Percer le marché du kombucha à partir de Val-d'Or

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Mai 2021

Percer le marché du kombucha à partir de Val-d'Or

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Mai 2021

Par Émélie Rivard-Boudreau

Autour de 75 % de la production d’Ékorce est vendue hors de l’Abitibi-Témiscamingue. Avant la pandémie, le thé fermenté se retrouvait sur les tablettes ou au menu de près de 250 points de vente. (Photo: courtoisie)

FOCUS RÉGIONAL: ABITIBI-TÉMISCAMINGUE. Après avoir étudié en médecine nucléaire, fait sa marque en graphisme et travaillé dans une mine, un entrepreneur de Val-d’Or brasse du kombucha dans une petite usine bien cachée de sa ville. Malgré son éloignement des grands centres et les défis que comporte la production d’une boisson « vivante », Ékorce Kombucha est aujourd’hui vendu partout au Québec et vient de percer en Ontario. 

Dans sa petite usine de 650 pieds carrés qui hume le thé, Yan Lapointe se remémore comment, il y a quatre ans, il s’est associé à la microbrasserie locale Le Prospecteur et à Pierre-Olivier Lamontagne, un producteur artisanal de kombucha depuis une décennie. « On avait un gars qui connaissait des recettes, du monde qui avait de l’expertise dans la gestion d’une usine, et moi, qui avais du temps et des connaissances en communication. Ç’a été pas mal le « mix » parfait », raconte-t-il.

Le propriétaire et président du Prospecteur, Philippe Lord, y a aussi vu une occasion d’affaires. « On voulait offrir à nos clients une boisson sans alcool, sans gluten et faible en sucre. On s’est dit “Pourquoi ne pas la faire nous-même au lieu de l’acheter ailleurs ?” » se souvient-il.

Pendant deux ans, Ékorce s’est fait connaître grâce à ses produits vendus en cruchon de 750 ml et en fût. En 2019, son année record, la PME a produit 38 000 litres. « Il y a trois ans, on était peut-être cinq producteurs de kombucha au Québec. Maintenant, on doit être une quinzaine », estime Yan Lapointe. 

 

Les défis d’un produit « vivant »

Le thé fermenté valdorien a été l’un des premiers du Québec à être offert en canettes. « Ç’a été le bon choix. Ça nous permet d’entrer dans plein de commerces dans tout le Québec », affirme le copropriétaire et président d’Ékorce. La vente en canettes des six saveurs régulières — telles framboises et gingembre, bleuet et comptonie voyageuse ou fraises et basilic — a ouvert de nombreuses portes, mais a aussi entraîné des défis. Aux coûts plus élevés de production s’ajoute par exemple le réglage, complexe, de la sertisseuse pour la mise en canettes. 

(Photo: courtoisie)

Aussi, comme le kombucha est une boisson « vivante », résultant d’une fermentation, il réagit bien différemment selon le contenant choisi. Si bien que certaines des premières canettes ont littéralement explosé ! En plus d’une série d’ajustements — notamment dans les recettes —, un contrôle de qualité rigoureux est effectué, rassure Yan Lapointe. « Toutes les canettes sont maintenant testées à chaud, précise-t-il. Six semaines après la brasse, on les rouvre et on vérifie à nouveau s’il y a de la fermentation ou si le produit est stable. On s’assure que si tu l’oublies sur ta table, il n’explosera plus. »

 

Se relever de la pandémie

Autour de 75 % de la production d’Ékorce traverse la réserve faunique La Vérendrye pour être vendue hors de l’Abitibi-Témiscamingue. Avant la pandémie, le thé fermenté se retrouvait sur les tablettes ou au menu de près de 250 points de vente, principalement en fût pour des cafés, bars, microbrasseries et restaurants. Quant aux cruchons et aux canettes, ils sont surtout vendus dans les épiceries ou les dépanneurs spécialisés en bières de microbrasserie, qui étaient déjà dans les carnets d’adresses du Prospecteur. 

Au cours de la dernière année, avec la fermeture des bars et des restaurants, les ventes se sont littéralement écroulées. L’entreprise mise donc beaucoup sur la prochaine saison estivale. Philippe Lord y voit l’occasion de solliciter davantage le marché de l’alimentation naturelle, jusqu’ici peu exploité. Pour ce faire, Ékorce vient d’afficher ses produits sur PivoHub, une plateforme numérique québécoise qui facilite l’achat et la vente de boissons artisanales. « Il faut aller chercher d’autres clients qui n’achèteraient pas nécessairement de la bière », espère-t-il.

Parmi ses stratégies, l’entreprise souhaite aussi mettre en valeur le potentiel de ses produits, au-delà des propriétés santé qu’on lui accorde. Parfois au grand dam des puristes du kombucha, Ékorce mise notamment sur les amateurs de « mixologie » en proposant des recettes de cocktails sur ses canettes. La PME pense même développer un produit avec Alpha Tango, un nouveau producteur local de gin et de vodka. « On le vend comme un produit festif. Comme une boisson gazeuse, avec moins de sucre. On veut juste que le monde ait du fun à boire du kombucha », conclut Yan Lapointe.

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