. Les entreprises pourront entre autres y tester en temps réel des technologies de diagnostic, qui permettent d'observer le comportement des matériaux en cours de fabrication ou d'évaluer la qualité des produits obtenus.

Le développement de formules de fabrication de produits sera aussi au menu des activités du nouvel établissement de recherche. Le développement de nouvelles technologies écoresponsables, afin de réduire l'empreinte environnementale de cette l'industrie, constituera un autre axe de recherche d'importance.

La mise sur pied de l'IRCEQ nécessitera des investissements variant entre 2 et 2,5 millions de dollars, indique M. Arbour. «Des entreprises ont fait part de leur intention de soutenir financièrement la création du centre de recherche», précise-t-il.

L'Institut sera initialement implanté dans le Centre intégré de formation industrielle, une école qui a vu le jour à Magog il y a une douzaine d'années afin de former de la main-d'oeuvre spécialisée pour répondre aux besoins des industries du plastique, du caoutchouc et des matériaux composites. Des démarches ont cependant été entreprises pour que l'IRCEQ devienne un Centre collégial de transfert de technologie (CCTT) affilié au Cégep de Sherbrooke.

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